Du moulin au "petit-pied" au moulin "grosse-tête"

Publié le par GOUPIL

  Originalité bretonne

 

Nombreux sont ces moulins au "petit-pied", à l'architecture originale, qui portent des traces de blason, d'armoiries, souvent illisibles aujourd'hui. I1 est probable que la plupart d'entre eux furent d'origine noble, appartenant à des seigneurs ou à des abbayes. Cette hypothèse peut seule expliquer et la "normalisation" du type et le soin et la science mis à les construire.

 

I. LE PETIT-PIED

 

Le petit-pied typique règne sur le sud du Morbihan (Vannetais), une partie de la Loire-Atlantique (presqu'île de Guerande et "Sillon" de Bretagne particulièrement), ainsi que dans les îles d'Yeu, autrefois de Noirmoutier, etc.

Mais on le retrouve aussi dans le nord de la Bretagne, en Ille-et-Vilaine, sur la côte d'Emeraude. Des détails cependant les différencient d'une région à l'autre : autour de Saint-Briac et du Mont Dol, les ailes ont des cotrets, en Morbihan et Côtes-du-Nord, l'aile Berton est presque inexistante. L'encorbellement de l'étage peut être très peu prononcé (Côtes-du-Nord).

 S'il est plausible que certains de ces moulins remontent aux XIV° et XV° siècles (ou avant), on ne peut que s'étonner de la perpétuation de cette forme architecturale, invariablement reproduite alors que la construction en encorbellement dans l'architecture militaire  disparaît avec le XV° siècle. Nous savons toutefois qu'il n'est pas rare qu'une forme, ayant fait son temps dans les styles nobles ou urbains, se retrouve avec parfois plus d'un siècle de retard dans l'architecture villageoise, rurale, utilitaire...Nous ne savons pas non plus si la structure de ces moulins de granit n'était pas conçue pour résister, non à une bande armée, mais tout au moins aux pillards - que le meunier soit absent ou qu'il y trouve à certaines périodes son logement. Dans cette perspective, l'examen des ouvertures laisse perplexe : si la porte est souvent forte et si les ouvertures secondaires sont rares, il y a néanmoins une haute et large fenêtre que nous décrirons et qui ne va pas dans le sens de cette hypothèse.

 Pour décrire le petit-pied breton, nous aurons l'embarras du choix. Lequel choisir qui illustre le type ancien ? Pour n'en citer que quelques-uns, prendrons-nous comme exemple le beau moulin de Kercabus perdu aujourd'hui parmi les landes broussailleuses hérissées d'ajoncs, les affleurements de granit interrompant parfois les étangs peuplés de nénuphars ? Ce n'est plus aujourd'hui qu'une coque vide, nul mécanisme à l'intérieur, le toit reste encore en place mais la dernière aile est au sol. Le petit-pied à la forme 1a plus sobre et la plus parfaite est peut-être, au bord des champs, celui de Bouée, qui n'a plus d'aile non plus. Reste encore, attirant tous les regards à cause de sa silhouette altière émergeant du granit, non loin d'une maison de même matière. le moulin de Krémeur, plus connu sous le nom de Moulin du Diable, tout près de la vieille ville fortifiée de Guérande.

Bâti de grosses pierres parmi les affleurements du granit qui donne leur couleur sombre aux sols dénudés, aux murs des maisons et jusqu'à leurs cheminées et leurs toitures, le Moulin du Diablc peut bien  passer pour un moulin de légende.

Il y eut des Ponts du Diable (Pont du Gard, Pont Valentré à Cahors...), des tours du Diable (château de Vizille par exemple) et même des chapelles du Diable comme en témoignent les tympans sculptant la légende dans la pierre à Souillac, comme à Notre-Dame de Paris.

Que ce soit un anonyme architecte ou le moine  Théophile, le marché est toujours le même : le Diable veut bien secourir le constructeur peu fortuné mais c'est chaque fois contre son âme... Ici le meunier. dont la tradition a conservé le nom, Yves Querbic, pensait au moulin qu'il aurait voulu construire mais il était trop pauvre...

Lors, tel en Faust, le Diable survint.

Lui proposant d'élever son moulin

En une nuit, y travaillant sans trêve,

Et réclamant son âme en paiement...

