NOTRE BUT

Passionné de génealogie et d'histoire, je souhaite partager mes recherches. Ce blog est le prolongement de l'arbre généalogique de la famille GOUPIL - PERIER avec comme de-cujus mes enfants :

http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil.

 

La pratique de la généalogie évolue : faire des arbres avec des noms et des dates reste assez limité ; en tant que généalogiste, je suis également curieux de notre histoire familiale. Pour donner une image, le corps humain est composé d'un squelette, mais aussi d'organes et de chair. En généalogie, c'est la même chose. Il est important de faire des recherches en vue de comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres : quel métier exerce-t'il, pourquoi untel a migré dans une autre région, etc. 

 

Ce blog a pour but de publier simplement des articles sur des thèmes de recherches (généalogie, histoire), partager des dossiers, de façon à les rendre consultables par des internautes (généalogistes, historiens, amateurs ou professionnels). Vous avez la possibilité de les commenter.

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"On peut reconnaître assez facilement l'histoire officielle d'un pays, la liste des rois, de ses ministres, de ses guerres, de ses traités, et cependant la véritable histoire n'est pas là, c'est dans les masses profondes des travailleurs de tout ordre que réside la vie réelle de la Nation" - Edouard Herriot (1er mai 1909).  

 

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- Généalogie de L'Europe - ATLAS DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - Sous la direction de Pierre Lamaison - conseiller historique Pierre Vidal-Naquet, Hachette Livre, 1994 :

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle.


 - Physiologos Le bestiaire des bestiaires, traduit du grec, éd. Jérôme Millon : voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-991736.html


Je vous conseille de lire le livre de Jean-Louis Brunaux : "Les gaulois" - collection "Guide Belles Lettres de Civilisations" publiés aux Editions Les Belles Lettres (2005)... suite - voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1275187.html

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Dans un article lu, l’historien des campagnes bourguignonnes, Pierre de Saint-Jacob, écrivait : « Il paraît bien que le siècle décisif dans la transformation des campagnes françaises au cours de l’Ancien Régime ait été celui qui couvre la période des troubles, de 1560-1660 soit de l’ouverture des guerres de religion à la fin de la Fronde. » Ce sont les étapes de la lente et progressive dégradation de la condition paysanne, du milieu du XVIe siècle à la fin du règne du Grand Roi. Comment est-on passé des joyeux paysans décrits par Noël du Fail dans ses Propos rustiques en 1547 ou par le sire de Gouberville dans son Journal au trop célèbres « animaux farouches » de la Bruyère, dont la triste misère est confirmée par tant de témoignages ? La réponse à cette question n’est pas simple. Et surtout elle n’est pas unique car les causes s’entremêlent et s’influencent réciproquement. Les caprices de la nature, les folies des hommes, l’état des techniques, le niveau de peuplement, les exigences de ce « monstre froid » qu’est l’Etat moderne, autant de facteurs parmi d’autres, et celui qui importe le plus : le poids des conformismes résignés. 

Vous pouvez consulter d'autres articles paru dans cette rubrique "la vie dans les campagnes" :
- Les communautés taisibles
- Le Mardi gras des souleurs
- Vies et survies en monde rural
- Modèle de délibération de la fabrique de Remilly sur Lozon (50)
- Petits paysans ou "coqs de village : les laboureurs dans la société 
- La société paysanne
- Les petits moulins du bout du monde
- Du moulin au "petit-pied" au moulin "grosse-tête"
- Tradition - Maison de terre
- La frairie
- La gabarre
- L'agriculture au XVIIIème siècle


loeil-de-larbre.jpg"Dans les campagnes, même si ici où là on entend le bruit des " fâcheries " entre ouvriers agricoles et employeurs, le silence des champs semble régner. Et pourtant à y regarder de plus près, les campagnes française ne sont pas immobiles et " sans voix ". Dès 1866, les grands propriétaires regrettent le temps où les ouvriers dociles se tenaient à leur place. À côté d'un silence supposé se manifeste un silence qui " a force de loi ", celui des communautés taisibles. Ces dernières se formaient " autrement que par le mariage et sans écrit, entre certaines personnes, par une habitation et une vie commune pendant un an et un jour... ". L'intention marquée de vivre en communauté était essentielle. Le silence qui préside à leur constitution puis à leur désagrégation explique le peu d'informations les concernant. Dans un autre registre le renouvellement des louées illustre le poids du silence dans les usages. Lorsqu'un maître et un ouvrier agricole avait conclu un accord au sujet du travail de ce dernier, trois cas de figure se présentaient : le nécessaire avertissement ; la tacite reconduction et le congé tacite. Le non-dit joue donc un rôle majeur dans les relations sociales. Reste que le silence dissimule bien souvent un arrière monde de rancoeurs".

