NOTRE BUT

Passionné de génealogie et d'histoire, je souhaite partager mes recherches. Ce blog est le prolongement de l'arbre généalogique de la famille GOUPIL - PERIER avec comme de-cujus mes enfants :

http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil.

 

La pratique de la généalogie évolue : faire des arbres avec des noms et des dates reste assez limité ; en tant que généalogiste, je suis également curieux de notre histoire familiale. Pour donner une image, le corps humain est composé d'un squelette, mais aussi d'organes et de chair. En généalogie, c'est la même chose. Il est important de faire des recherches en vue de comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres : quel métier exerce-t'il, pourquoi untel a migré dans une autre région, etc. 

 

Ce blog a pour but de publier simplement des articles sur des thèmes de recherches (généalogie, histoire), partager des dossiers, de façon à les rendre consultables par des internautes (généalogistes, historiens, amateurs ou professionnels). Vous avez la possibilité de les commenter.

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"On peut reconnaître assez facilement l'histoire officielle d'un pays, la liste des rois, de ses ministres, de ses guerres, de ses traités, et cependant la véritable histoire n'est pas là, c'est dans les masses profondes des travailleurs de tout ordre que réside la vie réelle de la Nation" - Edouard Herriot (1er mai 1909).  

 

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- Généalogie de L'Europe - ATLAS DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - Sous la direction de Pierre Lamaison - conseiller historique Pierre Vidal-Naquet, Hachette Livre, 1994 :

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle.


 - Physiologos Le bestiaire des bestiaires, traduit du grec, éd. Jérôme Millon : voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-991736.html


Je vous conseille de lire le livre de Jean-Louis Brunaux : "Les gaulois" - collection "Guide Belles Lettres de Civilisations" publiés aux Editions Les Belles Lettres (2005)... suite - voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1275187.html

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GENEALOGIE : Métiers de nos ancêtres

 Nous avons parmi nos ancêtres un  ESCOUCHEUR ou écoucheur.


L
'écouchoir,
c'est l'outil  de bois pour écoucher. 

Mais un écoucheur ou escoucheur ou encore un teilleur est un ouvrier qui frappe le lin avec un écouchoir "Frapper la filasse de chanvre ou de lin, pour en détacher les parties ligneuses."

Source : 

par Lalie publié dans : Métiers

 

C'est un Batteur de lin ou de chanvre pour en sortir les fibres, voir Teilleur.

Un teilleur est  un ouvrier qui romp les brins de chanvre et sépare les chenevotes de l'écorce qui se doit filer.

Source : 

Copyright © : D.Chatry 1997

 

En complément de l'article déjà publié "les Coplo, cordiers de père en fils", voici les commentaires de Jean-Baptiste Le Halper :

"L'édit de louis XIV blanchit les cacous, en 1683. C'est à partir de cette époque que les cacous furent admis au fond de l'église et debout pour assister à la messe. Les cacous avaient leur propre chapelle. Ils ont aussi le droit d'enterrer les morts dans le cimetière paroissial. Malheureusement ceux-ci étaient déterrés pendant la nuit et ramenés à l'entrée de leur village. Encore au début du XXème siècle des parents demandaient à leurs enfants de ne pas sassoir sur la même table que les enfants de cacous et, de ne pas s'amuser avec eux en récréation. Suite à l'édit royal, il était même demandé a des cordiers le solde de leur rachat (Faouet). Ceux- ci ont fait l 'objet d'un recours. Les villages se sont manisfestés à cette époque contre cet édit. La milice est intervenu dans plusieurs cas et même l'armée. Au milieu de XIVème siècle des juifs s'étaient refugiés chez ces caqueux, pour ne pas subir les contraintes de cette époque. Nous avons aussi des jeunes filles qui allaient accouchés afin de mettre des enfants au monde dans de bonne condition. Il ne faut pas oublier que ces dits lépreux étaient très organisés. Ils avaient leurs sages femmes, leurs guérisseurs, leur propre justice.". 

Vous pouvez consulter en complément  le site Imago Mundi et l'article "les cagots"

  • signature-Jacques-BEAUCOUSIN.jpg J
    acques BEAUCOUSIN (notre soza n° 742 génération 10 – branche Van Glabecke) voit le jour le mardi 10 septembre 1715 à Amfreville-la-Mi-Voie (76005). Il est le fils légitime de Jacques BEAUCOUSIN, âgé de 34 ans environ et de Madeleine SAILLANT, âgée de 27 ans.
      

  • A sa naissance, il a pour frères et soeurs : Pierre (né en 1708), Marguerite (née en 1710), Marie Anne (née en 1712), Madeleine (née en 1714). Jacques sera maitre panetier.jpg pannetier (*).

     



  • Il s'unit avec :Marie Marguerite LE RAT, la fille légitime d'Abraham LE RAT et de Marguerite GAMBLIN. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le mardi 2 août 1746 à Amfreville-la-Mi-Voie (76005).
     

    Son père Jacques meurt le 21 avril 1751, Jacques est âgé de 35 ans.

     

  • Il s'unit avec Anne Thérèse MONNOIS, la fille légitime d'Adrien MONNOIS et d'Anne LEMOINE. Ce couple aura six enfants : - Marie Magdeleine née en 1755. - Henriette Perpetue née en 1757. - Jean Jacques Nicolas né en 1759. - Anne Thérèse née en 1761. (soza n°371 – génération 9) - Marie Henriette Scholastique née en 1765. - Jacques Romain né en 1768. Ils se marient le jeudi 21 février 1754 à ? Amfreville-la-Mi-Voie (76005). Le 31 mars 1755 naît sa fille Marie. Jacques est âgé de 39 ans. Le 14 octobre 1757 naît sa fille Henriette. Jacques est âgé de 42 ans. Le 22 juin 1759 naît son fils Jean. Jacques est âgé de 43 ans. Le 19 avril 1761 naît sa fille Anne. Jacques est âgé de 45 ans. Le 1 avril 1765 naît sa fille Marie. Jacques est âgé de 49 ans. Le 19 janvier 1768 naît son fils Jacques. Jacques est âgé de 52 ans. Sa mère Madeleine meurt le 19 mai 1772, Jacques est âgé de 56 ans. Le 24 octobre 1780 sa fille Henriette meurt, Jacques est âgé de 65 ans. Le 18 octobre 1783 son épouse Anne meurt, Jacques est âgé de 68 ans.

     

  • Il s'unit avec Catherine GAILLARD, la fille légitime de parents non connus. Il n'y a pas d'enfants connus pour ce couple. Ils se marient le mardi 23 novembre 1784 à Amfreville-la-Mi-Voie (76005). Sont présents : Lambert Joseph GIBON (Témoin), Jean Robert BEAUCOUSIN (Témoin), Jean Jacques Nicolas BEAUCOUSIN (Témoin), Jacques Romain BEAUCOUSIN (Témoin). Jacques BEAUCOUSIN est décédé le samedi 10 mars 1798, à l'âge de 82 ans, à ? Amfreville-la-Mi-Voie (76005). (20 ventose an VI).


Il a donc exercé la profession de maître pannetier (panetier).


Une étude éthymologique nous incite à penser que le mot panetier (ou également dans les archives « talmelier » est issu du verbe paneter , faire du pain. Au départ, les panetiers n'étaient pas propriétaires de leur four. Ils devaient cuire le pain dans le four banal, propriété du seigneur laïc ou ecclésiastique. C'est seulement vers 1300, qu'ils obtiennent l'autorisation de posséder leurs propres fours.


