La santé de nos ancêtres

Publié le par Stéphane GOUPIL

(Résumé d'une conférence donnée par le docteur LANQUETIN, spécialiste de Santé publique, à Paris le 18/12/1999, à la Maison de Franche Comté, 2 boulevard des Capucines, à la demande du Cercle d'Entr'aide généalogique de Franche Comté).

On ne peut faire de généalogie sans s'intéresser à l'Histoire, mais il est difficile de faire oeuvre d'épidémiologiste ou de médecin en consultant les registres d'état civil ou des documents anciens. Les généalogistes et les curieux sont en effet confrontés à des documents incomplets, souvent inexacts et mal systématisés. Il est impossible d'y appliquer la méthode scientifique, qui exige un grand nombre d'observations et une rigueur bien étrangère aux registres d'état civil, par exemple...

De plus, et lorsqu'on les rencontre, les rares mentions médicales sont rédigées par des non-médecins en termes vagues, trop généraux et des concepts flous. Et même s'ils avaient été rédigés par un médecin ou un officier de santé, ils n'apporteraient que peu de renseignements en raison de l'état des connaissances de l'époque, voire de la volonté du rédacteur de dissimuler son ignorance ...

Il faut donc rester modeste et dire que la généalogie ne peut être qu'un appoint à la connaissance de la santé de nos ancêtres, ses témoignages étant trop anecdotiques et imprécis. Il existe certes quelques rares cas où généalogie, génétique et santé ont pu être associés : chez les familles nobles (par exemple chez les familles royales d'Europe atteintes d'hémophilie) ou chez les émigrants du Norfolk au 17° siècle (la maladie de Huntington des "Sorcières de Salem"). Ce que l'on rencontre le plus souvent dans les documents consultés par les généalogistes ce sont, me semble-t-il, l'âge, parfois la cause du décès (mort à la guerre, crime, noyade, attaque des loups, accident en forêt, mort-né, etc) et plus rarement des annotations vagues telles que : langueur, consomption, apoplexie, gangrène, etc..

Pour ne pas être trop volumineux, limitons nous à l'Europe occidentale, sachant que les situations anciennes sont maintenant trouvées dans les pays en voie de développement. Après un rappel succinct des grandes périodes de l'évolution de l'hygiéne, abordons les grandes causes de mortalité et terminons par quelques statistiques.

Les grandes périodes de l'évolution sanitaire :

Ce découpage, un peu artificiel, n'est valable que pour l'Europe de l'Ouest et décrit deux périodes : avant et après 1850.

Avant 1850 :

Les théories de Galien et d'Hippocrate sont utilisées de façon pratiquement inchangées depuis l'Antiquité : c'est la théorie des "humeurs", le règne des barbiers et apothicaires, charlatans, devins, empiristes. S'ils existent bien des facultés de médecine (Montpellier, Sorbonne,etc), les études sont courtes. Le "saignare et purgare", associés à une langage d'initié, fait ce qu'il peut, souvent railler par les auteurs (Molière, Scapin, etc) .... L'empirisme, parfois le charlatanisme, voire la sorcellerie et l'astrologie tentent de suppléer à l'absence de connaissances scientifiques. On soigne par les plantes (herboristes) ce qui fait aussi rarement mourir ... C'est aussi le preceps célèbre "primum, non nocere" : d'abord ne pas nuire...

Il ne faut cependant pas oublier Ambroise PARÉ (circulation sanguine), l'étude des cadavres par l'autopsie, autorisée très tardivement, la découverte du microscope, vers 1600, qui permet de voir les microbes (micro bio = petit être vivants) sans comprendre le mécanisme de transmission des maladies. La lutte contre les épidémies et endémies est impossible, si ce n'est avec les mesures de prévention (quarantaine, isolement). La théorie de la génération spontanée perdurera jusqu'à Pasteur. JENNER, vétérinaire, invente cependant la vaccination anti-variolique. Quant à la chirurgie, elle fait ce qu'elle peut, sans anesthésie, sur les champs de bataille comme ailleurs... Par exemple, on soigne la "maladie de la pierre" sans anesthésie : destruction des calculs dans la vessie avec des outils métalliques non stériles... C'est ça ou mourir d'urémie....