Le pacte fut conclu ; le démon ricanant

Poursuivit son ouvrage, activant son trident...

Mais alors que manquait la dernière pierre, Yves Querbic glissa à la place libre une statuette sainte qui fit s'enfuir le Diable, rageur et trompé. Le moulin était bâti...

Ainsi nous parvient un air ancien de cette terre de légende.

 

Qu'est-ce qu'un petit-pied breton ?

 

Ce n'est rien d'autre qu'une tour de forme très spéciale : sur un socle largement évasé s'élève un cylindre de pierre qui sert de support à un étage en fort encorbellement que coiffe le chapeau conique. Le pied étroit enferme l'escalier tournant qui conduit à la chambre des meules.

Examinons de près cette construction classique :

= l'étroite tour cylindrique du socle est formée d'une épaisse muraille (1 m à 1,20 m) protégeant un espace intérieur de 2,50 m de diamètre environ. Les pierres, régulières, en sont généralement parfaitement appareillées ;

= l'évasement conique de la, base s'élève à 0,75 cm environ, et porte l'épaisseur de l'assise à plus de 1,50 m. La jonction base évasée-tour peut, ou non, s'orner d'une moulure ou d'une saillie.

Dans cette tour s'ouvrent, en général, deux portes; on voit l'avantage : quelle que soit la direction du vent et l'orientation des ailes, l'accès au moulin est toujours possible. Leurs dimensions étonnent quelque peu, ces portes sont - en accord avec l'allure de la bâtisse - étroites (1 m environ) et peu élevées (la taille moyenne d'un homme). Linteaux et piédroits sont de facture soignée à moulures et chanfreins. Au centre du linteau, parfois protégé par un arc de décharge, se dessine encore la forme d'un blason aux meubles le plus souvent indéchiffrables aujourd'hui. La porte est renforcée de clous forgés, et armée de puissantes pentures sur des gonds robustes ;

= l'encorbellement est formé par la disposition au sommet du socle cylindrique d'une couronne de fortes pierres dépassant progressivement, et liées au mortier. Le résultat peut être :

- soit un évasement conique parfaitement lisse et uni, réplique exacte de l'empattement de base, comme au moulin Rochoux de Bouée,

- soit une superposition de pierres à la tranche travaillée (chanfrein, profil concave ou convexe, bord saillant, etc.) formant une élégante corniche moulurée comme au moulin du Diable.

On devine la principale fonction de cet encorbellement : sur le ressaut intérieur prennent appui solives et plancher de la chambre des meules bénéficiant d'une surface accrue;

= la partie supérieure est, sous le toit, d'une hauteur généralement plus courte que le pied, tout au plus peut-elle lui être égale.

Même matériau de belle pierre ; parfois une niche aux contours moulurés. Peu ou pas d'ouverture à l'exception de la grande fenêtre parfois située à l'aplomb d'une porte (Bouée).

Un document photographique nous montre le meunier installé à cette fenêtre au Vieux Moulin de la Place à Guérande, daté de 1531. La fenêtre s'ouvre sur toute la hauteur de la chambre des meules, sous sa base, la moitié de la corniche est entaillée, la saillie diminuée. Aux deux-tiers environ des piédroits, deux pierres opposées reçoivent l'axe du treuil. Dans plusieurs moulins, on remarque que, ces deux pierres étant légèrement en saillie, le treuil devait se situer à fleur de mur.

Le meunier manœuvre le treuil d'où descend le câble au bout duquel est attaché le sac de grain à moudre. Nous avons là un type de monte-sacs manuel qui tire le meilleur parti de l'étroitesse du pied du moulin. On voit bien, à l'état des pierres, que les sacs montèrent par-là, usant lentement l'enduit. Mais il n'en résultait pas un freinage néfaste: une tour cylindrique n'eut pas permis l'utilisation d'un tel monte-sacs. Autre détail : le câble enroulé, le sac hissé à hauteur du plancher, il suffisait de l'attirer vers soi pour le faire entrer : on comprend pourquoi le treuil n'est jamais placé à mi-hauteur, ainsi est-il à portée de la main du meunier et permet-il aisément la saisie du sac ;

= le chapeau conique est généralement couvert d'essentes de chêne ou de châtaignier, sa pente est relativement faible surtout si on la compare à celle des hauts moulins vendéens, sa base est festonnée en dents de scie. Un poinçon de bois ouvragé le termine prolongé par une girouette métallique (oriflamme de métal découpé).