Il existait diverses catégories de boulanger (ce terme en référence aux petites boules confectionnées), n'apparaît qu'à la fin du 12e siècle. Ceux demeurant sur le territoire royal étaient appelés maîtres et « haubaniers ». Ils pouvaient exercer leur profession à condition d'acheter au Roi la maîtrise et de payer le hauban, d'où le nom de haubanier. Cet impôt était payé le 11 novembre, jour de la Saint Martin.

L'autre catégorie de boulangers, c'est-à-dire ceux vivant sur les territoires signeuriales, était exempte du hauban mais était soumise au « tonlieu » ou impôt à la vente payable chaque semaine. La « coutume », un autre impôt, était cependant acquittée par l'ensemble de la profession. On la réglait en trois fois : à Noël, à Pâques et à la Saint Jean. Le maître panetier, qui souhaitait quitter les terres du Roi, perdait par la même occasion sa maîtrise. La notion de territorialité était donc très forte à l'époque.

Avant de se présenter à la maîtrise, le jeune boulanger devait avoir effectué au moins cinq ans d'apprentissage en tant que mitron. Ensuite le compagnon boulanger faisait un stage de quatre ans. Une fois par an, les gens de métier se réunissaient pour la réception de nouveaux maîtres dans la communauté.

En complément :

Selon le Dictionnaire Universel Furetière, Antoine 1695 :

Panetier : Officier qui a soin du pain. « Le Grand Panetier de France étoit celuy qui avoit la police du pain & la juridiction sur tous les Boulangers & Meuniers de France. Aujourd'huy il y a plusieurs petits offices de Panetiers chez le Roy, qui ont soin de faire la provision & la distribution du pain aux Officiers. Le Grands Panetier étoit autre fois un des Officiers de la Maison du Roy qui recevoit les Maistres Boulangers, qui avoit sur eux droit de visite & de confiscations ; ce qui a été retabli depuis peu d'années, y ayant maintenant une Chambre & Juridiction dans l'enclos du Palais, qu'on appelle la Paneterie.

Selon le Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition (1694) :

Maistre, Se dit encore, de celuy qui ayant esté apprentif, est receu avec les formes ordinaires dans quelque Corps de mestier. Maistre Cordonnier. maistre Tailleur. maistre Maçon. maistre Charron. il n'est pas maistre. il est passé maistre. les apprentifs ne sont pas maistres. il est fils de maistre.
On dit prov. Qui a compagnon a maistre.

Le Dictionnaire de la langue française le Littré, du nom de son principal auteur Émile Littré, est un dictionnaire de langue française et voici ce qu'il relate :

L'ancien verbe paneter, faire le pain, du latin panis, pain ; provenç. Paneter, panetier ;

Maître : qualification donnée à des artisans qui emploient ou dirigent différents ouvriers, qui ont des ateliers, etc...

 

Vous pouvez consulter d'autres articles consacrés aux "métiers de nos ancêtres" comme :

- Aimé OZANNE, ouvrier aux mines de Littry (14)

- MORICET, père et fils, meunier à Percy (50)

- Michel LABARBE, vannier à Remilly sur Lozon (50)

- LES COPLO, cordier de père en fils dans le Cambrésis (59 et 62)

- FONTAINE Louis, marchand de bestiaux à Pleslin (22)

- MONGREDIEN Jacques, marneron

- Les FABRICANTS DE ROUENNERIE

- MESNIL Louis Casimir, sonneur journalier en l'église d'Amfreville la Campagne (27)

- Marie Rose GARNIER, carapaçonnière à St Sylvain (14)

 

Pierre SAVARY voit le jour avant 1767.
Il est le fils légitime de parents non connus.

Pierre SAVARY est en vie le 1 novembre 1787, il a 20 ans au moins.

Pierre SAVARY est en vie le 8 septembre 1791, il a 24 ans au moins.

Les autres informations connues sont :
- Branche : Ozanne

Il est le parrain de :

Jeanne MARIE qui est née le jeudi 8 septembre 1791 à Saint-Ébremond-de-Bonfossé (50465).
Elle est la fille légitime de Louis MARIE, journalier, âgé de 15 ans environ et de Marie DOUBLET, fileuse, âgée de 15 ans au moins.
Sont présents : Pierre SAVARY (Parrain) grand mère, Magdeleine PERRON (Marraine) grand mère.
00243 MARIE Jeanne AB 1791 - mairie de st ebremont - acte de baptême - (Photocopie) (source 1).
 
Les autres informations connues sont :
- Branche : Ozanne

Texte des sources

acte de baptême de Jeanne Marie

Aujourd'huy neuf è jour de septembre mil sept cent
quatre vingt onze, par nous curé de St Ebremond de
Bonfossé soussigné a été baptisée une fille née
d'hier, laquelle nous a été présentée par Magdelaine
Perron femme de Jean Baptiste Doublet de la parroisse
de Cerisy la salle, laquelle nous a déclaré l'enfant
être sorti des oeuvres de Marie Doublet sa fille demeu-
rant en qualité de servante chez Sr Delahaye
laboureur de cette parroisse et ledit enfant a été
nommé Jeanne Marie par Pierre Savary custos
de cette parroisse assisté de la Sre Magdeleine Perron
parrain et marraine tous deux avec les temoins

 

 

 

Pierre SAVARY était donc CUSTOS en l'église de Saint-Ébremond-de-Bonfossé (50465).

 

Autour du curé pouvaient graviter de nombreux assistants comme :

 

-         le vicaire qui était le plus proche des collaborateurs de l’homme d’église. Il le secondait dans la célébration du culte et l’administration des sacrements.

-         Le diacre, après avoir été sous-diacre, était habilité à baptiser, marier, prêcher lors des eucharisties et distribuer la communion.

Ces deux métiers faisaient parti de la hiérarchie des hommes d’église (par ordre décroissant dans la hiérarchie).

 

 

 

 

Les bedeaux (ou custos) qui étaient des hommes estimés dans leur paroisse et garant de la sécurité de l’église.

 

Leur mission « de police » leur valait parfois le nom de « sergent d’église », pour empreinter un langage militaire. Dans le même esprit, le vicaire se faisait appeler « lieutenant » et le curé « capitaine ».

 

Ce « chasse Dieu » (chasseur au service de Dieu) pouvait prendre parfois son rôle trop au sérieux et en jouer pour imposer, notamment vis-à-vis des enfants de chœur et de la chaisière.

 

C’était de toute manière une profession respectable et estimée.

 

 

Vous pouvez consulter d'autres articles consacrés aux "métiers de nos ancêtres" comme :

- Aimé OZANNE, ouvrier aux mines de Littry (14)

- MORICET, père et fils, meunier à Percy (50)

- Michel LABARBE, vannier à Remilly sur Lozon (50)

- LES COPLO, cordier de père en fils dans le Cambrésis (59 et 62)

- FONTAINE Louis, marchand de bestiaux à Pleslin (22)

- MONGREDIEN Jacques, marneron

- Les FABRICANTS DE ROUENNERIE

- MESNIL Louis Casimir, sonneur journalier en l'église d'Amfreville la Campagne (27)

- Marie Rose GARNIER, carapaçonnière à St Sylvain (14)

 

  

Parmi les autres professions gravitant autour du curé (exercées par des civils), il y avait les marguilliers (ou fabriciens) qui assuraient la gestion des revenus de la paroisse, et…

Dans le vocabulaire latin :

Il se disait autrefois, dans les Universités, de Certains officiers subalternes chargés de fonctions à peu près semblables. Le premier bedeau de l'université. Aujourd'hui on emploie, dans le même sens, le terme d'Appariteur.