Cette période se termine, très approximativement, avec l'apparition de la méthode scientifique (la méthode expérimentale) de Claude BERNARD qui précise, vers 1850, la physiologie de l'organisme humain et par la découverte du stéthoscope en 1817 (LAENNEC). Période de transition à laquelle manque non pas la connaissance du microbe, qui est connu, mais son mode de transmission. Le chloroforme et l'éther (anesthésie "à la reine" pour la reine Victoria) rendent plus humaines certaines opérations (amputation, appendicite, accouchement, césariennes, etc).

 

Après 1850 : l'ère post-pasteurienne

Disparaît la théorie de la génération spontanée, des "humeurs". Apparaissent les vaccins, les sérums, les mesures scientifiques de prévention des épidémies, la stérilisation, l'antiseptie. On remplace les apothicaires par les médecins et les officiers de santé, formés en faculté (1803). Puis, c'est notre époque moderne dans les pays riches, avec la mondialisation des études épidémiologiques, des ministères de la Santé, de l'OMS, du remplacement des grandes épidémies bactériennes par les viroses (SIDA, Ebola, etc), mais aussi la persistance des endémies dans les pays pauvres (paludisme, bilharziose, tuberculose,etc.), le triomphe des antibiotiques, de l'anesthésie, des remplacement d'organes, des greffes, des manipulation génétiques, etc

Sans aborder les temps modernes qui sortent du sujet, il apparaît que les progrès modernes (antibiotiques, pharmacologie, chirurgie) n'ont pu apparaître que sur cette découverte d'un franc-comtois : les "humeurs", la "génération spontanée" n'existent pas, seul existe un microbe qui vient d'un autre microbe et que l'on peut combattre. Une seule phrase de PASTEUR :

"Si j'avais l'honneur d'être chirurgien... après avoir nettoyé mes mains avec le plus grand soin, je n'emploierais que des bandelettes (nb : des pansements) préalablement portées à la température de 130 à 150° et n'emploierais jamais qu'une eau bouillie à 100° ou 120°".

Tout est dit : des centaines de millions d'individus doivent leur vie, leur guérison, l'absence de maladie à cette conception simple et pourtant révolutionnaire !

 

Quelles furent les différentes causes de mortalité chez nos ancêtres, avant 1850 ?

En négligeant les décès par accident ou guerre, il s'agit des épidémies, des pathologies dues aux carences alimentaires ou à la mal-nutrition (diabète), souvent aggravées par les conséquences de la misère, des guerres et de l'urbanisation.

a) Les épidémies :

On a surtout à l'esprit les épidémies de peste. Elles furent en effet individualisées et bien décrites dès l'Antiquité. Quelques épidémies célèbres :

Rome en - 293 av.JC : pour la combattre, une mission ramène du temple d'Epidaure un serpent sacré qui s'échappe et gagne l'Ile Tibertine à Rome. L'épidémie s'arrête...

En Chine et Egypte : les textes existent qui la décrive dès le 1er millénaire avant JC.

Dans la Bible : la peste envoyée aux Philistins pour qu'ils rendent l'Arche d'Alliance aux Hébreux.. La défaite de Semacherib, roi assyrien qui encerclait Jérusalem : "L'ange de Jahvé sortit et frappa 185.000 hommes". Cette épidémie était-elle en fait une forme rapide de malaria, telle celle qui, au même endroit mais en 1917, décima la moitié des soldats anglais qui étaient en convalescence dans la région marécageuse du Jourdain ??

La peste d'Athéne qui tua un quart de la population, nous dit Diodore de Sicile : 10.000 habitants, 4.000 hoplites, 400 cavaliers... On accusa les péloponésiens d'avoir empoisonné les puits... Thucydide décrit les symptômes avec grande précision.

La peste de Syracuse, (= la peste antonine) qui, en 167 ap.JC, emporta Marc Aurèle. Galien s'appliqua à lui même, et sans grand courage, son adage pour combattre le fléau : "cito, longo, tarde" c.à.d : partir aussitôt, loin, longtemps.

La peste de Justinien, racontée par Grégoire de Tours. Elle atteint Clermond Ferrand en 567 : 300 cadavres dans la cathédrale...

C'est à cette époque qu'apparaît la peste pulmonaire et l'expression "Dieu vous bénisse !". En effet, elle se transmettait par simple éternuement et la mort survenait quelques heures plus tard...

