Saint Ouen – Evêque de Rouen du VIIe siècle. Vie du VIIe siècle.

Publié le par GOUPIL Stéphane

Saint Ouen

Ouen (Audoenus) s’appelait d’abord Dadon. Il naquit dans une famille aristocratique qui possédait de vastes domaines dans les diocèses de Meaux et Soissons. Son père Authaire avait reçu l’Irlandais Colomban, chassé de Luxeuil. Dadon fut élevé au palais royal et devint un familier de Dagobert. A la mort de ce dernier, il obliqua de la carrière de cour vers la cléricature, comme plusieurs de ses amis, par ex., Didier et Eloi, évêques de Cahors et Noyon. Il est consacré évêque de Rouen, le 13 mai 641, le dimanche des Rogations. Conseiller écouté de la reine Bathilde, il semble avoir pris plus tard le parti d’Ebroïn contre saint Léger. Il fit aussi beaucoup pour le développement du monachisme fondant avec ses frères Rebais (près de Meaux) qu’il confia à saint Aile, envoyant Germer à Pental, aidant Wandrille et Philibert à établir Fontenelle, Fécamp, Jumièges, Montivilliers et Pavilly. Il mourut à Clichy en 684 au retour d’un voyage à Cologne. On se préoccupa très tôt d’organiser son culte puisque l’on procéda à la première élévation de son corps à l’ascension, le 5 mai 688.

 

Sa popularité lui valut plusieurs fêtes dont on peut se demander si elles ne correspondent pas à un programme de christianisation de plusieurs points sensibles du calendrier. On fêtait en effet son ordination et sa première élévation au début mai, mais une seconde translation le 1er février à une autre période cardinale du férial celtique. Même sa fête principale, le 24 août ne semble pas entièrement le fruit du hasard. Elle correspond en effet avec la fin de la canicule. Surtout, on note qu’elle répond à la fête d’un autre des plus célèbres évêques de Rouen, Prétexta, honoré le 24 février, pour découper l’année en deux moitiés égales. Pour Ouen on sait que mort à Clichy, il a été enterré à Rouen ce qui laissait quelque latitude. Mais Prétexta est assurément mort assassiné dans son église le 14 avril 586. Et le 24 février est une date remarquable de l’année, celle où l’on intercalait le jour supplémentaire des années bissextiles. Cette situation hors du temps normal lui conférait un pouvoir de séparation tout particulier.

 

Si l’on rajoute que le premier évêque de Rouen, saint Mellon, était fêté le 22 octobre et Romain le prédécesseur de Ouen, le 23 octobre, et que Victrice le plus célèbre de Rouen avec Ouen, l’était le 7 août, l’on s’aperçoit que les quatre périodes fondamentales du calendrier celtique ont accueilli les fêtes les plus célèbres pontifes rouennais. Un autre système de relations en rapport avec la période caniculaire associait aussi saint Ouen à ses principaux collaborateurs masculins, honorés deux à deux de manière quasi-symétrique par rapport à la date du 24 août : Wandrille, le 22 juillet, Germer le 24 septembre, Philibert le 20 août, Aile le 30.

 

 

Source : Le Bulletin de la société de Mythologie Française – trimestriel – Juin 2005 2e trim. n°219

 

 

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