Résumé d'un texte intitulé "Dans les campagnes : silence quotidien et silence coutumier" d'Yvonne CREBOUW
 

Vous pouvez consulter d'autres articles paru dans cette rubrique "la vie dans les campagnes" :
- Le Mardi gras des souleurs
- Vies et survies en monde rural
- Modèle de délibération de la fabrique de Remilly sur Lozon (50)
- Petits paysans ou "coqs de village : les laboureurs dans la société 
- La société paysanne
- Les petits moulins du bout du monde
- Du moulin au "petit-pied" au moulin "grosse-tête"
- Tradition - Maison de terre
- La frairie
- La gabarre
- L'agriculture au XVIIIème siècle


C'est le mardi gras surtout que dans plusieurs communes du Nord (Bretagne et Normandie) les paysans se disputent la soule (grosse balle en cuir, remplie de son). Ordinairement ils se divisent en deux parties pour se l'arracher ; le jouet, orné de rubans aux couleurs tranchantes, est lancé par le maire lui-même aux deux armées rivales qui se ruent et tourbillonnent l'une sur l'autre, franchissant les haies, rochers et rivières. La victoire est acquise à celui qui, malgré les efforts de l'ennemi, a réussi à faire entrer la soule dans une maison désignée d'avance. Presque toujours cet honneur devient fâcheux pour le propriétaire, dont les provisions et surtout la cave sont largement mises à contribution par les souleurs. Autrefois la fête ne se passait guère sans mort d'homme ; maintenant on en est quitte pour des contusions, foulures, fractures, etc."

Philippe Bisoni, journaliste, rappelle dans l'Illustration du 28 février 1852, ce qu'est ce jeu, dont l'origine se perd dans la nuit des temps et qui était devenu occasion de querelles et de dévastations.

Transportez-vous en amont d'un, deux ou trois siècles, dans nos campagnes des pays de nos ancêtres. Les terrains collectifs étaient à la disposition de tous, dans le cadre de règles fixés par les communautés. Nos aïeux ont pu tirer leur subsistance de ces biens communaux.

Parmi ces terrains nourriciers, on trouvait tant des parcelles privées que d'autres considérées comme bien commun à tous, riches ou pauvres, et permettant d'y trouver une large part de subsistance : toutes ces ressources leur ont permis de nourrir, vêtir, réchauffer, abriter la vie quotidienne de leur maisonnée, de votre lignée.

Comment usait-on de ces biens communaux ? L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert  nous dit à l'article "communautés d'habitants" que celle-ci "possèdent, en certains lieux, des biens communaux, tels que les maisons, terres, prés, bois, pâturages, dont la propriété appartient à toute communauté et l'usage à chacun des habitants, à moins qu'ils ne soient loués au profit de la communautés, comme cela se pratique ordinairement pour les maisons et les terres ; les revenus communs qu'ils en retirent sont ce que l'on appelle les deniers patrimoniaux".

A partir du 19e siècle, les bâtiments communaux seront dénommés "biens patrimoniaux". On dira "biens communaux" (terres communales dont peuvent jouir tous les habitants de la commune) ou "biens sectionaux" (terres dont peuvent jouir les seuls habitants d'une section de commune, nombreuses dans certaines zone de montagne) ou simplement "communaux" pour désigner des terres d'usage collectif, ainsi que certains usages coutumiers comme le glanage après récolte.

Le 14 aôut 1792, les élus de l'Assemblée constituante décident que les biens communaux seront donc partager en autant de lots que d'habitants. Cette décision vient compléter le vote, à partir de 1789, de la suppression de tous les privilèges, dans la logique de la triple règle d'or que la Révolution Française s'est fixée : "liberté, égalité, fraternité".