Il faut finir par "l'année de la grand'mort", celle de la peste noire, qui avec une mortalité de 60 à 100%, fit périr en 1348 et 1349, plus de la moitié de la population européenne. Partie de Marseille et de Gènes, en raison du commerce avec l'Orient, elle touche toute l'Europe, de façon un peu inégale. Brème perd 70% de ses habitants, mais Magdebourg "seulement" 10 %... Sont un peu épargnées aussi des régions comme le Béarn, la Pologne, la Hongrie.

Elle est sans pitié pour les communautés humaines : troupes, communautés religieuses, villes. Certains villages très isolés sont un peu épargnés, sauf si des fuyards des régions contaminés y sont accueillis... Il semblerait que quelques fermes du Haut-Doubs, vivant en semi-autarcie, aient échappées.. A Givry, en Bourgogne, sur 1.500 âmes, il y a 645 décès d'août à novembre 1348.. On brûle les coupables tout désignés et on confisque leurs biens : les juifs, les étrangers, sauf en Avignon qui est terre d'église.. La peste servit (?) aussi de "première arme biologique", lors du siège d'une ville russe par les troupes mongoles, qui lancèrent par dessus les murs un cadavre décédé de la peste...

Les conséquences de cette épidémie furent nombreuses : accentuation de la régression démographique antérieure, crise de main d'oeuvre d'où diminution des charges et dîmes entraînant mise en difficulté des petites seigneuries rurales.

Épidémies de peste des temps modernes :

1600 : en Aragon

1577 : Venise perd 50.000 habitants. Montaigne préfère quitter Bordeaux, la grande ville dont il est échevin ...

1653 : Toulouse

1665 : Londres

1720 : Marseille

1828 : peste dans les Balkans

1962 : 700 cas mondiaux dont certains aux USA !

1966 (oui !) : 3.000 cas au Vietnam

La plupart du temps associée à la malnutrition et à la famine, la peste est "le grand massacreur des mal-nourris". Elle se guérit actuellement par des antibiotiques, si le diagnostic est porté à temps.

Autres maladies épidémiques :

La lèpre qui disparaît pratiquement de l'Europe au 16° siècle. Raisons climatiques, meilleur alimentation et hygiène ? Elle touche encore, dans le monde, plusieurs centaines de millions de malades. C'était le mal-ladre traité dans les maladreries. On trouve des traces de lèpre sur certaines momies égyptiennes. Le traitement en est simple et peu coûteux , il existait cependant 1 million de cas dans le monde en 1995.

La variole : Jusqu'à la seconde moitié du 19° siècle, c'est la grande cause de maladie infantile. La mortalité est pratiquement de 100%... Elle disparaît en Europe avec la vaccination jennérienne et aurait disparu de la planète (?), et fut déclarée éradiquée par l'OMS en 1980. Mais le virus serait conservé dans certains laboratoires militaires secrets ...

La coqueluche : endémique au 16 et 17° siècle, elle tue 10.000 personnes à Paris en 1580 et 40.000 enfants en Suède (de 1749 à 1764).

La fièvre jaune : apparue en 1831 en Europe (colonisation de l'Afrique), elle gagne l'Amérique en 1837 et décime une grande partie des autochtones.

 

Des nouvelles épidémies apparaissent :

la syphilis : en Méditerranée et en France au 15° siècle, avec les guerres d'Italie. Elle a entraîné une désaffection durable des bains, car la faculté pensait qu'elle était transmise par les bains ! Elle avait aussi un caractère "honteux" qui n'a pas facilité son traitement. Les Italiens s'appelèrent "le mal français" et les Français "le mal de Naples"...

le choléra : déja décrit à Rome. Dernières épidémies : en France (1853 :100.000 décès), en 1832 à Paris et Marseille (dont le premier ministre, Casimir PERRIER), en 1921 (Russie, Pologne), en Espagne (1984). Par sa soudaineté, le choléra impressionne : la mort survient en 48 heures , après une incubation de 4 jours !

la typhoïde (maintenant Salmonellose) : transmission par l'eau et les aliments.

Les viroses :

Elles semblent apparaître de nos jours et "remplacer" les affections bactériennes mais en réalité elles ont toujours existé dans des régions isolées et inconnues des occidentaux : fièvre jaune, Ebola, mal. de Lhassa, sans parler du SIDA.

La grippe : apparition récente en 1918 (grippe espagnole 10.000 décès en France).

