Nos ancêtres fabricants dans le textile

Publié le par Stéphane GOUPIL

Nous recensons pour l’instant 3 fabricants parmi nos ancêtres, dans la branche GAGUIN (ou GAGAIN)-PICARD

Jacques Michel GAGUIN (1764-1830) est siamoisier propriétaire (fabricant d’étoffes fines – imitation de l’étoffe de Siam) en 1783 puis fabricant de Nankin (imitation du tissus de la ville de Nankin en Chine centrale, cap. du Kiang-sou) en 1798

Gabriel PICARD est siamoisier au Fbg de la Porte de Rouen à Louviers.en 1786

Jean Michel GAGUIN est fabricant de cotonnade à Louviers en 1795.

 Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, à Louviers, ce milieu était resté stable, fermé sur lui-même, et limité à une quinzaine de membres aux niveau de richesses toutefois très différenciés. Entre 1789 et l’An IX, le milieu ressent déjà l’impact de l’épisode révolutionnaire : il passe de 14 à 22 membres par accueil d’une génération de nouveaux fabricants inconnus jusqu’alors.

Grâce à divers documents, il est possible de suivre nominalement, année par année, de l’an XII à 1850, la progression de ce milieu. L’épisode cotonnier y transparaît très clairement. En 1809, on compte 15 filateurs de coton, ainsi qu’un certain nombre de fabricants d’étoffes de coton et nankins, qui tous disparaîtront en 1818. Parallèlement, on note l’apparition de deux nouveaux types d’industriels : le filateur proprement dit _ on en compte 10 en 1818 _ et le fabricant-filateur, plus rare, qui intègre la totalité du processus du drap. On en compte 2 en 1818, 5 en 1828, 6 en 1834.

Mais le phénomène le plus frappant auquel on assiste entre l’An XII et 1835, est cet engouement spectaculaire et éphémère pour la fabrique, qui fait que le nombre de patentés de l’industrie textile passe de 37 en l’An XII à 124 en 1818, et le nombre de fabricants de 35 à 106. C’est la Restauration qui va se faire réellement porteuse de cet éclatement sociologique, du moins après des années de crise profonde consécutives à la chute de Napoléon. En 1814, le préfet décrit les « très grands échecs » éprouvés par les manufactures lovériennes, la « diminution considérable de consommation et de débouchés, la stagnation du travail, et la condamnation de plusieurs milliers d’ouvriers à la plus cruelle oisiveté. Les fabricants se plaignent surtout de la concurrence fâcheuse qu’ils ont éprouvée des manufactures de draps de la Belgique, et ce n’est pas chez eux qu’il faut chercher des regrets de la séparation de ces belles provinces d’avec la France ».

Il est en effet d’usage d’associer cette séparation à l’engouement soudain pour la fabrique de draps.

 Sources :

AD de l'Eure

"La chambre des Tisseurs - Louviers : Cité Drapière 1680-1840" coll. milieux CHAMP VALLON

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