 

CUSTOS, ODIS, m. gardien. En fait, cela signifie le gardien de l’église donc le bedeau.

BEDEAU. s. m. Bas officier d'une église, portant verge ou masse: il a pour fonction principale de marcher devant les ecclésiastiques, devant les quêteurs, etc., et de leur faire faire place. Un bedeau de Saint-Eustache. Le bedeau marche en tête des processions.

Suivant la définition du :

 

 

BEDEAU. s. m. (Page 1:177)

Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

soussigné

magdelaine Perron
P Savary
Ph Savary
Delahaye
J Guesnon
 

Marie Rose GARNIER (branche Coplo - rameau Renart - notre sosa 173 Génération n°8) est née le dimanche 14 mai 1809 à ? Saint-Martin-des-Bois (14659).
Elle est la fille de François Denis GARNIER et de Marie Madelaine DUBOURG, dévideuse de fil, âgée de 28 ans.

Elle s'unit avec François Prosper HERVIEU, couvreur, le fils de François Nicolas HERVIEU et de Marie Jeanne FRONTIN.
Ce couple aura un enfant :
- Denis Auguste né en 1831.

Ils se marient le vendredi 26 février 1830 à ? Saint-Sylvain (14659).

Marie GARNIER est en vie le 15 août 1831, elle a 22 ans.

Le 15 août 1831 naît son fils Denis. Marie est âgée de 22 ans.

Son père François meurt le 19 décembre 1845, Marie est âgée de 36 ans.

Sa mère Marie meurt le 24 août 1865, Marie est âgée de 56 ans.

Marie R. GARNIER est décédée le lundi 27 août 1877, à l'âge de 68 ans, à Saint-Sylvain (14659).
00173 GARNIER Marie dc 1977 - AD 14 - acte de deces - (Numérisation).

 

Marie sera caparaçonnière.

Ce métier « caparaçonnier (ère) » était pratiqué depuis le Moyen Age (XVe siècle)

 

La caparaçonnière est une fabricante de caparaçons,

 

Le CAPARAÇON, au XVe siècle, caparasson, emprunté de l’espagnol caparazon, est une riche couverture d’étoffe pour le cheval qui couvre le poitrail et le dos de l’animal. Les chevaliers déployaient un grand luxe dans le caparaçon, il était armorié, accompagné de fourrures, bordé de franges et de crépines. On retendait sur les bardes du destrier, sur l’armure du cheval de bataille, etc.

Dans la « Vies des grand capitaines français du moyen âge » - Éditeur: J. Lecoffre – Auteur : Alexandre Mazas (1845) – page 253, … les feudataires mettaient beaucoup de soin à caparaçonner leurs chevaux, c’est là qu’ils déployaient toute leur magnificence…

 

A la Renaissance, la recherche esthétique prend le pas sur l'utilité et l'on voit naître de somptueuses pièces gravées, damasquinées d'or, niellées. Elles ne sont pas conçues pour la guerre, seulement pour les joutes des tournois ou comme pièces de collection (voir en exemple la photographie de la plaque de caparaçon du cheval d'Henri II).

Au XIXe siècle, le caparaçon est une toile destinée à protéger les chevaux des intempéries ou des insectes, dont on couvrait les chevaux de course et, dans une moindre mesure, de trait. (Source : « les métiers de nos ancêtres, D. Chatry).

Vous pouvez également consulter d'autres articles consacrés aux métiers exercés par nos ancêtres comme par exemple :

Fabrique et fabricien

MESNIL Louis Casimir, sonneur journalier

Les fabricants de rouennerie

MONGREDIEN Jacques - marneron

et d'autres encore dans le pavé de droite "catégorie : GENEALOGIE : les métiers de nos ancêtres" 

Nous avons dans notre généalogie un ancêtre qui a été fabricien VAULTIER Barthélémy, sieur de Vaux à Remilly sur Lozon - 50, Manche - (voir l'article qui avait été publié : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-225791.html).

Depuis le XIIIe siècle, les laïcs étaient autorisés de participer à la gestion des biens ecclésiastiques. En 1676, Vaultier Barthélémy est appelé avec d'autres notables pour l'examen des comptes de la paroisse. En 1695, il était trésorier de la fabrique qui était un organisme composé de fabriciens; Cette institution avait pour but de gérer le temporel de la paroisse (biens, revenus, fondations, ...).  

C'est dans les paroisses la même chose que le marguillier. Voir l'encyclopédie Diderot et d'Alembert pour l'éthymologie des mots : fabricien, fabrique et marguillier :

- http://perso.wanadoo.fr/pierre.collenot/Issards_fr/outils/encycl_02.htm#f

- http://perso.wanadoo.fr/pierre.collenot/Issards_fr/outils/encycl_03.htm#m

Je vous conseille d'aller visiter le site suivant : http://www.gaudium-et-spes.net/droit/fabrique.html

Il a été créé par l'abbé Marcoux qui nous guide dans la compréhension des évolutions des fabriques et le cadre de vie que constituait la paroisse d'autrefois.

Voir également les articles publiés dans la catégorie "Les métiers de nos ancêtres" :

- Le sonneur : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-367470.html

- Les fabricants de rouennerie : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-359540.html

- Le vannier : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-271549.html

- Les fabricants dans le textile : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-271512.html

- Les cordiers : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-242511.html

- Le marchand de bestiaux : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-228866.html

- Le marneron : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-225802.html

- L'ouvrier aux mines : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-222490.html

- Les meuniers : http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-216593.html

U

n de nos ancêtres (branche Goupil), MESNIL Louis Casimir (1814-1888), exerçaient en l’église d’  Amfreville la Campagne (27) le métier de sonneur journalier. Clocheux, sonneur, carillonneur, sacriste… Autant de terme qui nous ramène dans les campagnes d’autrefois et servent à désigner le SONNEUR  DE CLOCHES .

 

Malgré la révolution qui ordonne que les clochers des églises (décret du 3 ventôse an III – 21 février 1795) soient rasés, les cloches continuent de carillonner.

Finalement, la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) – promulgation des organiques du Concordat – autorise officiellement les sonneries de cloches : Dorénavant, celles-ci doivent être réglées par l’évêque en concertation avec le préfet. En dehors de celles fixées, aucune sonnerie ne pourra avoir lieu sans autorisation de la police locale.

Les sonneries locales vont ponctuer la vie de nos aïeux. Croyants ou non organisent leur journée en fonction de trois angélus quotidiens :

Notre clocheux Louis MESNIL donne le départ de la journée, dans les champs ; le charretier ne détèle pas avant celui de midi ; on ne rentre « à la soupe », qu’après celui du soir… Le tocsin assemble les habitants d’Amfreville la Campagne sur la place du village. Tous règlent montre et horloges sur les sonneries du clocher. Que le temps soient au cléricalisme ou à l’anticléricalisme, notre sonneur se trouve souvent pris entre deux feux et doit user de diplomatie.

Mais notre ancêtre ne passait pas sa vie à carillonner, ce travail était certainement complémentaire à une activité agricole.   

 

Bien que situées dans les clochers, les cloches demeurent propriété de la commune. Entretien quotidien ou exceptionnel (chaque demi-siècle, une cloche de volée doit être virée d’un quart de tour, afin d’empêcher que le battant ne la détériore en un seul point et ne finisse par l’ébrécher), restauration, remplacements, sont souvent prétexte à chicanes et tracasseries administratives.

