NOTRE BUT

Passionné de génealogie et d'histoire, je souhaite partager mes recherches. Ce blog est le prolongement de l'arbre généalogique de la famille GOUPIL - PERIER avec comme de-cujus mes enfants :

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La pratique de la généalogie évolue : faire des arbres avec des noms et des dates reste assez limité ; en tant que généalogiste, je suis également curieux de notre histoire familiale. Pour donner une image, le corps humain est composé d'un squelette, mais aussi d'organes et de chair. En généalogie, c'est la même chose. Il est important de faire des recherches en vue de comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres : quel métier exerce-t'il, pourquoi untel a migré dans une autre région, etc. 

 

Ce blog a pour but de publier simplement des articles sur des thèmes de recherches (généalogie, histoire), partager des dossiers, de façon à les rendre consultables par des internautes (généalogistes, historiens, amateurs ou professionnels). Vous avez la possibilité de les commenter.

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"On peut reconnaître assez facilement l'histoire officielle d'un pays, la liste des rois, de ses ministres, de ses guerres, de ses traités, et cependant la véritable histoire n'est pas là, c'est dans les masses profondes des travailleurs de tout ordre que réside la vie réelle de la Nation" - Edouard Herriot (1er mai 1909).  

 

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- Généalogie de L'Europe - ATLAS DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - Sous la direction de Pierre Lamaison - conseiller historique Pierre Vidal-Naquet, Hachette Livre, 1994 :

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle.


 - Physiologos Le bestiaire des bestiaires, traduit du grec, éd. Jérôme Millon : voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-991736.html


Je vous conseille de lire le livre de Jean-Louis Brunaux : "Les gaulois" - collection "Guide Belles Lettres de Civilisations" publiés aux Editions Les Belles Lettres (2005)... suite - voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1275187.html

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HISTOIRE : Onomastique, éthymologie et sémantique

Le 13.01.2009, le blogue de l'association La Chouque (promotion de la langue normande du Lieuvin et du Roumois) a mis en ligne l'article "Toponymie et racines norroises" que j'avais publié sur ce blog.


undefined La toponymie (étude des noms de lieu ) normande recèle de très nombreuses racines norroises :

-bekkr en norrois désignait un ruisseau : on le retrouve dans les terminaisons en -bec de Bolbec, Caudebec, Heudebec par exemple, en Seine-Maritime,ou le Bec-Hellouin.

-sey dans la même langue désignait une île,un îlot : on le retrouve dans les Iles Chausey ,Jersey, Guernesey qui sont "anglo-normandes".

-lundr désignait une forêt : la légendaire forêt de Quokelunde en bordure du Mont Saint-Michel vient de là, la Londe près de Caen...

Hillja était une colline : lieu-dit "la Hillaye" dans le mortanais, qui domine au sommet d'une colline le pays environnant...

Les noms en -ville,très courants en Normandie et particulièrement dans le Cotentin et dans le 76, ont pratiquement tous un radical (racine) norroise formée sur -villa , la "villa" au sens carolingien et non la ville, c'est-à-dire une grosse ferme fortifiée et ses dépendances, le nom entier signifiant la villa/ferme/propriété de...suivie du nom du chef viking qui s'implanta en ce lieu :

Octeville : Ottàr-villa (Ottàr étant à la fois un prénom et "une loutre")
Siouville : Sjö-villa (prénom de femme)
Verville : Vé-villa , Vé étant le nom d'un Dieu parent d'Óðínn mais signifiant aussi "sanctuaire naturel"
Surtainville : Surtr-villa, Surtur étant un Géant du Feu dans la mythologie ;
Haineville : non pas "ville de la haine" comme on pourrait le penser,mais Hanì-villa, attesté par des manuscrits médiévaux;
Barneville : Bjarnì-villa, la villa de Bjarnì ("l'ourson, le petit ours")
Carteret (à l'origine Carteret-ville) : Kørtrekk-villa, encore un nom propre;
Regnéville : Regìnn-villa
Tourlaville : Þórrlak-villa

Le Havre serait lui-même issu de "Havet", la mer, mot encore actuel en danois et en suédois.

Il y a des dizaines d'exemples en Normandie sur ce modèle en -villaI.

On trouve aussi, en baie du Mont Saint-Michel, l'estuaire de deux rivières : la Sée (nom d'origine normando-latine signifiant "la soif", en Normand, l'eau de la Sée prenant sa source dans le massif granitique du Mortanais et étant particulièrement pure), et la Sélune, dont le nom a la racine norroise -lundr "forêt", et le radical se- ou sej- désignant de l'eau courante, de fait, la Sélune est beaucoup plus boueuse que la Sée... On trouve d'ailleurs la ville de Ducey sur la Sélune, qui à l'origine était construite sur un îlot de la rivière (-sey/cey) ainsi que des communes de même éthymologie dans le Sud-Manche comme Vergoncey (Vergunðr-sey, "L'île aux bouleaux"), Boucey à l'éthymologie plus incertaine , ou Brécey (sans doute venant de Brùðàr-sey,"L'île des frères 
).

L'onomastique (étude des noms propres) livre là aussi, via les noms de famille, des racines Norroises :

Des noms de famille courants en Normandie comme Toutain, Totain, Toustain, sont à rapprocher du germanique þórrsteìnn ou Thorrstein (prénom allemand actuel), autrement dit "la Pierre de Thor".
Anquetil (nom entre autres d'un coureur cycliste des années 60), vient du prénom scandinave Kjetil(l).
Thouroude vient de þórróðr, "par Thorr et par Odin"
Ozon, Ozil, Ozouf qui sont également courants en Normandie ont pour racine óðr, l'un des noms d'Odin.
Frey se trouve chez plusieurs familles de Haute-Normandie (Eure) de façon quasi-inchangée par rapport au nom du Dieu Nordique Freyr.
Les nombreux Trochon du Sud-Manche viennent de "Tre-Sjøn", "Scieur d'arbres" et renvoie à un nom de métier, à une époque médiévale où la déforestation allait bon train.

Restent aussi le reliquaire en or massif de Mortain, gravé de runes de l'époque paienne, conservé à l'Abbaye Blanche. De nombreuses trouvailles archéologiques ont été faites dans le lit de la Seine sur son parcours Normand (épées, fibules, pièces de monnaie...)

Le droit Normand, basé sur le Wergeld ("loi du talion" germanique) et sur un système très complexe définissant la propriété des terres et des biens, subsiste quasiment inchangée pour certains articles à Jersey et Guernesey, qui continuent à imprimer des journaux en langue Normande. Les étudiants juristes jersiais et guernesiais viennent d'ailleurs étudier à Caen, où un Diplôme Universitaire de Droit Normand leur est réservé par l'UFR de Droit.

la-chasse-de-maximilien.jpg Il va falloir que l'on soit d'attaque pour affronter les blacks en rugby, actualité oblige !