 

En complément, vous pouvez consulter les articles parus dans la même catégorie "la vie dans les campagnes" :

-    http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1623293.html

-    http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1484768.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-830398.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-737838.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-584774.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-569378.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-562390.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-554025.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-346274.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-339966.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-306023.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248401.html

 

Les traditions populaires propres à nos campagnes regorgent d’histoires de cloches cachées, noyées ou emmurées, généralement pour être soustraites à la fonte. Elles font référence à plusieurs périodes de notre histoire : villageois ou curés menacés par les Vikings, friands de métal, les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, les Huguenots pendant les guerres de religion s’en prirent aux cloches « baptisées » des églises comme des monastères. Nous pouvons citer également, la guerre de Trente Ans et les Suédois et les Espagnols qui envahirent le nord et l’est de la France et systématiquement, descendaient les cloches qui égayaient les villages.

Enfin, sous la révolution, le grand massacre des cloches fut officialisé par la Convention nationale ; encore pour en faire de la monnaie ou des canons destinés à défendre la République.  

 

Voici le texte original du décret révolutionnaire qui fut, dans toute la France, à l’origine de milliers d’enfouissements de cloches d’églises promises à la fonte :

DECRET

 

DE LA

 

CONVENTION NATIONALE,

 

Du 23 Juillet 1793, l’an second de la République française,

 

Portant qu’il ne sera laissé qu’une seule cloche dans chaque Paroisse.

 La CONVENTION NATIONALE décrète qu’il ne sera Laissé qu’une seule cloche dans chaque paroisse ; que toutes les autres seront mises à la disposition du Conseil exécutif, qui sera tenu de les faire parvenir aux fonderies les plus voisines dans un délai d’un mois, pour y être fondues en canons.

 

 

C’est ainsi qu’en 1793, des villages entiers se liguèrent pour soustraire ce qu’il considérait comme un héritage collectif, des cloches parfois multi centenaires aux investigations des représentants du département. On descendait les cloches tous ensemble, on les enterrait ou le plus souvent, on les « noyait » dans quelque pièce d’eau ou rivière, et le tour était joué.

Le problème vint lorsqu’il fallut, après le Concordat, récupérer ces pièces, généralement altérées, jusque dans leur sonorité, par ces manipulations improvisées. Descendre une cloche d’un clocher par treuils et courroies, la charrier jusqu’à une rivière et l’y pousser, c’est relativement simple. Lui faire faire le chemin inverse, c’est autre chose.

C’est ainsi que la plupart des cloches qui furent noyées ou enterrées, et c’est valable pour la révolution comme pour les périodes précédentes, ne furent finalement jamais récupérées.

 

 

Quelques anecdotes : 

 

Corneville sur Risle – Eure

Une cloche perdue par les AnglaisDans la Risle, près de l’abbaye de Corneville, une cloche a été engloutie là par les Anglais. Après avoir dépouillé les bâtiments, ils la chargèrent sur une barque qui, malheureusement, se retourna sur la Risle. Les Anglais tentèrent bien de récupérer la pièce, mais en furent empêches par l’arrivée d’une troupe de soldats français. Les cloches volées et perdues sont toujours dans les eaux.

 

La Rochelle-Normande – Manche

Les cloches noyées de l’étang du château – Avant la Révolution, l’église de La Rochelle-Normande possédait trois magnifiques cloches. La plus grosse pesait 800 kilos, la seconde 600 et la troisième 400.

En 1793, elles furent précipitées par les habitants du village dans l’étang encore visible du château situé tout près de l’église. Elles y reposent encore. Cette tradition est bien fondée : l’église de la rochelle ne possède pas de cloche antérieure à la révolution. Les trois sonnailles actuelles ont été fondues au XIXe siècle et XXe siècle.

 

François Joseph LEBLANC voit le jour le lundi 20 novembre 1780 à Sancourt (59).

Il est le fils légitime de Gregoire LEBLANC, journalier, âgé de 15 ans au moins et d' Isabelle REGNIER, âgée de 15 ans au moins.

François a exercé le métier de cultivateur.

