Mensonges et manipulations de l'histoire

Publié le par GOUPIL Stéphane

Dans son introduction au dossier « mensonges et manipulations de l’histoire » (magazine Actualité de l’Histoire de juillet 2006), Vincent Allard relate « pourquoi, souvent, on fabrique des fictions pour arranger l’histoire et mieux gouverner ; fréquemment, on oublie des vérités.

 

Mentir et manipuler pourquoi ?

Une première raison pour susciter l’admiration de quelqu’un, ou pour susciter la haine d’un autre.

Une seconde raison est de susciter l’indignation et donc de dévaloriser une action, de l’étouffer, de la faire oublier. Une question apparaît alors : à qui profite le crime ?

 

• Une troisième raison est de répondre à une invocation idéologique, soit du moment, soit postérieure, et on assiste là à la naissance d’une historiographie orientée.

• Une quatrième raison consiste tout simplement à aller dans le sens des aspirations du peuple, du moins d’un point de vue de la psychologie politique.

 

• Une cinquième raison s’explique par la création d’une propagande qui repose sur des points d’appui idéologique, sur des rapports de vanité humaine, sur une folie du pouvoir, sur la « servitude volontaire » du peuple telle que l’évoquait La Boétie…, sur des particularismes religieux totalitaristes et fondamentalistes.

• Une sixième raison consiste en ce que souvent l’histoire de ces cinquante dernières années a préféré s’arrêter à des faits de microsociétés relatifs aux climats, à la démographie, à l’évolution des mœurs, de la mode, ou à l’économie d’un secteur industriels… laissant l’histoire vécue de côté, considérant l’homme comme une de l’anecdote et préférant dire que tout ce qui est acquis dans le corpus historique ne peut être remis en cause sauf à entrer dans la sphère de l’obscur et de l’énigme et donc du non universitaire, c’est-à-dire du populaire…

L’histoire est ambivalente, elle est une matière – pour ne pas dire une science – en mutation et en questionnement perpétuel. »

 

Dans cette même rubrique « Histoire : questions – réflexions », vous pouvez consulter également :

Mon attachement à la Normandie ;

Méthodologie : introduction aux sciences auxiliaires de l’histoire

Mémoire et malmémoire ?

 

 

 

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