 

Les types de sonneries

 

1 : (Angélus) Les jours de travail, le matin, à midi et le soir, la cloche sera tintée trois coups, à trois distances égales : on la sonnera à la volée, ou on la tintera pendant cinq minutes. Cette sonnerie aura lieu avec la plus petite des cloches. Les angélus des fêtes majeures, et du soir des veilles des fêtes, pourront  être sonnés avec toutes les cloches.

2 : Les messes basses seront annoncées par le tintement de douze coups de la plus petite des cloches.

3 : Les grandes messes des dimanches et des jours fériés seront annoncées, une heure auparavant, par une cloche qui sera sonnée à la volée pendant cinq minutes.

4 : Les vêpres seront annoncées comme la grand-messe.

5 : Une cloche sera seulement tintée pour annoncer les Saluts des dimanches, jours fériés de l’Eglise, jeudis, et ceux de fondation qui sont approuvés par l’évêque : cette sonnerie ne durera pas plus de cinq minutes. Pendant la procession du Saint-Sacrement, on sonnera à la volée le nombre de cloches répondant à la solennité.

6°: administration du Saint-Viatique aux malades sera indiquée en tirant dix-huit coups de cloches.

7°: Les prières pour les agonisants seront annoncées par le tintement lent et prolongé de la cloche qui durera cinq minutes

8°: (Glas) Le trépas des fidèles sera annoncé par six tintements de la cloche, qui sera ensuite sonnée à la volée pendant dix minutes au plus.

9 : Une demi heure avant la célébration des funérailles, la cloche sera volée pendant dix minutes. L’heure de départ pour la levée du corps sera indiquée par la volée de cloches pendant six minutes ; elle finira par six tintements.

10 : Le catéchisme sera annoncé par le tintement d’une cloche, qui durera plus de cinq minutes.

11 : Les processions autres que celles de la messe seront annoncées par le son des cloches comme les grands-messes, en observant pour le nombre de degré de solennité.

12 : Les baptêmes seront annoncés par la volée d’une cloche pendant cinq minutes.

13 : Les matines, si elles ont lieu, seront annoncées comme les vêpres ; les cloches seront en volée au Te Deum selon le degré de solennité.

14 : ( Couvre feu ) il est expressément défendu de sonner après le coucher du soleil ou avant le lever, à peine d’amende de simple police.

15 : Le maire ou l’adjoint pourra, en cas d’incendie, requérir de sonner pour la réunion des citoyens.

16 : On ne pourra sonner pendant les orages, sous peine d’amende de simple police.

17 : Les maires et les adjoints, ainsi que le commissaire de police, seront chargés de veiller de l’exécution du présent règlement.

18 : Le présent sera imprimé pour être, à la diligence des maires, lu, publié et affiché dans toutes les communes

 


Dans notre généalogie familiale, nous trouvons 6 fabricants de rouennerie à Rouen (76) dans le quartier St Gervais (suivant les données extraites des AD) :

 

-          Louis Adrien BOUCOURT en 1830

-          Charles Cyprien BOUCOURT en 1832

-          Marie Perpétue Julie BOUCOURT épouse ISABELLE en 1830

-          Jean Baptiste ISABELLE époux de Marie BOUCOURT en 1830

-          Jean Baptiste CHAUVEL en 1832

-          Laurent Thomas DUBOSC en 1832

 

ETYM. Rouen

 

Rouen est un port sur la Seine, comprenant jusqu’au Pont Boieldieu, un port maritime accessible pendant la marée aux navires d’un tirant d’eau de 7 m et un port fluvial en amont de ce port. IL permet les importations de cotons américains, de pétrole, de charbon, de vins…

 

Au début du 18e siècle, un riche marchand n’ayant pu vendre son stock de coton, alors utilisé pour la fabrication des mèches de chandelle, décide de faire filer et tisser cette fibre. Le succès du nouveau tissu est foudroyant.

 

Cette toile de coton, appelée Rouen (an) au début est fabriquée à Rouen, ou par imitation dans d’autres fabriques ; elle a été nommée ensuite comme rouannerie (1798) puis corrigée en rouennerie en 1800.

 

Le mot désignait des tissus de coton, comprenant du reste de nombreuses variétés mais qui, d’une manière générale, présentent de petits dessins en rayures ou en quadrillages, résultant de l’emploi d’une chaîne ourdie par effet effets de deux ou plusieurs couleurs tramée également en plusieurs couleurs analogues.

Les dessins ou effets de relief résultent de l’agencement de fils teints à l’indigo avant le tissage.

 

La « rouennerie » bat en brèche le tissus hollandais (« guinée »). Elle devient rapidement célèbre, de même que les « indiennes ».

 

L’essor du tissage et de la filature du coton, au début du 18e siècle, inaugura le développement industriel de Rouen.

En 1730, Rouen fabrique les premiers velours de cotons et croisés. La teinturerie progresse parallèlement à l’industrie textile que révolutionne l’introduction des machines. Des industries annexes comme l’apprêt, blanchiment, impression se développent.

A la même époque, certaines étoffes d’ameublement également fabriquées à Rouen, comme les droguets, les bergames, les serges, les siamoises, prirent le nom de « tapisserie de Rouen » : on en tapissait notamment, en effet, les mûrs des pièces d’habitation.

 

La ville de Rouen devient un grand centre de la filature et du tissage de coton, du lin, du chanvre, des fabriques de cotonnades et d’indiennes, et un marché pour les laines.

 

►► Son dérivé ROUENNIER, IERE              n. (1870) – Se disait de la personne qui fabrique (fabricant de rouennerie) ou vend de la rouennerie (marchand de rouennerie).

 

Sources :

-          La Grande Encyclopédie

-          Dictionnaire Encyclopédique  d’histoire « MOURE » éd. Bordas

-          Larousse du XX e siècle

-          Le Robert : historique de la langue française

-          Le Guide Vert – Michelin : Normandie Vallée de Seine

activité des fondeurs de cloches de Villedieu-les-Poêles, dans la Manche, remonte à plusieurs siècles. « La famille Havard est l’héritière d’une famille Béatrix dont on trouve des traces au XVIIIe. Ce sont les descendants de fondeurs itinérants qui se sont sédentarisés à Villedieu vers le XVIIe, à la grande époque des chevaliers de Malte et du travail du cuivre. Il y avait alors tout un environnement propice à l’artisanat : liberté d’installation, accès facile à la matière première, et beaucoup de travail, du fait des importantes constructions religieuses qui virent le jour en Normandie dès le XVe. »  

Parmi nos ancêtres, LABARBE Michel (vers 1767-1826)- branche Touzard-Morin - a été ouvrier en osier et vannier à Remilly-sur-Lozon.

Il serait vain d'énumérer tous les objets issus des mains habiles du vannier, qui fut aussi nommé mannelier ou mandelier.
Il tresse l'osier comme le tisserand la laine, pour produire des mannes et des paniers de toutes sortes, pour tous les métiers et pour l'usage domestique.

On lui doit aussi, entre autres, les nacelles d'aérostat, les malles et autres paniers à pique-nique et jusqu'à l'ameublement, fauteuils et tables.

Patrons :
Saint Antoine
Saint Paul dans certaines régions.

Localisation

L'osier est un saule qui se développe dans un milieu humide (près des rivières et dans les régions marécageuses) comme les marais du Cotentin.

