Etymologie du nom de famille REHEL

Publié le par GOUPIL Stéphane


Je souhaite remercier Henri Wittmann pour son commentaire que je vous propose en complément de l'article que j'avais publié sur les origines du nom REHEL
1. Le terme celtique ROH et ses dérivés sont des emprunts au latin populaire ROCCA "roche".

2. REH, REHEL sont des termes de tous les jours pour désigner respectivement "chevreuil" et "petit chevreuil" dans tous les dialectes germaniques de l'Alsace, du Bade-Wuertemberg, de la Suisse et de l'Autriche. Ceci étant, la distribution de ces termes en tant que noms de famille dans ces régions est tout aussi fréquent que celle, par exemple, de HIRSCH, HIRSCHEL, termes désignant "cerf", "petit cerf".

3. Le fait qu'il existe en Bretagne un hameau isolé appelé VILLE REHEL est plutôt indicatif qu'il s'agit d'un lieu où se regroupaient des gens d'une même famille venus d'ailleurs, possiblement au moment des guerres de religion.

Prenons comme exemple l'histoire du VILLAGE DES CARLE, en Mauricie (entre Louiseville et Trois-Rivières). Le berceau de cette famille est en Provence. Pendant les guerres de religion, des CARLE prostestants ont migré, principalement vers le Wuertemberg et la Gascogne où on les trouve dans les registres sous le patronyme CARLES. Le premier CARLES est venu au Québec très tardivement, juste avant la conquête. Étant sans doute pointé du doigt pour ses moeurs et son accent, il s'est fixé en un lieu qu'on appele encore aujourd'hui le VILLAGE DES CARLE.

Curieusement, quand on regarde la distribution confessionnelle dans les régions où le patronyme REHEL est le plus répandu, on constate que le Wuertemberg est uniformément prostestant, que le pays de Bade est uniformément catholique, alors que l'Alsace et la Suisse présentent des régions uniformément protestantes ou catholiques selon l'historique des fiefs et cantons qui la composent. Cette situation est attribuable au nettoyage "ethnique" qui se pratiquait au temps des guerres de religion selon le bon vouloir du pouvoir politique de l'époque. Les migrations conséquentes ont fait en sorte que de nombreuses famille alsaciennes d'obédience catholique se sont retrouvées en terres d'asile françaises, notamment en Champagne, en Bourgogne, en Anjou et en Bretagne.

4. Quant aux dictionnaires de Dauzat et de Morlet, je conçois qu'ils renferment de nombreux défauts laissant place à des desiderata tout aussi nombreux, mais je ne vois pas en quoi cela permettrait de remettre en question des étymologies claires et établies indépendamment.

Henri Wittmann
professeur émerite de linguistique
hwittman@cgocable.ca
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