Mais d'où vient cette expression ?

La chasse a toujours été la distraction favorite des hommes de guerre en temps de paix - c'est à dire dans les périodes plus ou moins brèves où la chasse à l'homme n'est pas ouverte.

La chasse a enrichi notre vocabulaire par des expressions comme celle-ci : Etre d'attaque.

Une fois les bêtes possibles dûment localisées, les piqueurs reviennent vers la clairière où la compagnie les attend. La casquette à la main, ils font au maître d'équipage leur "rapport". Le veneur "choisit alors de chasser tel cerf plutôt que tel autre, et donne ses ordres en conséquence [...]. On se rend à l'enceinte désignée. Les chiens d'attaque y pénètrent, cherchent le cerf, le mettent debout, le lancent, le forçant à s'enfuir" (P. Vialar).

Cela évidemment si tout va bien ; il peut arriver que la bête, avertie par on ne sait quel pressentiment, lève le pied sans attendre.

Extrait du livre "la puce à l'oreille - Anthologie des expressions populaires avec leur origine de Claude Duneton, chez stock.

 

Le travail a apporté beaucoup d'expressions comme "faire la navette". Apparue au milieu du XVIIIe siècle, cette expression provient du domaine du tissage.

La navette volante inventée en 1733 par John Kay
(Flying Shuttle)

Une navette (diminutif de nave ou nef, vaisseau, à cause de sa forme en "petite barque") est l'outil du tisserand qui va et vient inlassablement sur la chaîne du métier à tisser pour passer le fil de la trame. Le sens d'aller et retour constants parle de lui-même. Elle a prêté à d'autres comparaisons ; selon Furetière, "on dit proverbialement d'une femme qui caquette bien, que la langue lui va comme une navette de tisserand".

Source : « La puce à l’oreille –Anthologie des expressions populaires avec leur origine – Claude Duneton.

 

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- Courir la prétentaine...

- Prendre une veste

- Les grands chevaux au temps jadis

- Le "lapin", passager d'une diligence

- Dans les pas de l'orme, petit essai sur la mythologie de la marche

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- Le terme Païen

- La religion dans la toponymie

En ce jour de la St Valentin, une expression bien d’actualité…. Courir la prétentaine

 

Le mot signifiait au XVIIe siècle « aller deçà et delà », aller et venir sans sujet particulier.

C’est ainsi que l’emploie Scarron, s’adressant à ses propres vers qu’il appelait des « vermisseaux » :

            Petits enfants ecervelez

            Scavez vous bien où vous allez ?

Vostre entreprise est bien hautaine,

D’aller courir la prétentaine.

A peine estes  vous avortez

Et desjà dehors vous sortez,

Et desjà vous courez les rues.

 

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le Dictionnaire de Trévoux relève une possible intention galante : « On dit qu’une femme court la prétentaine; pour dire qu’elle fait des promenades, des voyages contre la bienséance, ou dans un esprit de libertinage. »

 

 

Selon Bloch & Wartburg le mot est à rapprocher du normand pertintaille, ou prétintaille, « collier de cheval garni de grelots ». La terminaison serait venue par évocation des refrains de chanson du type « tonton-tontaine », etc. C’est vrai que flâner « deçà et delà » donne souvent du cœur à la chansonnette…

 

 

Source : « La puce à l’oreille –Anthologie des expressions populaires avec leur origine – Claude Duneton.

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L'année 2007 est une année électorale.

A ce sujet, on ne peut pas passer sous silence une métaphore relative à ses périodes électorales : prendre ou ramasser une veste est une expression bien connue de tous les candidats.

Elle était déjà en usage au XIXe siècle : "M. Scribe ne pouvait se consoler de sa dernière veste", et résulte d'une joyeuse variation sur la formule plus ancienne d'être capot (1) aux cartes.

Le Père Peinard écrit le 3 octobre 1897 : "L'an dernier, au congrès de Londres, la veste remportée par les polititiens était si richement matelassée qu'elle leur tient encore chaud." Inconstance des métaphores : si la veste est vraiment très lourde on l'appelle à présent une déculottée !

Source :la puce à l'oreille - Claude Duneton

(1) adj. inv. XVIIe siècle. Étymologie obscure. JEUX DE CARTES. Se dit d'un joueur qui n'a réussi à faire aucune levée durant la partie. Faire quelqu'un capot, ne lui laisser faire aucune levée. Être capot, n'avoir fait aucune levée. Fig., fam. et vieilli. Être, demeurer capot, être, demeurer confus, interdit, penaud. Subst. Faire un capot, faire toutes les levées. Au jeu de piquet. Faire pic, repic et capot (vieilli).

 

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- Les grands chevaux au temps jadis

- Le lapin, passager d'une dilligence

- Noms de lieux normands

- Dans les Pas de l’orme – Petit essai sur les mythologie de la marche

- Les matronymes en Normandie

- Avoir la puce à l'oreille

- Connaissez-vous le nombre PHI, la divine proportion ?

- Le mot duide a une racine sanscrite

- Le terme païen

- La religion dans la typonymie

Pour mieux comprendre la montée du néonationalisme aujourd’hui, il faut remonter à la source, au Moyen Age. La politique de l'interculturalité doit prendre en compte ces données historiques. Au Moyen Age, il existait deux dimensions : l’Est (Arabe) et l’Ouest (Occidentale) Le rapport entre l’Est et l’Ouest au Moyen Age a souvent été exploré principalement dans le contexte de l’astronomie, de la médecine et de certaines branches de la philosophie, mais plus rarement dans celui de la lyrique des troubadours, des romans, de la nouvelle et de la littérature en général.

Afin de bien comprendre le rapport entre ces deux dimensions dans la littérature, je vous recommande de lire le livre « Esope Au Féminin – Marie De France Et La Politique De L’Intercularité Par Sahar Amer »

publié 1999
chez Rodopi
ISBN 9042006072


Je souhaite remercier Henri Wittmann pour son commentaire que je vous propose en complément de l'article que j'avais publié sur les origines du nom REHEL
1. Le terme celtique ROH et ses dérivés sont des emprunts au latin populaire ROCCA "roche".

2. REH, REHEL sont des termes de tous les jours pour désigner respectivement "chevreuil" et "petit chevreuil" dans tous les dialectes germaniques de l'Alsace, du Bade-Wuertemberg, de la Suisse et de l'Autriche. Ceci étant, la distribution de ces termes en tant que noms de famille dans ces régions est tout aussi fréquent que celle, par exemple, de HIRSCH, HIRSCHEL, termes désignant "cerf", "petit cerf".