La vie des paysans du nord de la France en 1800

       Malgré la fertilité du pays, les rivières qui servent de canaux au commerce, et toutes les ressources locales, les paysans, sont plus près de la pauvreté que de l'aisance. Leurs demeures sont simples, la porte sert quelquefois de fenêtre, quelques chaises grossièrement fabriquées sont près du foyer, une commode ou armoire est dans un coin. A côté est le pétrin pour le pain. Quelques planches portent la vaisselle de terre, et le lit est quelquefois entouré de rideaux, il occupe le principal coin de la chambre. Ce lit est entouré parfois de vieilles couronnes de fleurs desséchés qui ont touché le saint sacrement, et puis derrière la porte du buis béni. Ces superstitions inspirent de la confiance et mettent la demeure à l'abri. A côté de la principale chambre ,il y a quelque autre pièce pour les enfants,à moins qu'ils ne couchent dans l'étable,quand elle existe. La propreté est réelle mais souvent le désordre règne. Le paysan, en général, change assez souvent de linge. Quand le mari et les fils ne travaillent pas la terre, c'est qu'ils sont retenus à la maison par les rigueurs de l'hiver. Ils se chauffent tranquillement .Le dimanche est un jour privilégié,toute la semaine, il n'a bu que de l'eau,mangé du pain,du fromage et des légumes. Outre le cabaret, il y a parfois la ducasse. C'est là, un instant de plaisir au sein du village.

Ouvrage ancien intitulé : Le voyageur de la jeunesse par pierre Blanchard, à Paris chez Le Prieur, rue des noyers.1809. Jean.

 

Vous pouvez également consulter les autres articles parus dans la même rubrique :

http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1484768.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-830398.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-737838.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-584774.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-569378.html

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-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-554025.html

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-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-306023.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248401.html

 

 

Barthélémy VAULTIER , notre ancêtre fabricien, trésorier de la Fabrique de Remilly sur Lozon (50) en 1695, a participé aux délibérations. Voici un exemple de délibération :

 

Du trente novembre 1751, à l’issue de la grand-messe paroissiale, se sont assemblé les sieurs curé et paroissiens soussignés, au sujet des réparations urgentes et nécessaires à faire à la nef de l’église dudit lieu, suivant la délibération ci-devant faite par les dits paroissiens, lesquels ont à cet effet pris ce qui s’est trouvé de deniers dans le coffre des archives de l’église dudit lieu, se montant à la somme de cinquante-quatre livres, sept sols, neuf deniers, laquelle somme a été mise aux mains dudit sieur curé, lequel a bien voulu s’en charger pour acheter et faire voiturer l’ardoise, chaux, lattes, sable qui seront nécessaires, en tant que ladite somme pourra suffire, ainsi que pour payer les charpentiers, qui travaillent à débiter la brigandine, ou chaulatte et les chevrons, autant qu’il s’en pourra trouver aux arbres fournis par les paroissiens. De toutes lesquelles emploittes et paiements des couvreurs en ardoise, ledit sieur curé sera cru sur la mémoire qu’il en représentera, s’en reposant sur sa bonne foi. Et comme la somme ci-dessus est très modique, ledit sieur curé est autorisé à recevoir la somme de cent sols pour le droit d’ouverture de la fosse où le sieur Pierre LAURENT a été inhumé, le 24 de ce mois, dans la nef de cette église. Laquelle somme sera jointe à celle ci-dessus et dont la quittance dudit sieur sera bonne et valable.

 

Le tout fait et arresté ce dit jour et an que dessus. Ont signé :

N. HEBERT, J.L , H. L, H. LEGRAND, F, H. BUCAILLE, J. REMILLY, P. LEGRAND, R. BAUMEL, F. DURAND, F. DARTHENAY.

(Archives de la fabrique de Remilly)

 GLOSSAIRE : emploitte = emplette, donc: monnaie; dépense

 

Voir également les articles déjà parus sur le sujet, en complément :

 -         Fabrique et fabriciens : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1224959.html

 -         VAULTIER Barthélémy – fabricien : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-225791.html

 Voir également les articles paru dans la rubrique : « la vie dans les campagnes » :

 

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-830398.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-737838.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-584774.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-569378.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-562390.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-554025.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-346274.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-339966.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-306023.html

-         http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248401.html

 

 

 

Derrière ce mot générique fréquent, « laboureurs », se cachaient des réalités très différentes, dans l’espace et dans le temps.

D’une région à une autre le mot n’a pas forcement la même valeur. En Ile-de-France, le laboureur était souvent un « coq de village », un gros fermier puissant. En Normandie, le laboureur se situait au milieu de la société rurale, entre le fermier (en haut) et le manouvrier (en bas). Il s’agissait-là de laboureur à charrue, comme on dit parfois dans les archives, qui avaient un train de culture, un cheptel vif et des capitaux.

Mais, dans une même province, on trouvait aussi bien des « coqs de village » et de petits laboureurs à bras ayant moins d’un hectare de terre. Un laboureur à bras est un laboureur qui n'a d'autres moyens de travail que ses bras.