En complément => Voir l'excellent site : Les Métiers d'autrefois illustrés sur le net http://metiers.free.fr

Nous recensons pour l’instant 3 fabricants parmi nos ancêtres, dans la branche GAGUIN (ou GAGAIN)-PICARD

Jacques Michel GAGUIN (1764-1830) est siamoisier propriétaire (fabricant d’étoffes fines – imitation de l’étoffe de Siam) en 1783 puis fabricant de Nankin (imitation du tissus de la ville de Nankin en Chine centrale, cap. du Kiang-sou) en 1798

Gabriel PICARD est siamoisier au Fbg de la Porte de Rouen à Louviers.en 1786

Jean Michel GAGUIN est fabricant de cotonnade à Louviers en 1795.

 Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, à Louviers, ce milieu était resté stable, fermé sur lui-même, et limité à une quinzaine de membres aux niveau de richesses toutefois très différenciés. Entre 1789 et l’An IX, le milieu ressent déjà l’impact de l’épisode révolutionnaire : il passe de 14 à 22 membres par accueil d’une génération de nouveaux fabricants inconnus jusqu’alors.

Grâce à divers documents, il est possible de suivre nominalement, année par année, de l’an XII à 1850, la progression de ce milieu. L’épisode cotonnier y transparaît très clairement. En 1809, on compte 15 filateurs de coton, ainsi qu’un certain nombre de fabricants d’étoffes de coton et nankins, qui tous disparaîtront en 1818. Parallèlement, on note l’apparition de deux nouveaux types d’industriels : le filateur proprement dit _ on en compte 10 en 1818 _ et le fabricant-filateur, plus rare, qui intègre la totalité du processus du drap. On en compte 2 en 1818, 5 en 1828, 6 en 1834.

Mais le phénomène le plus frappant auquel on assiste entre l’An XII et 1835, est cet engouement spectaculaire et éphémère pour la fabrique, qui fait que le nombre de patentés de l’industrie textile passe de 37 en l’An XII à 124 en 1818, et le nombre de fabricants de 35 à 106. C’est la Restauration qui va se faire réellement porteuse de cet éclatement sociologique, du moins après des années de crise profonde consécutives à la chute de Napoléon. En 1814, le préfet décrit les « très grands échecs » éprouvés par les manufactures lovériennes, la « diminution considérable de consommation et de débouchés, la stagnation du travail, et la condamnation de plusieurs milliers d’ouvriers à la plus cruelle oisiveté. Les fabricants se plaignent surtout de la concurrence fâcheuse qu’ils ont éprouvée des manufactures de draps de la Belgique, et ce n’est pas chez eux qu’il faut chercher des regrets de la séparation de ces belles provinces d’avec la France ».

Il est en effet d’usage d’associer cette séparation à l’engouement soudain pour la fabrique de draps.

 Sources :

AD de l'Eure

"La chambre des Tisseurs - Louviers : Cité Drapière 1680-1840" coll. milieux CHAMP VALLON

Dans la généalogie, nous trouvons une lignée de porteur de cordes, cordier, marchand-cordier, dans le nord de la France - à Epinoy (62) et à Sancourt (59), communes du Cambresis puis émigré à Amfreville la Campagne (27). Il s'agit des COPLO de père en fils : Ferdinant Joseph (né vers 1779 - décédé entre 1834 et 1869, d'après nos recherches actuelles), son fils François (né en 1812 à Epinoy - décédé à Amfreville la Campagne en 1854) et son petit fils François Joseph (né à Sancourt en 1834 - décédé dans l'Eure entre 15 novembre 1892 et 1924.

Métier très ancien, que l'on pratiquait souvent en complément, de père en fils, parfois en tant que profession à part entière.

Localisation : Avant que n'apparaissent les manufactures, on trouvait des artisans cordiers dans toutes les régions de la France, avec une prédilection pour les lieux de production du chanvre et les régions maritimes, Bretagne et Charente, grandes demandeuses de cordes et de câbles.

QUI SONT LES CAQUINS OU CAQUEUX?  Ce terme apparaît dans les textes à partir du XVème siècle, sous la forme Cacous, Caquins ou Caqueux, et est associé à ceux de ladres, de malornez, de méseaux, autant de synonymes de lépreux. La lèpre sévissait de façon endémique un peu partout, depuis les temps anciens. Mais à la suite des Croisades, de nombreux croisés et pélerins revinrent contaminés de Terre-Sainte et la France connut une très forte recrudescence du mal, en particulier au XIIème- XIIIème siècles. Dès le début de la chrétienté, le concile d'Orléans (549) avait confié aux évêques le soin des lépreux, et le concile de Lyon (583) avait ordonné la "séparation" des lépreux du reste de la population. C'est donc au clergé et à la charité publique que fut confié le soin de ces malades, encore appelés ladres en référence à saint Lazare (d'où les noms de ladreries, maladreries ou lazarets donnés aux léproseries). Durant tout le Moyen âge, des autorités de l'église, des monastères, mais aussi des rois, des seigneurs, des villes, fondèrent des léproseries. Ces léproseries, situées à l'extérieur des cités, avaient leur propre chapelle (généralement consacrée à saint Lazare ou plus fréquemment dans notre région à sainte Madeleine), et leur propre cimetière. Les malades reconnus lépreux étaient séparés des "gens sains", au cours d'une cérémonie religieuse. Ils étaient dits "morts quant au monde". Ils devaient se retirer dans une léproserie, revêtir une robe grise portant une marque rouge distinctive et, lorsqu'ils sortaient de la léproserie, annoncer leur passage au son d'une crécelle. Les lépreux étaient pris en charge par les léproseries pour les soins requis par leur état et pour leurs besoins matériels ; ils étaient dispensés du fouage au roi et ne devaient qu'une taille collective à l'évêque. Par contre, ils subissaient un certain nombre de contraintes et d'interdictions : ils ne pouvaient ni louer des terres ni cultiver des produits destinés à la consommation ; ils ne pouvaient se rendre dans les marchés ni se mêler aux rassemblements de foule. S'ils étaient admis aux offices religieux, ils devaient se tenir à l'écart des autres paroissiens, au fond de l'église, près de la porte, sous les cordes des cloches. Ils ne pouvaient exercer que le métier de cordier et par la suite, durant le XVème siècle, ils furent autorisés à confectionner des mesures de bois (boisseaux) et des barattes. On peut s'étonner du choix de ces activités pour des gens réputés contagieux puisque la corde non seulement passe de main en main mais plonge dans le puits ; de même la baratte reçoit le lait et le beurre. Les lépreux n'étaient pas inhumés avec leurs concitoyens, mais dans leur propre cimetière attenant à la léproserie.

 

 

 

ORIGINE DU MOT CAQUIN  Tous les textes désignent les caquins comme ladres ou suspects de lèpre. Et de fait, là où existe une caquinerie, a existé une léproserie. Les Caquins sont enfermés, comme les lépreux, et jouissent comme eux de certaines exemptions, mais ils conservent les droits communs (droit de propriété et de disposition des biens, droit d'ester en justice). Certains ont dit que les Caquins étaient des descendants de juifs, infectés de lèpre ; ou les restes d'une nation vaincue lors de la chute de l'empire romain. On a aussi prétendu qu'à l'époque de Charlemagne, des Espagnols ou des Sarrazins se seraient répandus sur le littoral, des Pyrénées à la Bretagne. Le surnom injurieux de Cagots, existant dans le Sud-Ouest et parfois traduit par chiens de Goths aurait donné Cacous, en Bretagne. Une étymologie paraît plus vraisemblable : tout lépreux est porteur d'un petit baril où il reçoit le breuvage que la charité lui offre. En vieux français, ce baril se nommait caque, caquet ou caquin. D'où l'extension à son porteur. Le mot caquin ou caqueux désigne donc les descendants présumés des lépreux d'autrefois. Mais pourquoi ce terme a-t-il survécu à la lèpre?