3. Le fait qu'il existe en Bretagne un hameau isolé appelé VILLE REHEL est plutôt indicatif qu'il s'agit d'un lieu où se regroupaient des gens d'une même famille venus d'ailleurs, possiblement au moment des guerres de religion.

Prenons comme exemple l'histoire du VILLAGE DES CARLE, en Mauricie (entre Louiseville et Trois-Rivières). Le berceau de cette famille est en Provence. Pendant les guerres de religion, des CARLE prostestants ont migré, principalement vers le Wuertemberg et la Gascogne où on les trouve dans les registres sous le patronyme CARLES. Le premier CARLES est venu au Québec très tardivement, juste avant la conquête. Étant sans doute pointé du doigt pour ses moeurs et son accent, il s'est fixé en un lieu qu'on appele encore aujourd'hui le VILLAGE DES CARLE.

Curieusement, quand on regarde la distribution confessionnelle dans les régions où le patronyme REHEL est le plus répandu, on constate que le Wuertemberg est uniformément prostestant, que le pays de Bade est uniformément catholique, alors que l'Alsace et la Suisse présentent des régions uniformément protestantes ou catholiques selon l'historique des fiefs et cantons qui la composent. Cette situation est attribuable au nettoyage "ethnique" qui se pratiquait au temps des guerres de religion selon le bon vouloir du pouvoir politique de l'époque. Les migrations conséquentes ont fait en sorte que de nombreuses famille alsaciennes d'obédience catholique se sont retrouvées en terres d'asile françaises, notamment en Champagne, en Bourgogne, en Anjou et en Bretagne.

4. Quant aux dictionnaires de Dauzat et de Morlet, je conçois qu'ils renferment de nombreux défauts laissant place à des desiderata tout aussi nombreux, mais je ne vois pas en quoi cela permettrait de remettre en question des étymologies claires et établies indépendamment.

Henri Wittmann
professeur émerite de linguistique
hwittman@cgocable.ca
Vous pouvez également consulter d'autres études comme :

Au temps jadis, les chevaux étaient un peu comme les automobiles à notre époque : tous n'avaient pas la même taille et la même fonction. En gros, il en existait de 3 sortes : les chevaux de parade, ou de voyage, les palefrois "por chevauchier  à l'aise du cors", qui étaient aussi les montures des dames ; les roncins, bêtes porteuses d'armes et de bagages, aussi appelés somiers (de somme), qui servaient également aux écuyers et "gens de moindre importance" ; enfin les destriers, étaient ainsi nommés parce que l'écuyer les conduisait de la main droite (la dextre) quand ils allaient "à vide".

Les chevaux de combats, de belle race et de haute taille - plus le cheval est grand, mieux on domine son adversaire - étaient appelés les grands chevaux.

L'expression monter sur ses grands chevaux vient de là. C'était le signe de la bataille : " Atant guerpissent [abandonnent] les palefrois, si sont es destriés montés" (XIIIe siècle). Naturellement ce n'est pas une action que l'on entreprend l'esprit calme et serein, il y faut de la fougue et de l'arrogance. "On dit aussi - dit Furetière - qu'un homme monte sur ses grands chevaux ; pour dire qu'il parle en colère & d'un ton hautain."

Sous Louis XV, ce n'était plus en carrosse, mais en coche qu'on voyageait.... 5 jours en été, 6 jours en hiver suffisaient désormais pour arriver de Paris à Lyon (125 lieues) ; cela faisait, dans la belle saison, 25 lieues par jour ; et on trouvait cela si beau que le nom flatteur de diligence fut inventé précisément pour cette voiture, DE FOVILLE, l'Économiste français, dans Journ. offic. 8 oct. 1876, p. 7381, 3e col.

Au XVIIIe siècle, on appelait "lapin" un passager en surnombre qui montait sur le siège à côté d'un cocher d'une diligence, et on voyageait ainsi plus ou moins gratuitement au bon gré de son hôte.

"Sur le devant de cette voiture, il existait une banquette de bois, le siège de Pierrotin, et où pouvaient tenir trois voyageurs, qui, placés là, prennent comme on le sait le nom de lapins. Par certains voyages, Pierrotin y plaçait quatre lapins...", explique Balzac dans Un début dans la vie.

Vous pouvez également consulter d'autres articles dans cette rubrique tels que :

- La puce à l'oreille

- Les matronymes en Normandie

- Noms de lieux normands

- "Le partage noble"

- L'origine des patronymes

Dans ce monde moderne, du moins en Occident, la puce n'a plus la place qu'elle pouvait représenter autrefois. L'habitude s'est perdue de chercher les puces dans son lit avant le coucher, de les écraser sur l'ongle après les avoir capturées d'une main experte. C'est le plus naturellement du monde que le Bourgeois du "Ménagier" au XIVe siècle conseillait à sa jeune épouse : " En esté, gardez-vous que en vostre chambre ni en vostre lir n'ait nulles puces."

Car ces bestioles ont grouillé autrefois à la ville comme à la campagne, dans la bonne comme dans la mauvaise société. On se grattait sous les haillons comme sous les habits de fête.

Les puces nous ont laissé l'expression superbe et autrefois grivoise avoir ou mettre la puce à l'oreille ; éveiller, alerter l'attention d'une personne par un détail en apparence anodin, par une confidence qui trouble sa sérénité en laissant soupconner anguille sous roche, et généralement prévoir un danger.

Cette façon de parler est très ancienne.

Vous pouvez consulter d'autres articles parus dans cette rubrique comme :

- Dans les pas de l'orme, petit essai sur la mythologie de la marche

- Connaissez-vous le nombre PHI, la divine proportion ?

- Le mot druide a une racine sanscrite

- Le terme Païen

- La religion dans la toponymie

A ne pas confondre avec le nombre PI, le nombre PHI est égal à :

1,618

Il est de la plus haute importance dans l'histoire de l'art. Il est considéré comme le plus beau chiffre de l'univers, le nombre d'or.

En dépit de ses origines, apparemment religieuses, le caractère le plus étonnat vient qu'il joue comme paramètre essentiel dans la nature. Les proportions des plantes, des animaux et des hommes obeissent toujours au dénominateur commun du nombre d'or.

L'ubiquité de PHI dans la nature dépasse la seule coïncidence. Les Anciens en avaient déduit qu'il traduisait la pensée du créateur de l'univers. C'est pourquoi les savants de l'Antiquité l'ont appelé la Divine Proportion.