Une courte chapelle couvre l'avancée de l'arbre. Certains moulins abîmés (Kercabus, Bouée...) montrent clairement le support de l'arbre, appelé ici le "plumard" avec son coussinet de marbre serré entre deux obliques symétriques.

A l'arrière, on repère l'échine en saillie (habillée aussi d'essentes) que dessine le cuivre oblique et long appelé aussi "queue du moulin", décrivant un cerne de grand diamètre. Une petite lucarne, parfois une simple petite bâtière festonnée en dents de scie, abrite l'articulation et la sortie de la "perche du frein" reliée au guivre par une attache souple.

Si les verges s'emboîtent dans la tête d'arbre comme dans tous les moulins traditionnels, c'est la forme et la dispositions des barreaux ainsi que le mode d'entoilage qui doit retenir notre attention.

Comme partout ailleurs les barreaux sont enfilés dans l'axe selon un angle déterminé par rapport au plan de rotation.

On peut compter une quinzaine de barreaux équidistants, leur particularité est d'être disposés dissymétriquement par rapport à chaque bras ; face à l'aile en position basse, les ailes tournant de gauche à droite (sens contraire des aiguilles d'une montre), la partie gauche des barreaux est environ deux fois plus longue que la droite, leurs extrémités sont plus ou moins alignées (n'étant pas tenus par des cotrets, ils peuvent être légèrement inégaux). Le fait est de peu d'importance par vent moyen : on déroule les deux toiles de part et d'autre du bras, on les tend au-devant des barreaux (la toile est simplement passée derrière un seul, le 4° ou le 5°, en général, avant le dernier), combinant ainsi deux longs rectangles, ou un rectangle et un triangle... selon la force du vent.

La dissymétrie de l'aile prend tout son intérêt lorsque le vent est faible ou très faible, il faut alors augmenter autant qu'il est possible la surface de la voilure. Le meunier doit escalader chaque aile pour fixer une troisième toile : le côté gauche peut ainsi recevoir deux toiles alors que le droit n'en a qu'une. Douze toiles peuvent donc être nécessaires.

C'est là encore un trait non attesté ailleurs, deux documents photographiques nous montrent deux moulins toute voilure déployée : celui de Kermoisan. au bourg de Batz, ainsi qu'un vieux moulin de Guérande.

L'organisation interne ne présente aucun mystère, le rouet et la fusée n'actionnent en général qu'une paire de grandes meules. Etant donné l'exiguïté de l'espace (malgré l'élargissement de cette salle ronde dû à l'encorbellement), la mouture est généralement conduite au rez-de-chaussée où se pratique l'ensachage.

Examinons maintenant l'intérieur du socle. Evidemment nous trouvons l'escalier en colimaçon formé de pierres prises dans la muraille, cet escalier tournant n'est propice ni à la montée des sacs ni à leur descente, aussi est-il habituellement fort étroit. On peut même se demander si certains moulins n'en furent pas dépourvus, le meunier n'accédant alors à la chambre des meules que par une étroite "échelle de meunier"

II faut maintenant considérer un autre aspect : la situation du moulin souvent éloigné du bourg ou du hameau. Plusieurs auteurs attestent que, par longue période de vent et de grand travail, le meunier pouvait rester à son poste jour et nuit. Aussi n'est-il pas surprenant de trouver dans certains moulins (comme en Quercy, en Vendée, en Volvestre ou en Provence) le minimum nécessaire pour vivre : un âtre a été réservé dans l'épaisseur du mur, la place du foyer étant parfaitement discernable ainsi que les traces de suie ou de fumée montrant qu'on a vécu dans le moulin et peut-être fait une cuisine sommaire. Le conduit d'évacuation - la cheminée - a été ménagé dans l'épaisseur du mur, au moment de la construction, et débouche vers l'extérieur de façon en général peu discernable (l'ouverture = une pierre manquante) du côté où le vent souffle le plus rarement. Une niche plus ou moins grande a servi de placard tandis que sous l'escalier était aménagée une couche sommaire ou un lit-clos

 

le moulin de Craca est un moulin à petit pied et encorbellement plat typique de la région du Trégor.

