27 - Ste-Colombe-la-Commanderie

Publié le par Stéphane GOUPIL

Population : Commune de 588 habitants située entre le Neubourg  et Emanville.

Généralités historiques

Ste-Colombe-la-Commanderie (anc. nom : Ste-Colombe-la-Campagne) est célèbre pour la commanderie qu’y fonda Richard d’Harcourt. La commanderie de Saint-Etienne de Renneville, sur la commune de Sainte-Colombe-la-Campagne, était de loin la plus ancienne et la plus importante de la région. En 1147, Richard d’Harcourt, membre d’une des grandes familles normandes, fit construire à Sainte-Colombe, au diocèse d’Evreux, une chapelle Saint-Etienne qu’il donna, avec le fief, aux chevaliers du Temple, sans compter de nombreux immeubles et le patronage de Saint-Pierre d’Epreville, près du Neubourg. Richard d’Harcourt ne se borna d’ailleurs pas à donner des terres, il revêtit lui-même l’habit du Temple. Il ne faut pas le confondre avec son neveu, nommé lui aussi Richard d’Harcourt, qui combattit en Terre Sainte et participa au siège de Saint-Jean-d’Acre. Son nom figure, comme témoin, sur des lettres patentes par lesquelles le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion confirme aux grands-maîtres du Temple toutes les aumônes, immunités, franchises et coutumes qui leur avaient été octroyés dans ses Etats. Quant au premier Richard d’Harcourt, il finit ses jours comme Templier et fut enseveli dans le chœur de la commanderie de Renneville.

Le gisant existe toujours. En 1200, un autre membre de la famille, Robert d’Harcourt, apporte « confirmation de la donation de Saint-Etienne de Reneville ». Par le même acte, il confirme les donations faites par ses prédécesseurs, ainsi que tous les biens que les chevaliers, vavasseurs et homme de fief avaient pu concéder aux chevaliers du Temple, et renonce en leur faveur à tous les droits de justice et de seigneurie qui lui avaient été réservés. De plus, il fait don aux Templiers de l’église de Tilleul-Lambert, avec ses revenus et deux acres de terre dépendant d’un fief nommé Hémard, dont ils avaient la jouissance depuis longtemps. C’est dire que cette commanderie était la plus riche et la plus puissante de Normandie, tant par l’étendue de ses domaines que par les revenus qu’elle pouvait en tirer. Et au XIIIe siècle, d’autres donations s’ajoutèrent à celles de la famille d’Harcourt. Nous savon s qu’en 1312, quand les biens du Temple furent attribués aux Hospitaliers, la commanderie de Renneville disposait d’une étendue de terres comprenant cent quatre-vingt-dix acres de labours « affermés vingt sols tournois l’acre », ce qui était assez considérable. Le commandeur avait la main sur la moyenne et basse justice, et des droits divers sur les paroisses avoisinantes.

 Le siège de la commanderie se composait d’une grande maison flanquée de deux tours, d’une belle chapelle dédiée à Saint Etienne, d’une basse-cour, avec logement pour le fermier, comprenant cour, jardin, bosquets, ainsi que dix-huit acres de terres entourées de haies vives et de fossés situés le long du chemin du Neubourg à Saint-Melin. Par la suite, le manoir fut reconstruit par le commandeur des Hospitaliers Philippe de Mailly, à la fin du XVe siècle. Epargné par la tourmente révolutionnaire, l’édifice fut inexplicablement démoli en 1847. Il n’en reste que des pierres éparses, et quelques fûts de colonnes cannelées. On cherche en vain l’emplacement de la chapelle, et si l’on sait que le sous-sol contient des caveaux et des souterrains, aucune fouille n’a encore été entreprise pour retrouver des vestiges de ce qui a été la plus riche et la plus ancienne des commanderies de la Haute-Normandie. Y aurait-il, ici aussi, une volonté délibérée de cacher quelque chose ? N’y a t-il pas sur cet emplacement quelque secret qui dort, obstinément gardé et enfoui ? N’est-il pas possible d’envisager que cette commanderie ait conservé tout ou partie de ce problématique « Trésor » déménagé hors du Temple de Paris ?

Dans cette commune existait un ancien et célèbre relais de diligences.

Architecture civile

Grange dîmière* aux armes de Philippe de Mailly. Four banal. Maison* 15e s.. Ancien et célèbre relais de diligence (poste)*. Ancien presbytère. Portail de ferme*.

Architecture sacrée

Eglise Sainte-Colombe 16e et 18e : confessionnal 18e s.. Calvaire.

Site(s)

If de l’ancien cimetière (SC).

Ressources et productions

Pâturage. Bovins.

Vie locale

Fête communale : 2ème dim. Juill. Antiquaire. Naturaliste.

Sources : www.quid.fr et livre  « origine des noms de villes et des villages de France » MH = monument historique ; IMH = inscrit au MH ; SC = site classé. *: notoire -  **: exceptionnel

 

Commenter cet article

goupil stephane 19/02/2006 10:40

La généalogie est aussi un bon moyen d'approfondir les connaissances concernant les lieux où ont vécu nos ancêtres. Cela permet d'abord de localiser des communes dont nous ignorions l'existence auparavant. Puis la curiosité aidant, cela nous pousse à aller plus loin dans nos recherches. En ce qui concerne Ste colombe la Commanderie, le but était de savoir pourquoi cette commune portait dans son nom le mot  "la Commanderie"... Voilà pour l'histoire de cette commune qui a eu un passé riche et pour laquelle il ne reste que peu de traces, mais la recherche sur notre généalogie familiale permet aussi de remettre en valeur l'histoire de ces communes petites ou grandes.

Daëna 17/02/2006 10:47

Je trouve cet article très interressant... quand on pense qu'il y a des endroits où presque plus rien de matériel ne subsiste, alors que dans le passé de grands évènements s'y sont produits !... C'est l'histoire !