En ce qui concerne nos deux familles, les NYON (ou NION) – branche Isabelle – originaire du Pays de Caux (76) et les LE SENECAL (LESENECAL) – branche Touzard  - originaire de la Manche (50), les premiers étaient plutôt de type bourgeois quant au second, nous pouvons supposer qu’ils étaient plus modestes.

Les NION étaient en haut de l’échelle économique et sociale villageoise. Notre sosa/réf. 1176 l’honorable homme (*) François NION (voir notre généalogie : http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil&lang=fr;p=francois;n=nion;oc=1) est le fils légitime de François NYON, Laboureur et de Geneviève MASQUEREL. Il épouse Marie Françoise LE CLER, la fille légitime d'Adrien LE CLER et de Françoise LE SAUNIER. Leur mariage religieux est célébré le lundi 11 février 1692 à Lammerville ? (76). Il est notifié dans les actes Noble Demoiselle.

Adrien LE CLERC est Escuier (ou écuyer ) demeurant en la paroisse de Saint Mars (76), enclos de Belmesnil (élection d'Arques), maintenu le 16 décembre 1667.

On peut le classer dans la catégorie des « fermiers laboureurs », propriétaires de leurs terres qu’ils cultivent. Il est autonome, aisé. Arrivés à ce stade, il est un notable, pour preuve on lui attribue le titre d’Honorable Homme (*).

Il est en fait un entrepreneur qui lui permet de se marier avec une noble. Il ne dédaigne pas d’arrondir son patrimoine en acquérant çà et là, quelques ouvrées de terre. Cela quitte à emprunter de l’argent – ou aussi à en prêter lui-même… l’honorable homme François NION a les moyens d’acheter une pièce de terre des frères Mignoneau, bourgeois de Paris à Saint-Ouen-Prend-En-Bourse, en 1714, lesquels en avaient hérité de Damoiselle Catherine PETIT, leur cousine, veuve de François PAON, Sieur de Saint-Amand, fils et héritier de Pierre PAON, Ecuyer Garde du Corps de son Altesse Monseigneur le duc d'Orléans, Précédent possesseur de ce même fonds (Bibliothèque Nationale). Dans le Fonds le Corbeiller à Dieppe on peut lire Isaac Louis NION, Elu, petit fils et héritier de François NION qui représentait René ? MIGNONNEAU qui représentait ??? MIGNONNEAU. le sieur Paon de Saint Amand.

Un tel homme est par ailleurs générateur d’embauche, puisqu’il entretient une domesticité permanente, à laquelle s’ajoute chaque été une brochette de travailleurs saisonniers, engagés le temps des gros travaux. C’est un capitaliste qui n’hésite pas à prendre des risques. Sa fortune est surtout immobilière (attelage, troupeaux, récoltes…), il n’est jamais à l’abri d’une conjoncture difficile ou d’une catastrophe naturelle, comme une mauvaise récolte, une plante parasite, le gel ou la sécheresse. Marié à une dame noble, il assure ses arrières. En cas de coup dur, il peut plus facilement emprunter.

Notre gros laboureur donne le jour a une famille nombreuse composée de six enfants dont 4 garçons et 2 filles.

Il se retrouve avec des filles à marier et des fils à établir, qu’il n’hésite pas à disperser à travers le monde dans lequel il évolue, les mariant ou les plaçant auprès de ceux avec lesquels il était en relation de travail :

Laurent sera Curé et doyen de Canville, Conseiller en l’élection d’Arques. Personnage important, Il est inhumé dans le cœur de l’église de Canville.

Il va marier sa fille Marie à un gros laboureur François POULLET. Dans l’acte de mariage, il est précisé le titre de François : Honorable Homme Maître Laboureur. Suivant la gabelle de 1747, il tient une ferme de 100 acres  (l’équivalent de 50 hectares, ce qui est considérable à cette époque - voir annexe « valeur de l’acre), possède 6 chevaux, 4 vaches et 1 troupeau pour 57 pots de sels pour lui, sa femme, ses 2 enfants et ses 5 domestiques ; Elu en l’élection d’Arques avec BIGOT (C 1954 /1775/1790), né à Beaunay en mars ou avril 1709 et décédé le 15 juillet 1758, inhumé dans la nef. Son plus vieil ancêtre connu pourrait être un certain Nicolas POULLET, escuier,  marié avec Anne de Bacquel.