 

Les endémies :

Elles sont souvent liées à des facteurs socio-économiques et touchent une région, un groupe humain, etc . Elles accompagnent la misère, les guerres, les grandes migrations (pèlerinages, conscriptions, les échanges commerciaux, l'urbanisation, les guerres coloniales. Citons :

la tuberculose et ses conséquences : écrouelles, mal de Pott (bossus), abcès froids, phtisie, favorisées dans nos régions par le confinement d'hiver, maladie donc plus fréquente chez les filles que chez les garçons (rôle de la veillée, des habits recouvrant tout le corps...). Les caves de Lille (textile) et de Liverpool étaient tristement célèbres.. La méningite tuberculeuse emportait en quelques jours 1 nourrisson sur 20 ... La mortalité par tuberculose était, à Paris en 1816, de 350 pour 100.000 habitants. Elle est en France, en 1990, de 1,5 pour 100.000 ... En 1820, 20% des décès hospitaliers étaient dûs à la tuberculose.

la poliomyélite, le long des cours d'eau (paralysies)

la diphtérie : emportant 1 enfant sur 5, dans la première enfance. Première trachéotomie en -100 av.JC par Asclépiade..

la rage (ruralité de la France) transmise par le renard, notamment.

le tétanos (accouchement dans les fermes, près du fumier..., vie en commun avec les animaux, transmission par le cordon ombilical souillé).

Les carences alimentaires :

Conséquences de la misère ou d'une alimentation non variée, essentiellement :

le scorbut (carence en légumes frais et en vitamines C) qui touchait les assiégés privés d'aliments frais ou les navigateurs au long cours.

les carences en fer : l'absence de consommation de viande rouge (pratiquement jamais pour 60% de la population) qui entraînait un état chronique d'anémie, favorisant à son tour la survenue de diverses pathologies (tuberculose, infections diverses).

le rachitisme : confinement en ferme, habit couvrant tout le corps, avec ses conséquences sur la fragilité osseuse, la survenue d'affection intercurrentes.

Carences très localisées : iode -> goitre -> "crétin des Alpes", dans certaines régions très isolées n'ayant pas l'apport de l'iode du sel marin.

 

Autres causes de mortalité :

le diabète, connu mais inguérissable, qui entraîne des complications artérielles et sensorielles : gangrène, amputation, cécité. Et l'insuline n'apparaît qu'au 20° siècle...

La "suette", affection disparue, frappait par petites épidémies localisées.

Les "fièvres puerpérales" : 1 décès sur 8 accouchement en maternité, avant l'ère pastorienne, prévenue par la simple désinfection des mains de l'accoucheur et de la sage femme...

Mal des Ardents : provoqué par la consommation de blé parasité par l'ergot de seigle (Avignon, 1750).

Autres causes de morbidité incomprises : épilepsie, folie, "danse de Saint Guy", traitées empiriquement ou par des punitions, exorcismes, échafaud..), "apoplexie" (= congestion cérébrale par poussée hypertensive chez les mal ou trop nourris ou diabétiques). Beaucoup d'apoplexie sur les registres d'état civel après les mariages de l'hiver...

Infections courantes : angines, bronchites et leurs conséquences (RAA, cardiopathies), "feu de Saint Antoine" (= lymphangite), érésipèle, fièvres puérpérales des accouchées (décès très fréquents en maternité en absence de lavage des mains...).

Appendicite (et péritonite), occlusions diverses("vomito negro"), gangrènes par artérites.

 

Deuxième période : post-pasteurienne

C'est l'époque moderne, avec l'obligation de déclaration des maladies, le certificat de décès rédigé par un médecin et adressé à un officier d'Etat-civil. Les registres modernes sont précis, rédigés selon des méthodes constantes et généralisées. Pour le généalogiste, l'aimable pagaille des siècles précédents a cédé le pas à la rigueur administrative. Les études épidémiologiques ou démographiques sont maintenant le fait d'Universités, d'Administrations (INSEE, collectivités), le secret médical étant protégé..

 

Quelques statistiques pour finir :

Causes de mortalité infantile :

A la naissance : ignorance des sages femmes, méconnaissances des techniques modernes (forceps, réanimation, manque de médecins), travail de la mère pendant la grossesse.

Premiers jours : Suites d'un accouchement difficile (hémorragie méningée), "régulation" des naissances d'un enfant illégitime (infanticide), enfant mort né avant la naissance?

