La femme de jadis en Normandie

Publié le par Stéphane GOUPIL

Il faut remonter aux sources de l’histoire de la Normandie pour comprendre le sort qui était réservé jadis, juridiquement, par la coutume appliquée en cette province, à la femme, jeune fille d’abord, puis épouse et devenue veuve. Jeune fille, majeure à 20 ans révolus et un jour, elle était sous l’autorité de son père qui avait tous pouvoirs sur elle, étant censé posséder puissance et protection à son égard. Il avait donc possibilité de la sanctionner , la fouetter, la maltraiter, ce qui fut confirmé par un arrêt du Parlement de 1620. Juridiquement, elle avait certains droits, sauf celui de se marier à son gré, et était exclue de la succession paternelle si elle avait des frères, sauf exceptions bien entendu. Mariée, la femme va être à la merci de son époux et devra lui obéir en toute chose. Il est le maître chez lui et il a le droit de la corriger, car il est responsable vis-à-vis de sa famille et des tiers. Il a le droit de la battre avec verge et bâton, mais raisonnablement ! Sans fracture ou blessure pouvant entraîner mutilation. Prise en flagrant délit d’adultère, son mari peut la tuer sur place et obtenir, éventuellement, lettres de rémission (le pardon royal) : à noter que si elle en a le courage, la femme, avec l’appui des siens, peut se débarrasser de son époux en arguant de sévices affreux : une fois jetée dans un puits si elle est noble, deux fois si elle est roturière ! S’il l’abandonne avec ses  enfants, elle peut justifier d’une mauvaise odeur provenant d’un abcès nasal et d’origine tuberculeux, la sanction étant séparation de corps et de biens. Lui était relégué comme un lépreux. En fait, la femme veuve pouvait espérer quelques profits de cet état de fait. Elle a quarante jours pour accepter ou non la succession, pouvant se documenter sur le patrimoine. A noter qu’en Normandie, les gens mariés ne pouvaient se faire donation mutuelle, seul le douaire pouvait lui être favorable, et encore ! En conclusion, « en droit normand coutumier, la femme a un situation curieuse : elle a un ennemi juridique, l’homme ».

(par Philippe DEVILLARD).

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