LES RACINES NORMANDES DU ROMAN DE RENART

Publié le par Stéphane GOUPIL

Dans le Roman de Renart, l’un des auteurs Richard de Lison, un des plus brillants esprits du XIIe siècle normand, fait référence à Guillaume Bacon. Le poème est dédicacé au seigneur du Molay, un ancêtre de Jeanne Bacon (voir art. précédent). A la fois parodie des chansons de gestes et des branches qui les ont précédées, le poème de Richard de Lison est tout d’abord une virulente satire de la société féodale, où la quête de nourriture est la première préoccupation.

 

 

Dans l'enclos ils se sont glissés

Loin du château dessous la ville.

Et Renart, qui est bas et vil,

S’adresse à Tybert en ces termes :

« Tybert, sur ta foi la plus ferme,

Fait-il, dis-moi la vérité.

Si venaient ici rassemblés

Tous les chiens de Guillaume Bacon,

-Que Dieu t'accorde son pardon !

Dis-moi ce que tu ferais ;

Tu fuirais et me laisserais ?

-Je sauterais sur cet arbre à glands,

Dit Tybert, car c'est le plus grand !

Là-haut, eu égard à leur force,

Je trouverais un creux d'écorce

Qui pourrait me dissimuler,

Et les laisserais chevaucher.

Parce que ma panse est trop pleine,

A fuir je manquerais d'haleine.

Et toi, Renart, qu'est-ce que tu ferais ?

Je sais bien que tu t'enfuirais ;

Et tu voudrais m'en faire promettre ! »

(vers 160 à 181)

 

Comme il fallait s'y attendre, cet échange verbal à peine achevé, ils entendent arriver Guillaume Bacon et sa meute ! Tout se passe selon les prévisions de Tybert, qui se réfugie sur le chêne, tandis que Renart s'enfuit à toutes jambes.

Un des passages conte l'union de Tybert le chat et de Renart afin de voler les poules dans la propriété de Guillaume Bacon, clin d'oeil de connivence littéraire avec le seigneur du Molay. Suivons dans leur périple les deux compères.

Publié dans HISTOIRE : Culture

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