 

 

DE LA LEPROSERIE A LA CORDERIE  Rosenzweig rapporte que l'étude des aveux et titres3 des XVème, XVIème, et XVIIème siècles font état de plusieurs maladreries ou de caquineries qui sont devenues chantiers de corderies. L'éloignement du centre de la ville est un avantage pour l'exercice d'un métier qui exige de l'espace. Mais cette justification est certainement insuffisante. On trouve également dans les "clandy" des cordiers, des tisserands ou des filandiers. Quand la lèpre s'éteint progressivement, c'est-à-dire vers la fin du XVIème siècle, les interdictions tombent peu à peu en désuétude : on ne porte plus la marque, on circule librement, on loue des champs et on les cultive. Mais les descendants des lépreux n'abandonnent pas la maladrerie où ils sont nés car c'est un bien transmissible, exempt de contribution et bénéficiant de divers avantages. De plus, le métier de cordier étant un monopole est relativement lucratif. Tout ceci est propre à développer la jalousie des voisins. En héritant des biens de leurs pères, les cordiers héritent aussi de la qualité de Caquins et du mépris voire de l'aversion que les ancêtres de leurs concitoyens vouaient aux lépreux ... qu'ils ne sont pas ! Au XVIIème siècle, des tentatives sont faites, souvent par des prêtres, pour intégrer les Caquins à la vie religieuse commune, tout particulièrement en ce qui concerne les baptêmes. Mais les enterrements de Caquins dans les cimetières des paroisses soulèvent une vive opposition des habitants. De violents incidents ont été rapportés Au XVIIème et au XVIIIème siècles, les cordiers étaient vassaux et sujets de l'évêque, "en leur qualité de cordiers". Ils étaient d'ailleurs tenus de fournir à l'évêque "un licol de bon chanvre pour son cheval", les cordes pour les cloches de la paroisse où ils habitaient, et parfois les cordes pour pendre les criminels. Mais des prêtres partageaient les préjugés de leurs contemporains : dans certaines paroisses, les enfants de cordiers étaient inscrits en fin du registre des baptêmes, à l'envers, de même que les batards. Parfois la curieuse mention "cordier-natif" " était portée en marge du nom de l'enfant. Ce n'est donc qu'au XVIIIème siècle et surtout après la Révolution que les cordiers ont été officiellement reconnus comme des citoyens à part entière. Cependant de tenaces préjugés ont perduré pendant tout le XIXème siècle (et peut-être au-delà...), en particulier pour les mariages. La mémoire populaire n'avait plus de souvenirs des lépreux du Moyen-âge mais conservait des préjugés à l'encontre des cordiers tout en ignorant la filiation éventuelle de ces deux groupes. Il n'était pas rare d'entendre dire d'un être chétif, mal formé ou insignifiant : "Celui-ci n'est qu'un Caquins ! ".

Issus de la corporations des cordiers du Moyen-age dont les statuts remonte au 17 janvier 1394, le métier de cordier est très ancien. La corporation des cordiers de Saint Valéry sur Somme est née en 1503. On relève en 1442 que les cordiers sont tenus «de bailler et livrer tous cordages gros et menus aux gens de justice... quand les cas adviennent pour lier, pendre et exécuter larrons, meurtriers et autres malfaiteurs.» (Lettre patentes données à Tours par Charles VII).
En 1692, sous l'impulsion de Colbert, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée dans un bâtiment de 370 mètres de long.
Mais bien souvent, jusqu'au début du XXième siècle, le cordier reste un artisan de village qui travaille à l'extérieur (par nécessité de place), mais à l'abri de la pluie qui influe sur la qualité des cordages. Sa production est destinée essentiellement au monde agricole, mais aussi aux autres artisans, tous consommateurs d'au moins un type de ficelle ou de corde. Aujourd'hui la culture du chanvre a pratiquement disparue et le cordier avec elle.

En complément => Voir l'excellent site : Les Métiers d'autrefois illustrés sur le net http://metiers.free.fr/ac/c002_c.html


   

Louis François FONTAINE  (branche Goupil)

° 15.5.1842 - Megrit

† <> 2.10.1899 & 1929 - Pleslin ?

 a été marchand de bestiaux à Pleslin (22).

A l'origine, les marchands de bestiaux (moutons, boeufs, veaux, porcs) étaient des forains qui faisaient de l'élevage et venaient vendre leurs bêtes sur les foires.

L'histoire a conservé le nom de Richard Graindorge, fameux éleveur du Pays d'Auge en Normandie. Avant même que la royauté aux abois en fut venue à vendre des lettres de noblesse "au porteur", comme on disait, elle en imposait à tout homme en état de les bien payer. De la Roque écrit dans son traité de la noblesse : "comme il y en a qui inventent toutes sortes de ruses pour se prévaloir du titre de noble, il y en a d'autres qui ont le goût si différent qu'ils ont refusé cet honneur, préférant leur traffic a cette qualité. Et, nous en voyons qui ont été faits nobles de force par des édits, ayant été choisis comme riches et aisés pour accepter ce privilège moyennant finance. De ce nombre a été Richard Graindorge, qui fut obligé d'accepter ce privilège et de payer mille écus de finance l'an 1577. J'en ai vu les contraintes entre ses mains de Charles Graindorge, son petit-fils, sieur du Rocher."

Source : Tome 2 (D.A.M.P.)  

MONGREDIEN Jacques (n°Soza : 150)

 

 

a exercé le métier de :

 

MARNERON


je pense sans pouvoir l'affirmer à celui qui creuse des "marnières", pour en extraire "la fleur de marne" (calcaire très friable), qui sert à "enchauler les champs", c'est à dire rendre le Ph du sol moins acide, ces marnières sont construites à partir d'un puit vertical, puis à la couche de calcaire, le "marneron" (je connaissais sous le terme de "marnier") creuse à l'horizontal en étoile, puis relie chaque extrémité de branche entre elles, en laissant des piliers de calcaire pour tout soutien, métier pratiqué souvent seul, juste aidé par un cheval en surface en guise de treuil ... dans le temps chaque ferme avait sa "marnière" exploitée par le "marnier" ou "marneron" exclusivement, tant ce travail était dangereux, les fermiers ne s'y risquaient pas.

Sosa : 3814

 

Barthelemy VAULTIER est né avant 1655 à ?? (50).

 

Ses parents ne sont pas connus.

 

Il porte le titre de Sr des Vaux.

 

On sait avec certitude que Barthelemy est en vie entre 1676 et 1777  à Remilly-sur-Lozon. vérification des comptes de la Fabrique.

 

Vers 1679 naît sa fille Catherine. Barthelemy a probablement de 24 ans au moins.

 

On sait avec certitude que Barthelemy est en vie en 1695  à Remilly-sur-Lozon. Trésorier de la Fabrique de Remilly.

 

Barthelemy VAULTIER meurt le Mardi 11 septembre 1703 à Remilly-sur-Lozon (50), âgé de 48 ans au moins.

 

A une date non connue, il épouse Marthe MOREL.