Prenons par exemple une fleur de tournesol, ces graines poussent en spirales opposées. Devinez quelle est la proportion entre deux spirales adjacentes ! ..... le nombre PHI;

Mesurez la distance entre le sommet  de votre épaule et le bout de votre doigt le plus long, et divisez-la par celle qui sépare votre coude du bout de ce même doigt. Encore un autre ? Hanche au sol, divisé par genou au sol... PHI, PHI.

Nous sommes tous de vivants hommages à la Divine Proportion.

Vous pouvez également consulter dans cette même rubrique :

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-2858455.html

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-2302520.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1244613.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1200499.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-630829.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-622389.html   

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-339524.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-295658.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248018.html  

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248005.html

Le mot druide a une racine sanscrite. Peu banal pour une culture celte donc d’origine nordique ?

Il se rattache à deux mots dont l’ensemble veut dire « homme savant ».

L’étymologie, la sémantique sont de précieux outils pour retrouver son chemin dans les labyrinthes des migrations et des mélanges ethniques. Une des premières manifestations du métissage culturel est la déformation des mots et des noms par le mixage linguistique. On rencontre la même situation avec ce peuple des Francs tellement méconnu.

 

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- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-630829.html

 

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-622389.html 

 

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-339524.html

 

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-295658.html

 

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248018.html

 

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248005.html

 

symboles païen et chrétien

De nos jours, le terme païen est devenu presqu'un synonyme de culte satanique, une grossière erreur.

Le mot latin paganus - paysan - désignait les habitants des campagnes. Les "païens" étaient littéralement des ruraux non évangélisés, restés fidèles aux anciens cultes de la nature. D'ailleurs l'évolution péjorative du mot "vilain" - du bas latin villanus, qui signifiait "de la campagne" avant  de désigner une "äme vile, malfaisante" - illustrait bien la crainte de l'Eglise envers les habitants des bourgs ruraux.

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- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-630829.html

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- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-442821.html

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-374793.html

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- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248018.html

- http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-248005.html

 

 

 

 

La religion est apparue très tôt dans la toponymie française, puisque certains de nos noms de lieux portent encore l’empreinte des divinités honorées par les Gaulois.

Mais c’est le christianisme, et plus particulièrement le catholicisme, qui a profondément et durablement influencé notre toponymie. Le protestantisme est en effet d’apparition trop récente pour avoir eu une influence sur la toponymie des lieux habités ; de même, la présence de peuples d’autres religions ne se retrouve que de façon anecdotique et non significative, si ce n’est dans le nom de la commune de Baigneux-les-Juifs (Côte-d’Or, nom datant de 1391), seul exemple en France de ce type.

L’empreinte de la religion est d’autant plus importante qu’elle a pris naissance à l’époque franque et s’est développée à l’époque féodale, période qui a vu la formation et la stabilisation de la majorité de nos noms de lieux actuels.

La toponymie d’origine religieuse étant extrêmement riche et variée, l’exposé se limitera volontairement aux noms de communes...

Voir suite sur le site à l'adresse suivante :

http://xxi.ac-reims.fr/fig-st-die/actes/actes_2002/lejeune/article.htm

J'ai des ancêtres qui ont vécu à Ormes, près du Neubourg, dans le département de l'Eure (27). Mais en cherchant l'origine du mot Orme, j'ai trouvé un essai sur le sujet que je souhaite partager avec vous :

Un certain nombre d’explications préliminaires sont nécessaires afin d’éviter tout égarement du lecteur.

 

Chez Rabelais, et bien d’autres écrivains, le choix d’un mot n’est pas le fruit du hasard. Le romancier utilise toutes les possibilités d’équivoque du mot, comme nous allons le manifester avec l’orme.

L’arbre lui-même se prête à plusieurs désignations qui jalonnent un pèlerinage onomastique ; l’ « ormeau, avec des variantes selon les âges et les régions, « ormel », « oumeau », « hommeau », « ulmeau », et pour l’orme, « olme », « oulme », « humiau », un diminutif, « ormeteau », un calembour avec « homme », et un homonyme avec « ormeau », l’animal marin. Cet arbre magique, mot qui prête aux calembours naturels et aux greffes symboliques, végétal compagnon de la vigne, sera la borne réelle et mythique entre deux mondes, les régions du cœur, les frontières de l’esprit et les régions de la raison.

 

Les langues italiennes et française se calquaient l’une sur l’autres, pour ensuite entrecroiser leurs significations.

 

Orma, en italien « trace », « marque », « marche des pas ». Dante – référence : La divine Comédie – désigne la façon dont il va poursuivre son trajet vers l’Enfer, au Purgatoire et au Paradis : il suivra tout simplement les traces de pas de son guide, empreintes de pieds qu’il désigne par « orma », ou au pluriel « orme ».

 

Entre l’orma et l’orme s’effectue un échange sémantique par homophonie et identité symbolique : le premier terme (orma comme trace, vestige, pas, signe) joue le rôle d’une signalétique et d’une géographie symboliques que le second terme joue dans le texte rabelaisien et dans le réel (orme comme arbre frontalier, signal géographique, et arbre de Virgile) – on peut rappeler le célèbre épisode de l’abattage de l’arbre de Gisors (aux confins de la Normandie).

 

Orma nous a jalonné un trajet à travers les Marches de France, ces terres limitrophes, ces terres-frontières indivises, dont l’origine germanique s’applique aux anciennes zones frontières et militaires de France, et dont il nous reste encore le nom d’une région, la Marche Limousine, nom que l’on retrouve dans les Marches Séparantes d’Anjou, de Bretagne et de Poitou, et de toutes zones aux rivages d’un pays. A la fois terres-césures, terres de limites, confins, les marches sont autant de marques extrêmes que des signaux postés aux carrefours, là où se partagent les pouvoirs, les peuples, les légendes : terre de transition et terres de seuil, véritables portes des mondes, elles bornent la reconnaissance d’une géographie mythique.

 

Guillaume Postel, cabaliste chrétien de la Renaissance, était hantée par la fonction messianique des lieux et des noms. Il aborde, de ce fait, les mythes frontaliers, et se rend compte que les traces de l’orme dans l’œuvre rabelaisienne endossent une fonction identique de délimitation territoriale, horizontale, puis verticale ; enfin il juxtapose sa déambulation terrestre, mentale et culturelle, en projetant ses regards au cœur de la France où un orme géant, au milieu de la Marche, indique, à qui veut bien le remarquer, la porte du monde des Enfers.