Premiers mois : infections rhinopharyngées, intestinales, déshydratations, méningite tuberculeuse, tétanos.

Premières années : sevrage trop brutal, accident, diphtérie, tétanos, angines, tuberculose

vers 10 ans : appendicite, tuberculose,

Espérance de vie :

1810 : 33 ans pour les hommes, 39 pour les femmes

1890 : 43 et 46

Mortalité infantile (pourcentage de décès à moins d'un an, pour 1000 naissances) : Elle fut, avec le mariage tardif, l'infanticide, l'avortement une des "façons"de réguler les naissances...

1810 = 200 pour mille

1845 = 144 pour mille

1871 = 226 pour mille

1890 = 170 pour mille

1912 = 106 pour mille

Sur-mortalité homme-femme : L'espérance de vie favorable aux femmes est "une invention du 19° siècle". ..En effet, l'écart homme-femme est :

en 1780 : de 1/2 année

entre 1820 et 1870 : de 1 ou 2 ans en plus

en 1913 : de 4 ans

en 1989 : de 8,2 ans

Il y avait même une surmortalité féminine entre 1820 et 1870, entre 5 et 14 ans. Le confinement au foyer des filles a peut-être favorisé l'illétrisme, le rachitisme, la tuberculose. La surmortalité masculine n'apparaît qu'à partir de 1860. Rôle de la protection sociale des femmes et des enfants, du tabac, de l'alcool ??

Décès masculins:

1831: révoltes ouvrières (canuts à Lyon)

1841 : guerre d'Algérie

1855 : guerre de Crimée

1870 et 71 : guerre avec le Prusse, Commune de Paris, mauvaises récoltes.

 

Les morts accidentelles doublent entre 1840 et 1900. Les morts par suicide triplent entre 1840 et 1900 (trois hommes pour une femme).

 

La mortalité varie avec :

le lieu :

jusqu'en 1880, la mort frappe davantage à la ville qu'à la campagne

en 1820 : 36 pour mille en ville, 23 pour mille pour la campagne

en 1890 : 46 pour mille à la ville, 53 pour mille à la campagne (inversion en faveur de la ville : dispensaires, tout à l'égout, eaux courante)

l'appartenance sociale :

1810 : 32 années d'espérance de vie pour les propriétaires, 25 pour les journaliers.

1911 : mortalité de 11 pour mille chez le quart le plus riche de la population, contre 22 pour mille chez les ouvriers.

La natalité : (= naissance pour 1000 habitants)

1820 : 33 pour mille,1830 : 30 (taux dit de "fécondité dirigée"), 1850 : 26, 1900 : 22, 1913 : 18

La fécondité (nombre de naissance par femme en âge de procréer) :

1815 : 4,3 (Angleterre = 6,2); 1830 : 4;1850 : 3,5 ;1860 : 3,5 (Angleterre = 5)

Mariage tardif ("arme contraceptive de l'Ancien Régime") :

En 1830, dans le Nord et l'Est, 5 filles sur 6 ne sont pas mariées à 25 ans.

 

CONCLUSION :

Les épidémies sont-elles impossibles désormais ?? NON car il existe des armes biologiques (toxine botulique, variole, etc) et la désorganisation sanitaires de certains pays, les transports aériens, le développement du commerce, des pèlerinages, les mégapôles, la sous-alimentation, l'émergence de nouvelles (?) souches virales, etc. rendent le monde plus petit ! Et il existe toujours des foyers endémiques (dont certains aux USA !), la rage tue encore 60.000 personnes par an, la fièvre typhoïde touche 16 millions de personnes, 55 millions sont exposées à la maladie du sommeil, 3 millions de décès (dont 80% d'enfants) sont dûs aux maladies diarrhéïques, la brucellose (fièvre méditerrannéenne) touche 86 pays, le paludisme touche 270 millions d'humains, la bilharziose 200.000, sans compter le trachome (cécité), les filarioses, etc. D'où, l'intérêt de l'OMS, des vaccins, de la recherche, de la lutte contre la pauvreté, de la maîtrise de l'eau propre, c'est notre intérêt ! Quant au généalogiste, que la connaissance du mode de vie de nos ancêtres nous serve de leçon pour éviter les égoïsmes et le repli sur soi !

 

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