Ce couple aura un enfant :

- Catherine VAULTIER née vers 1679

 

On retrouve son nom dans les registres de la Fabrique de Remilly.

En 1676/1677, il est appelé avec d'autres notables de la paroisse pour l'examen des Comptes.

En 1695, il était trésorier de la Fabrique.

 

 

Définition de la Fabrique :

Sous l'Ancien Régime, le temporel d'une paroisse, c'est à dire ses biens, revenus, fondations, oblations, casuel, achats, constructions, réparations à l'église, au presbytère, au cimetière, était géré par un organisme qu'on appelle le "Général" ou encore la "Fabrique". Ses membres ou "fabriciens" qui étaient les représentants de la "généralité" ou de  l'ensemble des paroissiens, étaient de 2 sortes :

 

> - les membres d'office comme le recteur et le sénéchal et parfois le procureur fiscal

> - les membres élus par les paroissiens à la pluralité des voix, généralement le dimanche, à l'église, à l'issue du "service divin".

 

Ces membres étaient choisis parmi les anciens trésoriers et pour l'année en cours étaient nommés un ou plusieurs "trésoriers en charge" qui devenaient ainsi les représentants officiels du "Général" pour la durée de l'exercice.

 

> Cette institution, très démocratique pour l'époque a été conservée par la Révolution sous la forme de nos plus modernes conseils municipaux.

Aimé OZANNE est né le mardi 7 avril 1818 au Molay (14).

Aimé a été une des gueules noires du Bessin. Il a exercé la profession d'ouvrier aux mines de Littry pendant plus de 25 ans (d'une manière certaine de 1844 à 1869).

 

D'après les sources " les gueules noires du Bessin - le magazine Pays de Normandie n°23 " :

« Sous les vertes plaines du Bessin, au nord-ouest du Calvados, sommeillaient des veines de charbon. A cette époque, aux XIX e siècle, l'exploitation minière marque de son empreinte la société rurale du Bessin. La mine recrute ses employés localement, dans un rayon de 10 kilomètres environ.

 

Aimé a dû être recruté au début des années 1840, à l'apogée de la mine. En effet, la production annuelle dépasse les 50 000 tonnes, et les effectifs approchent  les 1000 employés. Mais les décennies suivantes seront très difficiles : le charbon anglais, moins cher et de meilleur qualité, a de nouveau accès au marché français et supplante peu à peu celui de Littry.

Tous les espoirs de redressement résident dans la découverte d'un nouveau bassin, celui de Fumichon, qui, à partir de 1848, produit un charbon de meilleure qualité. A condition d'être lavé, ce dernier peut être utilisé dans les usines à gaz. En 1869, un contrat est même signé avec la Compagnie parisienne du gaz, qui éclaire la capitale, pour la fourniture de 5000 tonnes de charbon par an.

Mais ces nouveaux débouchés ne suffisent pas à enrayer un déclin accéléré par le comportement des actionnaires. En examinant les archives de la compagnie, nous pouvons nous apercevoir que ceux-là avaient, dès 1819, constitué un fond de réserve qui servait non pas à prévoir les investissements futurs mais à grossir les dividendes distribués chaque année. Ce fonds, régulièrement alimenté par les excédents de l'exploitation, ne sert qu'à acquérir des rentes, qui produisent à leur tour des intérêts. Quand la mine est déficitaire, les actionnaires qui ont abdiqué tout esprit d'entreprise, se rémunèrent sur le fonds de réserve. Le risque qu'ils prennent est ainsi atténué. L'aveu d'un administrateur en 1870 est éloquent : " L'importance de cette réserve (...) tend à transformer notre société créée pour l'exploitation d'une mine de charbon en une société pour l'achat en commun d'obligations de chemins de fer.

 

Quand la conjoncture se retourne, ce sont les actionnaires qui poussent à la fermeture de la mine le 31 août 1880. Le travail cesse et le dernier puits est noyé. 

 

Une grève en 1850 :

 

Aimé était en poste le 4 Mars 1850, le jour où eu lieu la fameuse grève des mineurs de Littry qui cessent le travail et s'assemblent sur le carreau.

 

Ils expliquent au directeur, Philippe-Guillaume Lance, qu'ils ne veulent pas des nouvelles lampes à huile et préfèrent continuer à s'éclairer dans les galeries à la chandelle.

 

Rapidement, le directeur comprend que ce grief n'est pas le seul ni le plus grave. Les mineurs se plaignent de l'attitude à leur égard de l'inspecteur des travaux, Nicolas Lélu, dont ils exigent le départ. La direction tergiverse. Une semaine plus tard, les mineurs reviennent à la charge, toujours avec déférence. "Il faut monsieur Lance que nous ayons de biens graves raisons (...) pour nous exposer au danger de paraître si mal reconnaître vos bontés en vous entretenant de cette demande qui vous fera de la peine... " Et le porte-parole de mettre en cause à nouveau l'inspecteur, "contre lequel l'irritation est aussi générale qu'elle est profonde ".

 

Dans un rapport adressé à la compagnie, le directeur nous éclaire sur les reproches faits à Nicolas Lélu : " Si la direction faisait appeler un ouvrier pour lui adresser une réprimande et que M. Lélu fût présent, il croyait toujours devoir renchérir sur nos paroles, l'ouvrier, pour nous, était-il un maladroit, pour lui, c'était un imbécile, n'était-il dans nos expressions qu'un paresseux, pour M. Lélu, il devenait un fainéant, un misérable pour lequel nous avions trop de bonté en ne le jetant pas à la porte. " Le 15 avril, le travail cesse à nouveau. De Paris, la compagnie réplique en ordonnant la fermeture des écoles ainsi que l'arrêt de tout secours aux grévistes et en saisissant la justice pour délit de "coalition". Neuf mineurs seront condamnés à des peines allant de dix jours à un mois de prison. Nicolas Lélu finit par démissionner, mais la compagnie contraint le directeur à renvoyer six mineurs, parmi ceux qui ont joué les intermédiaires. Le 30, elle fait volte-face : Nicolas Lélu retrouve son poste, et, pour faire bonne mesure, les mineurs licenciés sont réintégrés. Le 23 juin, lorsque l'inspecteur des travaux s'avise de redescendre dans les galeries, le travail cesse à nouveau durant cinq jours. De guerre lasse, la direction doit accepter son départ définitif.

                   

D

eux de mes ancêtres (branche Touzard), MORICET Robert (1744-1825), puis son fils, Jacques (1797-1861), exerçaient à Percy (50) le métier de meunier. Outre l'âpreté de ce métier, caractérisé par des conditions extrêmement difficiles, les meuniers étaient souvent en butte à l'hostilité des villageois qui ne voyaient en eux que des voleurs. Il faut pourtant rendre hommage à cette corporation qui a fait vivre des communautés entières pendant des siècles et dont la profession constituait un vrai sacerdoce.

Différentes sortes de moulins

Il existe environ trois types de moulins : le moulin à vent, le plus présent dans l'imaginaire romantique en raison de ses grandes ailes et de la quiétude, le moulin à huile, qui produisait principalement de l'huile de noix, et le moulin de rivière, construit à l'écart du village au bord de l'eau. En Normandie, le  moulin à eau trempe sa rue dans le ruisseau et quand le courant est trop faible, une retenue d’eau (le bief) régularise l’apport en eau par un système de vannage. IL pouvait également servir à fabriquer l’huile de colza ou de lin pour l’éclairage. Celui pour la farine était pourvu de grandes roues à aubette. Le moulin avait un rôle important, il faisait l’objet de nombreuses allées et venues « entrer comme dans un moulin. » Le meunier passait ainsi dans chaque village avec son cache-pouque, c’est à dire un portage à somme puis avec une voiture bâchée à bord rond.                                                                                                                            Le type de moulin des Moricet n’est pas encore connu à ce jour, je continue mes recherches. Un cours d’eau passe à proximité de Percy. Des moulins à eau existent encore à Percy (voir fiche descriptive). Il est donc fort possible qu’il exerce leur activité dans un moulin à eau !