 

 

Le trajet de l’orme

 

 

C’est sur la ligne séparant le pays normand et le pays de Basse Bretagne que Guillaume Postel a choisi de concentrer sur la Normandie tous les signes d’élection de sa France messianique, dans un contexte prophétique renforcé par le milieu alchimiste et orientaliste de certains de ses disciples normands, comme les Robert Duval de Rugles, Pierre Vicot de Flers, ou les Fèvre de la Boderie, natifs de Falaise, sur l’Orne. Le Mont-Saint-Michel, le pays de Dol, le hameau natal de la Dolerie, près de Barenton, franges de l’extrême Occident, présages de la Venue de l’Antéchrist, puis de la Parousie.  Ces bornes sont le lieu idéal de la projection paradisiaque.

 

Reprenant les mythes gargantins du lieu, relisant la légende de Saint Michel terrassant le dragon, Guillaume Postel fait du Mont-tombe la vigile du Paradis Terrestre des Hyperboréens - dans la mythologie grecque, peuple bienheureux vivant dans des contrées mythiques situées au-delà des régions où souffle Borée, le Vent...- :

 

I.                     Il assigne à cette limite et à la Normandie la triple conjonction d’Ariès, Lion, Sagittaire, qui préside aussi, à la ville de Jérusalem ; la Normandie devient la terre finale de l’extrême Occident.

 

II.                  Par le biais des étymologies et des généalogies revues et corrigées par la mythologie imaginaire d’Annius de Viterbe [voir référence page 197 du texte extrait de l’ouvrage la Renaissance de Christian Hermann (pseudo-Bérose), les mythes nationalistes d’un Jean Lemaire de Belges [voir également le texte cité auparavant], Postel fabrique une justification spiritualiste et messianique aux Normands, à son lieu natal, le hameau de la Dolerie, selon un processus analogique et linguistique qui utilise des informations mythographiques, prophétique et les ressources du plurilinguisme, en considérant que les langues modernes préservent une mémoire quasi généalogique des règnes et des civilisations antérieures : ainsi, la Normandie (ou d’après lui, Westereich), indique précisément qu’il s’agit d’une région du nord, région peuplée par les descendants des terres hyperboréennes, îles Ogygie nouvelles, endroit de l’Aquilon où le Diable est enchaîné. Guillaume Postel fait concorder ici ses interprétations cabalistiques du livre Bahir et des versets de Job et de Jérémie : « Or il est tout prouvé que comme l’Aquilon, à cause du siège de Satan, a procédé tout le mal du monde, aussi à cause de la divine intention dominatrice dudit Satan audit lieu plus qu’autre part, comme Job écrit : « De l’Aquilon s’apporte l’or. »

 

Postel fait encore écho aux celtisants néoplatoniciens qui attribuent aux Normands une origine extrême septentrionale, vers les confins de la scandinavie. En effet, généalogiquement et linguistiquement, les « Nordmans » sont issus des Danois, tribus hyperboréennes du « Danemarque » (aujourd’hui « Danemark »), Marches de la tribu de Dan, comme le spécifient les prophéties de Merlin, et que Guillaume Postel désigne dans sa cosmographie sous le terme de « Danemarkia. »

 

La tribu de Dan  est encore celle qui délimite le Septentrion de la Terre Sainte, région de l’Antéchrist occidental, et dont le peuple émigra vers l’Occident, conformément aux orientations messianiques du Christ mourant en croix. La Normandie, et plus particulièrement le Mont-Saint-Michel, deviennent l’orient absolu.

 

Le hameau natal de la Dolerie, consonnant avec « Dol », permet à notre « sérieux rêveur géographe » de dénouer une série d’associations polysémiques, qu’il relie aux confréries des Compagnons Tonneliers, tonneau diogénique – dans le sens : reconnaître Diogène dans le Christ et faire - subrepticement - du premier des Adages un adage diogénique; s'assimiler à Diogène roulant son tonneau pour illustrer la fabrique du Tiers Livre -  dont Rabelais entonnera le chant « vinifique», dans la mesure où la langue perd la mesure de sa grammaire et confond les autres langues dans un concert universel : c’est ainsi que la DOLerie devient, par la magie incantatoire du Verbe, la région de l’amère DOUleur et de la DOLoire qui aplanit le bois, frappe et polit la pierre tel Hiram, roi de Tyr, rabote et unifie la matière pour construire le temple de Salomon. La Dolerie est le lieu idéal pour façonner le tonneau, thème cher à Postel, lui qui convertissait la matière des mots et des choses à la matrice de son désir, et qui « visionnait » dans le nom de son disciple préféré, Guy le Fèvre de la Boderie, un FEVRE-FABER, le Charpentier. Ce dernier a par ailleurs également donné à la Normandie un nom araméen, Nourman-Iah, « feu du vaisseau de Dieu ». Petite anecdote : la famille de la Boderie possédait une maison dans la paroisse de Saint-Gervais, à Paris, place où l’orme des Compagnons du Devoir s’élevait au milieu du carrefour, orme que l’on dessine sur les vieilles cartes postales, orme qui orne toujours de ses branches, le point de départ et le point de ralliement des Compagnons du Tour de France.

 

L’orme fait partie des « remarques » de voyage des Compagnons, il est encore présent sur la seule carte qui reste de Guillaume Postel : posté aux confins des régions qu’il partage, l’orme divise les 4 provinces du Berry, Bourbonnais, Auvergne et Limousins. Considéré au XVIe siècle comme un signal frontalier, appelé « arbre de remarque » par les géographes. Il signale par son superbe isolement dans la marche limousine les marges de la Creuse qui, descendant vers la Vienne, traversent le port de Piles, littéralement « Porte-Bornes », les deux piliers qui marquaient autrefois les limites de la Touraine et du Poitou.

 

Remontant encore vers le nord-ouest, cette lisière frontalière traverse la région de Chinon, s’insinue entre Candes, lieu où mourut Saint martin, et Montsoreau, aux confluences de la Vienne et de la Loire, et nous amène ainsi au Gué de Vède, à l’arbre de Saint Martin, et à l’Arceau Gualeau de François Rabelais. Là, au premier chapitre de Gargantua, les vignerons découvrent la Généalogie Pantagruélique, « non en parchemin, non en cere, mais en escorce d’ulmeau. » 

 

Pourquoi donc cette insistance de la matière « ormique », c’est-à-dire « ulmique » (ulmus, en latin) de son parchemin, qui débite des origines de sa chronique ? Rappelant un endroit nommé Ormeau de Saint Martin près de Coudray, au sud de la Devinière (maison soi-disant natale de Rabelais), ou bien les Ormes-Saint-Martin en Poitou (substitut de l’ancien nom, Hommes-Saint-Martin, ce qui favorise le jeu entre « orme » et « homme », ou bien encore le champ des Ormeaux, orné d’un Palet de Gargantua, « ormeau » en tourangeau se disant « humiau » ; l’ «écorce d’ulmeau » évoque la généalogie des hommes « ulmiques », hommes tenaces, échappant aux noyades, sauvés des eaux diluviennes. Nous savons que les géants bibliques, fruit d’une bâtardise entre les « fils des Elohim » et les femmes terrestres, ne doivent leur subsistance, raconte la tradition orale, qu’à un des leurs qui chevauchait l’arche de Noé. Or l’orme est le bois le plus résistant et le plus étanche pour toutes les parties du bateau touchant l’eau, utilisé pour les outils des tonneaux, les charpentes, les joints de roues, vis de pressoir, arbres de roues de moulins, conduites d’eau. La matière du manuscrit généalogique atteste de ce prodige narré en filigrane de l’histoire biblique.