Blason des POULLET : d’azur à la fleur de lys d’or à la bordure engrêlé du même – référence Pierre L’ESTOURMY (Neufchâtel).

Nicolas sera lui aussi laboureur.

Louis sera Marchand Laboureur de Grainville la Renard (et Brametot).

   

Les LE SENECAL, plus modeste peuvent se situer dans le cas de figure médian des laboureurs qui cultivaient et élevaient du bétail.

Herve LE SENECAL voit le jour le mardi 3 mars 1739 à St-Martin-des-Champs ? (50) – sosa n°468 (voir notre généalogie : http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil&lang=fr;p=herve;n=le+senecal)- Il est le fils légitime de Herve LESENECAL et de Madeleine GIBON. Il épouse Marie Anne BUCAILLE, la fille légitime de Jean BUCAILLE et de Marie Elisabeth GOSSET. Son fils Hervé né vers 1795 aux Champs-de-Losques ? (50) sera lui aussi Laboureur.

La meilleure vue d’ensemble du travail du laboureur nous est sans doute donnée par Olivier de Serres dans son traité monumental : Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs, publié en 1600. Il consacre un chapitre entier au labourage, en évoquant tour à tour les différentes tâches du laboureur : préparer la terre (essarter, épierrer, aménager des fossés), labourer (avec bœuf, cheval, mulet, âne), fumer la terre, semer, sarcler, moissonner, conserver les blés. Il détaille aussi l’élevage.

Si l’on considère que Les LE SENECAL sont classés parmi les laboureurs classiques de Normandie, nous pouvons supposer qu’ils possèdent un attelage avec deux chevaux de labour, une charrue, une charrette, des vaches, des porcs et une exploitation variant entre six et quinze hectares. Afin d’avoir une idée précise de leurs biens, il nous reste à consulter les inventaires après-décès qui est une source archiviste très précieuse. L’inventaire après-décès d’un laboureur énumère meubles, vaisselles, mais aussi et surtout bêtes et outils et qui permettent de mesurer la taille de l’exploitation.

 Valeur de l’acre : Le nombre d’acres est également un critère important. On estime usuellement l’acre normand à ½ hectare. Je ne résiste cependant pas à retranscrire la définition du dictionnaire « Furetière » de 1690

« ACRE. s. m. Mesure de terre qui se dit particulièrement en Normandie, qui contient 160. perches. L'acre du bois est de 4. vergées, la vergée de 40. perches, la perche de 24. pieds, le pied de 24. pouces, & le pouce de 12. lignes : mais tout cela diffère selon les lieux.

Dans un Registre de la Chambre des Comptes il est dit, que l'acre contient quatre vergées, dont il en faut deux pour l'arpent ; qu'une vergée contient quarante perches de terre, & chaque perche contient 24. semelles de pied. Chez les Anglais l’acre contient 16. perches en longueur, & autant en largeur. »

Mais en réalité, au XVIIème siècle, la plus grande anarchie règne pour tout ce qui est système de mesures. Chaque paroisse possède ses propres systèmes, tous calqués sur celui-ci.. Mais les unités sont variables en quantité d'une paroisse à l'autre, et même, au sein d'une même paroisse, dans le temps. Ainsi, à titre d'exemple, un document non daté mais de cette époque, indique une mesure de 1 Acre 22 Perches en mesure de Fécamp et donne une valeur de 2 acres 1 Vergée 29 Perches en mesure de Rouen pour équivalente. Nous avons donc des données que les registres paroissiaux ne permettent pas de faire apparaître : position d’un individu par rapport à sa famille, position par rapport à un environnement professionnel, estimation  (discutable) de la « position sociale ».

  (*)  Noblesse d'Ancien Régime

Durant l'Ancien Régime, le roi est à la tête du système. Il a des vassaux qui lui doivent fidélité et ont fait vœu d'allégeance. À l'origine, il n'y avait pas de hiérarchie parmi les titres – excepté le vicomte qui est un « vice-comte ». Celle-ci est apparue à la fin du XVIe siècle. Il faut de plus faire la différence entre les titres, qui sont attachés à la terre, et les rangs (prince, chevalier et écuyer) attachés à la personne. Ainsi, pour devenir comte, le noble doit posséder une seigneurie érigée en comté ; s'il la vend, il perd dès lors son titre de comte. La situation se complique lorsque l'on estime le cas des roturiers possédant un fief de dignité, c'est-à-dire une seigneurie titrée (baronnie, vicomté