Le rôle du meunier

En ce temps-là, on demande au meunier d'avoir des compétences relativement poussées pour exercer son métier. En 1790, l'Académie des Sciences pose au moins neuf conditions : "On commence à convenir qu'un meunier doit connoître : les qualités des différentes espèces de grain qu'on est dans l'usage de réduire en farine ; la manière de les nettoyer et de les étuver avant de les moudre ; la construction de toutes les pièces d'un moulin, leurs rapports entre elles, leur méchanisme, leurs effets dans les différentes espèces de moutures, pour pouvoir faire ou faire faire à propos & convenablement les constructions & réparations nécessaires ; le bon choix des meules qui convient pour la différente mouture de chaque espèce de grain séparément, & pour celle des bleds (*) mélangés, des bleds humides, des bleds secs ; les différentes espèces de mouture ; les différens bluteaux à employer selon les différentes moutures, & les différens produits qu'on veut en tirer ; les mêlanges de farine les plus avantageux pour le peuple (et enfin) l'art de conserver les farines."

(*) Le mot  «  blé » provient, dans le monde gallo-roman, du latin bladum, qui signifie, au VIIe siècle « récolte, produit de la vigne ». Il prend le sens de « céréale, blé » au Xe siècle en Catalogne, puis, vers 1050, en Italie du Nord. En vieux français, à partir du XIIe siècle, on ne dit pas le « blé » mais le « bled ». Ce terme évoque de façon générique toutes les céréales : froment, orge, avoine, épeautre, seigle ou encore méteil, un mélange de froment et de seigle.

Il faut bien comprendre que la technique du meunier nécessite un savoir-faire particulier. Grosso-modo, il s'agit de verser du grain dans une sorte de gros entonnoir en bois (la trémie). Le grain tombe ensuite dans un auget qui le dirige dans un trou où il est broyé par deux meules. Ce sont bien sûr les paysans du village qui portent leur grain au meunier, une fois la moisson terminée. Le travail effectué, le meunier est alors astreint à une tournée quotidienne chez les gens. Dans ce cas, il garde de 8 à 10 % de la farine obtenue. Si c'est le client qui ramène sa farine, la commission du meunier n'est alors plus que du vingtième.

Une bien mauvaise réputation

On comprend alors pourquoi les meuniers ont si mauvaise réputation. Il est facile de tricher sur la quantité de farine obtenue à partir du grain qu'a apporté le cultivateur. Cela est bien triste à dire, mais il semble qu'aucun meunier n'échappait à cette réputation. Le meunier craignait de n’être jamais cru, aussi honnête fût-il ? Nos MORICET sans doute pas plus... Ceci dit, la mauvaise réputation de nos meuniers n'était pas vraiment usurpée. Dans « Meuniers et moulins du temps jadis », un meunier du Gers disait que « si un client méfiant s’obstinait à rester près de ses sacs, un dispositif ingénieux permettait à une certaine quantité de farine d’être recueillie clandestinement dans une caisse à double fond ». Des quolibets devaient souvent suivre les meuniers, tel celui-ci, provenant d'un almanach : « Qu'est-ce qui prend chaque matin un voleur au col ? La chemise du meunier » ! Il se disait aussi que « les meuniers n'avaient pas droit au paradis ».

Le meunier occupait pourtant souvent un rôle capital dans la communauté rurale, qui faisait de lui un notable, un homme doté d’un pouvoir social, économique… A défaut de potion magique pour lui épargner tant d’efforts, il avait souvent la stature d’un Obélix. Quand il avait du grain et que les conditions météorologiques le lui permettaient, il faisait tourner son moulin ; il passait le reste du temps à entretenir sa machine.

Dans le domaine des subsistances, les fils tendaient à suivre les traces de leur père et à épouser des femmes dont les parents eux-mêmes travaillaient dans le milieu. Des liens de parenté très étriqués unissaient meuniers, boulangers, marchands de blé ou de farine, et laboureurs (s’étendant quelquefois au point d’inclure facteurs et officiers du marché).

Si nous observons nos MORICET, nous pouvons conforter cet état de fait puisque Jacques était fils d’un meunier, Robert, et, a épousé MARTIN Adèle. Cette dernière a exercé, comme son mari, la profession de meunière ; son père MARTIN Gilles Pierre était laboureur, lui-même issu d’une lignée de laboureur.

Un métier très difficile

Que de labeur pour exercer ce métier ! Tout d'abord dans les conditions de vie qui sont loin d'être idéales. Le moulin est généralement construit par la communauté des villageois, parfois par le seigneur, qui en loue alors l'usage à un meunier ; le bail est payé... en blé, bien sûr ; la moyenne étant d'environ 64 sommées de blé par an. De plus, l'entretien coûte très cher et le rendement n'est pas toujours assuré. Comment se fier aux caprices d'une rivière qui, en hiver, ressemble plus à un torrent impétueux qu'à un cours d'eau paisible et, en été, est fréquemment à sec plusieurs jours de suite ?

Le meunier doit pour sa part accorder à son installation une attention permanente. La farine étant très inflammable, le risque d'incendie est quasi-permanent, surtout en été, période de chaleur et de grande activité. Une étincelle sur les meules peut suffire à déclencher un incendie. En hiver, il fallait veiller à ce que le torrent n'inonde pas la salle des meules, d'où un système de vannes mis au point pour tenter d'enrayer l'impétuosité des flots. Mais combien de moulins ont été purement et simplement emportés par le courant. Il valait mieux alors avoir de bonnes jambes et ne mettre son salut que dans la fuite.                                                                                                                               Au nombre des dangers auxquels était soumis le meunier, le principal, car il est permanent, était le risque de voir ses doigts broyés entre les meules suite à une mauvaise manipulation. On dit d'ailleurs que des mains abîmées étaient la fierté de la corporation. Mais lorsque c'étaient des vêtements qui se coinçaient, il y avait là danger de mort bien réel. Et, au vu du bruit dans la pièce, il s'écoulait du temps avant de comprendre qu'un drame avait eu lieu.

Nous voyons bien, après ces quelques lignes, que le métier de meunier, quoique emprunt de noblesse (qu'y a-t-il de plus noble que de nourrir ses concitoyens ?), n'en demeurait pas moins fort ingrat. Avec le temps, les roues ont cessé de tourner, les moulins sont tombés dans l'oubli et la ruine. Aujourd'hui, on peut les retrouver, cachés çà et là, dans la végétation épaisse bordant un torrent impétueux ou encaissé dans le creux d'une vallée, là où la rivière est forte.                                                                 

 Il est loin, en Normandie, le temps où le moulin était incontournable dans la vie des gens. A l'heure de l'automatisation et du vivre-facile, il est bon de s'en souvenir...

Sources :

« Les Ventres de Paris » - Pouvoir et approvisionnement dans la France d’Ancien Régime de Steven L. KAPLAN aux éditions Fayard

« Hommes et traditions populaires en NORMANDIE » de Catherine GRISEL ET André NIEL aux éditions Martelle

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