 

II. LE MOULIN "GROSSE-TETE"

 

Si les moulins (petit-pied) étaient si bas c'est qu'avant 1880 leurs ailes étaient de toile et qu'il fallait monter dans les (barreaux) pour déployer la voilure avant de détendre le frein, et pour la replier quand la mouture était finie. Les voiles du moulin, c'était à la femme du meunier de les entretenir... elle était la ravaudeuse des grands panneaux de toile de qui le moulin tenait toute sa vie. Le travail était délicat et Rose Boissière, la grand-mère des Redor de Saint-Savin, était une ouvrière particulièrement appréciée. Elle dut, sur ses vieux *jours, quand les (ailes) de bois remplacèrent la voilure de toile, considérer avec méfiance le "moulageur" qui substitua les lamelles rigides à la souplesse de son drap et "jamais, pensa-t-elle, le moulin ne tournerait désormais aussi bien".

Pourtant c'était un progrès : le garçon meunier sut, lui, de bonne heure, l'apprécier puisqu'il le dispensait des heures d'acrobatie auxquelles l'obligeait jusque-là le caprice du vent... (Désormais) 1e déploiement des lattes était facilement réglable...

 

Paul MERCIER

"Le pain quotidien, Contribution à l'histoire de Saint-Etienne-de-Montluc" juillet 1949

 

On aura reconnu, au lendemain de la guerre de 1870, l'invasion pacifique de l'ouest breton par les ailes Berton. Comme nous l'avons déjà remarqué, la substitution d'un élément plus moderne entraîne le remodelage complet de l'architecture et de la technologie traditionnelles : les "petit-pied" perdent même leur nom dans cette modification de structure et de silhouette. Grande tour et Grosse-tête diffèrent fort peu, et peuvent sans grand problème être réunis dans la même famille des grands moulins à meules multiples, et à technologie modernisée.

Cependant, dans toute cette région de la Loire-Atlantique et du Sud-Morbihan, on se souvient des modèles traditionnels et on marque fidèlement la "taille" des hautes tours nouvellement construites, par un ressaut, rappelant de fort loin la construction en encorbellement du petit-pied séculaire. Ainsi plusieurs moulins de Mesquers, le moulin de la Croix par exemple, le moulin de la Galonnière à Couëron, le moulin de la Couleuvre à Penestier, celui de Clis près de Guérande (le seul moulin grosse-tête qui, à notre connaissance, ait été équipé d'un moulinet d'orientation automatique), celui de Saint-Savin au fût bizarrement renflé sous l'encorbellement, se souviennent du petit-pied.

Fort rares, semble-t-il, sont les petit-pied qui, adoptant 1'aile Berton, n'en subirent aucune modification externe. Nous en connaissons un cas, celui du moulin de Rochoux à Bouée, ses ailes (peut-être proportionnellement réduites) sont pourtant conformes aux normes : 11 lattes sur 5 vérons. Il se peut toutefois que le cône du toit ait été légèrement "appointé" pour loger correctement un arbre plus robuste et rendu plus encombrant à cause des leviers de commande (les quatre bras).

Très nombreux au contraire furent les petit-pied qui, dans le dernier quart du  XIX° siècle, furent "saisis d'exhaussement" : l'adoption de l'aile Berton entraînant la série complète des modifications internes et externes, architecturales et technologiques.

Nous choisirons l'un d'eux parmi le grand nombre qui jalonne, de Nantes à la presqu'île guérandaise, "le Sillon" et "la Vallée".

= Le "Sillon" est cette ligne de crête montueuse ensoleillée, au sol riche et aux cultures variées, parfois coupée de petits bois - nous sommes dans un pays de bocage très aéré - qui domine de quelques dizaines de mètres d'altitude la "Vallée".

= La "Vallée", c'est la plaine qui descend en pente très douce, au sud, vers la rive droite de la Loire.

Nul doute que la proximité de la ville de Nantes ait eu son importance dans le développement de la meunerie à vent, mais il faut tenir compte aussi des villes petites ou moyennes telles que, sur le Sillon, Saint-Etienne-de-Montluc et Savenay.