 

Les vertus de l’orme sont nombreuses, mais trois caractéristiques reviennent le plus souvent : la signalisation des frontières, plus spécifiquement des carrefours,la traversée protégée des frontières, plus particulièrement celles des eaux, et l’alliance avec la vigne. C’est l’arbre qui permet à Achille, dans l’Iliade, de bâtir un pont pour échapper aux deux fleuves conjurés, c’est encore lui qui reverdit spontanément, dans un des miracles de Saint Martin ou dans une histoire racontée par Pline. Lui encore, qui soigne les plaies…

 

Arbre de vie à la ténacité généreuse, à la capacité de reverdie spontanée, l’orme n’en garde pas moins une ambivalence due à son genre hermaphrodite, arbre hybride des monstres qui longera les Enfers, arbre stérile des lieux déserts ou les tombes avoisinent son tronc. Médiation diabolique, ajoute Bouchet, compagnon de Rabelais, à propos de l’arbre : Saint Hilaire déjoue le diable, avec sa mule effrayée qui laisse là la forme de son pied, sous un « hulmeau », comme lorsqu’elle s’inclina devant Saint Martin. Marques du pied de l’âne, ormes et creux de bois perpétuent le souvenir du miracle. Dans Merlin le prophète ou le livre du graal, deux ormes signalent la Forêt Périlleuse, en route vers le royaume de Logres. Au milieu du chemin, ces deux ormes isolés dans une immense plaine sont flanqués de deux trônes merveilleux, où deux joueurs de harpe jettent des sorts aux passants qui meurent sur place. Une nymphe ne se transformera-t-elle pas en orme, aux accents de la lyre d’Orphée ? « Ils chevauchèrent une partie de la matinée puis arrivèrent dans une belle et vaste plaine où ne poussaient en tout et pour tout que deux ormes d’une taille extraordinaire : les deux ormes étaient au milieu du chemin et entre deux se dressait une croix. Tout autour, il y avait bien une centaine de tombes ou plus encore et, à côté de la croix, on pouvait voir deux trônes magnifiques, dignes d’un empereur et protégés de la pluie par un arc d’ivoire. Sur chacun d’eux était assis un homme qui tenait une harpe et qui jouait quand il lui, plaisait. »

 

Arbre des morts, au goût duquel meurent les mouches à miel (Columelle) car, raconte Ovide, le tronc de l’arbre est plein de cette précieuse substance, l’orme profile encore son tronc noueux dans un tableau de Piero di Cosimo, à la croisée des chemins.

 

La place de l’orme à la fourche de la vie et de la mort, du bien et du mal, de la Vérité et du mensonge est capitale, plante intermédiaire, plante duelle, l’orme puise la force de son symbole comme arbre de la vie doublée des songes.

 

L’orme figure l’arbre du croisement, de l’hybride et c’est pourquoi il est l’arbre à la croisée du monde infernal et du monde terrestre, à la croisée du passé, du présent et du futur, et c’est pourquoi il rappelle le déluge traversé, qu’il signe un long trajet balisé de signes contradictoires, et c’est pourquoi encore son feuillage s’offre à la nidation des songes, voie de la vérité et du mensonge.

 

Arrivé à ce point du parcours, l’orme dilue le temps, il le désoriente, trace, signe frontalier, il efface les traces de l’espace, il veille éternellement à la croisée des temps, en attente permanente : est-ce la raison pour laquelle, en plaisantant, on dit à quelqu’un « attendez-moi sous l’orme », pour ainsi dire que l’on ne viendra pas au rendez-vous et que dupé, l’autre « peut toujours attendre » ?...

 

Plante hypnotique du Dieu qui naît en son tronc, l’orme marque le carrefour des Enfers, borne du monde, borne du temps, borne des hommes, au-delà de laquelle n’est plus qu’une ombre « olmée », le temps lui-même s’étant retourné, à cette frontière spéculaire.

 

Ainsi l’atteste Pline, au livre XVI de son Histoire Naturelle : « L’orme, le tilleul, l’olivier, le peuplier blanc et le saule ont une particularité merveilleuse : leurs feuilles se retournent après le solstice et aucun autre signe n’indique  avec plus de certitude que l’astre est passé. »

 

 

Source : Dans les Pas de l’orme – Petit essai sur les mythologie de la marche – Christine Escarmant 

 

La coutume en Normandie (Calvados, Manche, Eure) était de donner un matronyme (prénoms féminins devenus noms de famille)de la fille mère ayant 'fauté' à son enfant naturel. Les curés du Calvados au 17ème siècle le faisaient assez systématiquement.

Les deux matronymes les plus fréquents en Calvados et Manche sont Marie et Jeanne, les noms les plus répandus dans ces 2 départements (avec Hébert pour le 50), ensuite nous trouvons Anne, Catherine, etc.

Certains matronymes n'en ont pas l'apparence a priori. Ainsi un nom de famille répandu en Normandie: Ozanne (et Ozenne) a été un nom féminin au Moyen Age. L'Ozanne est l'ancien nom de la fête catholique des Rameaux qui célèbre l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem en l'honneur de qui on agitait des rameaux d'olivier et de palmier (ou de laurier en France. L'Eglise chantait des Hosannah à cette fête, d'où son nom d'Ozanne passé en nom féminin puis en matronyme. Voir notre généalogie et nos ancêtres Ozanne : http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil&lang=fr;m=N;v=ozanne

Voir aussi en complément, nos études patronymiques dans le dossier "onomastique" :

 

Historique

Durant la seconde moitié du IXe siècle, les armées danoises débarquent en Angleterre et s'empare un à un des royaumes anglo-saxons (de 865 à 879). Leur aire d'occupation forme le Danelaw qui s'étendait depuis le Nord de la Tamise (Essex-Suffolk) jusqu'au Yorkshire-Durham. Mais au début du Xe siècle, les Anglo-Saxons reconquièrent le Danelaw, et nombre de Vikings reprennent la mer. Ce sont ces Danois venus d'Angleterre qui après des raids successifs s'établissent majoritairement en Neustrie, sur les territoires concédés en fief sur les rives de la Basse-Seine par le roi Charles le Chauve au chef viking Rollon, à la suite de l'accord verbal conclu à Saint-Clair-sur-Epte en 911. Rollon est alors fait comte (jarl, cf. l'anglais earl) de Rouen (Rudaborg) ; ce n'est que vers 1006 que sera utilisé le titre de duc. Et de tous les établissements plus ou moins éphémères que les Vikings ont installés sur le pourtour maritime de l'Europe, un seul a été promis à une surprenante évolution historique : la Normandie. De ses terres en effet sont partis les hommes compagnons de Guillaume le Conquérant qui ont conquis l'Angleterre, pendant que d'autres, à la même époque, à la suite des fils de Tancrède de Hauteville, étaient à l'origine du royaume de Sicile et de la principauté d'Antioche.

Survivances de l'empreinte norroise(*) dans les noms de lieux normands

(*) Norrois n.m. (angl. north, nord). Langue germanique parlée par les anciens peuples de la scandinavie, et qui est l'ancêtre des langues scandinaves actuelles.

Sur les cartes représentant la Normandie, l'implantation des Vikings paraît recouvrir strictement la zone maritime et un peu l'intérieur des terres (voir carte n°1) ; elle s'avère faible, car basée sur le relevé des noms de communes et d'anciennes paroisses, ce qui limite la portée de la prospection.

L'absence, dans notre région, de vestiges archéologiques et scripturaires témoignant de l'implantation des Viking rend précieux l'apport de l'onomastique (*).

(*) onomastique n.f. (du grec onoma, nom). LINGUISTIQUE Branche de la lexicologie qui étudie l'origine des noms propres.

De l'invasion scandinave - via l'Angleterre - survivent nombre de traces dans l'ensemble des noms normands et celles-ci donnent à la Normandie une physionomie qui lui est propre. Avec eux les conquérants ont apporté un fort contingent de termes issus du vieux danois, alors très proche du vieux norrois parlé par les Norvégiens.

 

dérivés de mots de vieux norrois décrivant des caractéristiques du paysage

 

Racine  norroise

Signification

Exemple en Scandinavie

Exemple en Angleterre

Exemple en Normandie

apal

 

 

 

pommier

 

 

 

Aebeltoft (Danemark)

 

 

 

Appleby (Cumbria)

 

 

 

Aptot (Eure)

 

 

 

bekkr

 

 

 

ruisseau

 

 

 

Kalbaek (Danemark)

 

 

 

Caldbeck (Cumbria)

 

 

 

Caudebec (Seine-Mar.)

 

 

 

breiðr

 

 

 

large

 

 

 

Breiðhatóftir (Islande)

 

 

 

Braithwaite (Cumbria)

 

 

 

Brestot (Eure)

 

 

 

brekka

 

 

 

pente

 

 

 

Laugarbrekka (Islande)

 

 

 

Breck (Lancs)

 

 

 

Bricquebec (Manche)

 

 

 

búð

 

 

 

abris

 

 

 

Búðir (Islande)

 

 

 

Boothby (Cumbria, Lincs)

 

 

 

Elbeuf (Seine-Mar.)

 

 

 

dalr

vallée

Ravndal (Norvège)

Dalby (North Yorkshire) et le fleuve Dales traversant Yks, Derbyshire, Lancs, Cumbria, etc.

Randal (Manche)

djúpr

profond

Djúpidalur (Islande)

Deepdale (Cumbria)

Dieppedale (Seine-Mar.)

eski

frêne

Essetofte (Danemark)

Eastoft (Lincs)

Ectot (Calvados, Manche)

fúll

nauséabond

Fulby (Danemark)

Fulbeck (Lincs)

Foulbec (Eure)

garðr

jardin ou herbage proche d'une ferme

Aeblegården

 

 

 

Applegarth (Yks)

 

 

 

Epegard (Eure)

gata

chemin, rue, passage

Hulgade (Danemark)

 

 

 

Holdgate (Lincs)

 

 

 

Houlgate (Calvados)

 

 

 

haugr

 

 

 

tertre, colline

 

 

 

Højtoft (Danemark)

 

 

 

Hotoft (? Danelaw)

 

 

 

Hottot (Calvados)

 

 

 

holm

 

 

 

îlot; ère sèche dans une zone marécageuse 

 

 

 

Innrihólmur (Islande)

Axeholme (Lincs)

Robehomme (Calvados)

holr

trou ou endroit encaissé

Holbaek (Danemark)

 

 

 

Holbeck (West Yks, North Yks)

 

 

 

Houlbec (Manche, Eure)

hús

maison

Stenhus (Danemark)

Loftus (Cleveland)

Étainhus (Seine-Mar.)

kaldr

froid

Kallekot (Norvège)

Caldbeck (Cumbria)

Caudecotte (Seine-Mar.)

kirkja

église

 

 

 

Kirkeby (Danemark)

 

 

 

Kirkby (West Yks)

 

 

 

Carquebut (Manche)

 

 

 

klif

 

 

 

falaise

 

 

 

Klibo (Danemark)

 

 

 

Cleethorpes (Lincs)

 

 

 

Clitourps (Manche)

 

 

 

langr

 

 

 

long

 

 

 

Langatóftir (Islande)

 

 

 

Langtoft (Lincs)

Lanquetot (Seine-Mar.)

lundr

bois

Lund (Suède)

Lund (Yks)

La Londe (Eure)

mikill

 

 

 

grand

 

 

 

 

 

 

Micklethwaite (West Yks)

 

 

 

Miquetuit (Seine-Mar.)

ness

cap, pointe de terre

Akranes (Islande)

Kettleness (Yks)

Nez de Jobourg (Manche)

sand

sable

Sandvik (Islande)

Sandtoft (Lincs)

Sanvic (Seine-Mar.)

steinn

pierre

Voici ce qu'en dit Jean GALLET dans son excellent ouvrage "La Seigneurie Bretonne (1450-1680)"

 

Le "partage noble" avait une importance particulière en Bretagne; il servait de preuve de noblesse.

Ses modalités en sont bien connues pour le XVIIIe siècle, elles différaient au XVe siècle.

 

Le droit était alors fixé par le Texte de la Très Ancienne Coutume, qui reprenait sans les modifier, les dispositions de l'Assise du Comte Geffroy, du XIIe siècle (1185), ainsi que les décisions de 1205 et de 1301.