Parce que le sol était riche, les moulins étaient nombreux au pays de Saint-Etienne. (Vers 1870) on pouvait en compter 15 en pleine activité :

=sur le Sillon : les moulins de Perrières, de Saint-Savin, de Bel-Air, de la Juliennais, des Carrières, de la Gargouillère, de la Garenne, du Tertre blanc, de l'Aubric, de Belle-Vue et de Chaugenet;

= dans la Vallée, en revenant sur Couëron, on voyait tourner les ailes du Moulin-Neuf, de la Gicquelais, de la Musse et de la Lande-Petite. I1 y en eut aussi à Cordemais : moulins de la Herlaie et d'Acigné...

Paul MERCIE

Si les plus anciens furent toujours de création seigneuriale, ceux qui, modernisés, nous intéressent maintenant appartenaient à des particuliers, généralement inscrits dans des lignées ou des dynasties de meuniers. Les familles de meuniers étaient nombreuses ici autant que les moulins :

"On est meunier de père en fils" et "Fille de meunier épouse un meunier" ont en Bretagne valeur de proverbes

(Paul Mercier).

Dans cette région où la culture céréalière occupait une grande place, où l'administration révolutionnaire débaptisa Saint-Etienne-de-Montluc pour en faire Messidor - hommage magnifique rendu à la fécondité du sol stéphanois, aux moissons dorées étagées sur le Sillon et aux foins blonds de la Vallée (P.M.), un moulin traverse l'Histoire ! Non loin de Savenay, près du Point du Jour, se dresse le Moulin de la Paclais ou de la Pâquelais. Ce fut pendant des siècles un moulin féodal ; construit en 1340 à un seul étage, c'était un petit-pied à la structure habituelle bien qu'un détail ornemental et architectural le distingue d'emblée de tous les autres. L'encorbellement de l'étage est plus complexe que tous les autres et d'un  effet des plus heureux : un bandeau mouluré forme une première ceinture, au-dessus un certain nombre de trous carrés rappellent ceux, rectangulaires, qui, à mi-hauteur du socle, font penser à des meurtrières. Au-dessus d'un second bandeau, une couronne de corbeaux  rectangulaires  rappelle créneaux et merlons des tours féodales, cette couronne supporte la corniche moulurée qui sert de base au corps du moulin. Brusquement, le XX° siècle s'élève sur le XIV° siècle : le moulin a été "réparé et exhaussé en 1911". Sa hauteur totale a été portée à 15 m environ. Le propriétaire n'avait peut-être ni les moyens techniques, ni les moyens financiers de poursuivre sans coupure visible l'excellente construction médiévale. Malgré cela le Moulin de la Paclais garde un incontestable charme (auquel s'ajoutent peut-être pour nous des traits ignorés du profane :

Ce moulin, remarqué par Herman Webstcr, Mlle Huard et Rex Wailes, a été racheté par le premier en 1937 pour empêcher l'éviction de la famille des meuniers. Aujourd'hui le moulin survit au Major qui enquêta une grande partie de sa vie sur les moulins à vent de France. N'est-ce pas assez pour mériter un sort spécial ?).

Prenant plus haut le vent, 1e moulin fut équipé d'ailes Berton (11 planches, 5 vérons), désormais la voilure n'effleurait plus le sol !

Aussi alourdit-on sa base d'une ample construction annexe, sur un sixième de sa circonférence environ, elle a fonction de magasin. On aurait de bonnes  raisons de regretter cette adjonction, la pureté de sa silhouette, altérée certes mais élevée, n'apparaît que du côté opposé.  La belle porte surmontée de restes d'armoiries disparaît dans le magasin en avant-corps.

A l'intérieur un robuste escalier métallique permet l'accès à la chambre haute. On repère au passage le blutoir, le ventilateur, les couples de meules. Au sommet la mécanique classique des commandes Berton.

Le toit est mobile sur un chemin à crémaillère, son orientation est commandée par un jeu de poulies et pignons et une chaîne sans fin tels qu'on les voit à Savenay, Challain-la-Potherie, La Turballe, Sallertaine, etc., dans tous les moulins modernisées de l'Ouest. 

 

En complément, Voir sur le thème des moulins : MORICET père et fils - Meuniers :

http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-216593.html

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