 

L'originalité du droit de l'époque tenait aux faveurs particulièrement importantes accordées à l'aîné, dans les familles qui partageaient selon l'Assise. D'après les dispositions de celle-ci, l'héritier principal recevait la totalité de la succession des parents. Le père ne pouvait démembrer son fief. Les puisnés ou "juveigneurs", n'avaient aucun droit et devaient s'en remettre à la générosité de l'héritier principal. De son côté, cet héritier avait des devoirs vis à vis de ses juveigneurs : il devait les entretenir et leur permettre de vivre selon leur qualité, notamment de conclure un mariage honorable.

 

Pour partager ses juveigneurs, l'aîné pouvait leur accorder des sommes d'argent et des rentes viagères, ce qui n'amputait pas le patrimoine territorial.

 

L'aîné pouvait aussi amputer ce patrimoine, c'est-à-dire qu'il pouvait donner des terres en propriété à ses juveigneurs. Dans ce cas, il avait deux possibilités. Ou bien il faisait une donation pure et simple à son cadet et à ses héritiers. Ou bien, et c'est ce qui s'appelait proprement dit la juveignerie, il concédait une terre à son juveigneur en le recevant à ma foi et à l'hommage; le juveigneur devenait ainsi l'homme de l'aîné; il tenait sa terre en juveignerie ou en "ligeance"; la terre tenue en juveignerie se disait en parage et ramage : en parage parce que l'aîné et le cadet avaient le même seigneur supérieur; en ramage parce que les deux appartenaient à la même

famille; lorsque la terre sortait de la famille, elle restait toujours tenue en juveignerie mais en juveignerie simple, sans ramage. La concession de terre en juveignerie créait donc des relations féodales particulières.

Les noms furent d’abord individuels : Adam, Moïse, Abraham, Jacob, ..., par exemple. La plupart des noms de famille en France ne datent que du 12e siècle.

Le surnom le plus simple, le plus naturel, celui que l’on retrouve chez presque tous les peuples, se forme en joignant au nom du fils celui du père : ainsi d’André, de Pierre, de Jean qui sont devenus en France des noms de famille. Parfois, le nom de la mère ou d’un parent plus illustre que le père ont aussi produit des surnoms.
La seigneurie qui a tiré son nom du propriétaire devient souvent un titre de noblesse que celui-ci, ou du moins son successeur, ajoute à son nom.

Les actions, les aventures et les qualités personnelles ont aussi enfanté un grand nombre de noms. Tous les sentiments qui naissent des rapports des hommes entre eux ont également participé à l’invention des noms.
Voici une liste très incomplète des différentes sources de noms de famille de familles québécoises. Ces sources peuvent se diviser en 13 catégories principales.


1. Métiers et professions de l’industrie;
Barbier, Berger, Boucher, Boulanger, Carpentier, Charbonnier, Charron, Cloutier, Cuillerier, Fournel, Fournier, Lefebvre, Marchand, Mercier, Messier, Métivier, Meunier, Pelletier, Potier, Saucier, Tavernier, ...

2. Titre honorifique, fonction publique ou domestique;
Abbé, Archevesque, Baron, Bourgeois, Leclerc, Lecomte, L’Écuyer, L’Évêque, Marquis, Prévost, Prince, Prud’homme, Sénéchal, Terrien, ...

3. Endroit où on avait sa demeure, agriculture;
Beauchamp, Beaulieu, Bois, Boulay, Carrière, Cormier, Couture, Desaulniers, Desnoyers, Desrosiers, Duchesne, Dupré, Dupuis, Hamel, Lafleur, Laforest, Laframboise, Lalande, Larivière, Laroche, Latour, Latulipe, Laurier, Lavallée, Lavigne, Laviolette, Plante, Poirier, Tremblay, ...

4. Qualités personnelles, physiques, intellectuelles, morales, habitudes;
Courtemanche, Courtois, Cousineau, Doucet, Généreux, Hardy, Joly, Labelle, Lamy, Lebeau, Leblanc, Leblond, Lebrun, Lecourt, Ledoux, Lefort, Legendre, Legrand, Legris, Legros, Lejeune, Lemieux, Lesage, Lesourd, Letendre, Léveillé, Malenfant, Petit, Rousseau, Tardif, ...

5. Aventures ou accidents;
Cassegrain, Latonne, Pellerin, Taillefer, ...

6. Pays, provinces, villes ou villages d’origine;
Beauvais, Bourbonnais, Bourguignon, Breton, Clermont, Comtois, Gascon, Lafrance, Limoges, Manseau, Normand, Picard, Potvin, Saintonge, Talbot, ...

7. Latin, grec ou hébreu;
Alphonse, André, Bastien, Bernard, Constant, David, Georges, Gervais, Jacques, Jean, Julien, Laurent, Maheu, Martin, Maurice, Michel, Sylvestre, Paulus, ...

8. Noms saxons, celtes ou scandinaves;
Alain, Alary, Archambault, Aubry, Audet, Auger, Beaudoin, Beaudry, Bernier, Berthiaume, Bertrand, Bouchard, Durand, Foucher, Foucault, Gaboury, Gagnon, Garnier, Gauthier, Gervais, Hamel, Hamelin, Harel, Hébert, Héroux, Homier, Houde, Huneau, Lambert, Landry, Léger, Malo, Marcoux, Ménard, Pépin, Renaud, Richard, Roberge, Séguin, Tanguay, Théberge, Thibault, Trudeau, ...

9. Oiseaux et animaux;
Chabot, Colombe, Lacaille, Leboeuf, Lecoq, Leloup, Lescarbeau, Létourneau, Lelièvre, Loriot, Papillon, Pinson, Poulet, Poulin, Rossignol, ...

10. Noms de terre, noms tirés de noms d’hommes;
De la Bissonnière, de la Durantaye, de la Gauchetière, de la Naudière, de la Poterie, de la Valtrie, ...

11. Sobriquets (souvent donnés par les marins et les soldats entre eux);
Belhumeur, Brind’amour, Jolicoeur, Lachapelle, Ladébauche, Ladéroute, Laflamme, Lafranchise, Lajeunesse, Lajoie, Lalancette, Lalime, Lapalme, Laramée, Larose, Laterreur, Léveillé, Sanschagrin, Tranchemontagne, Vadeboncoeur, ...

12. Noms français traduits en anglais;
Deschamps devient Fields, Charbonneau, Coleman, Boulanger, Baker, Dubois, Wood, Leblanc, White, Lebrun, Brown, Lagacé, Legacy, ...

13. Noms étrangers;
Dassilva, Chouinard, Lopez, Spénard, ...


Réf: C. Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, Vol.1.