Les villes au XVIIe siècle

Publié le par Stéphane GOUPIL

Au XVIIe siècle, les dessinateurs qui représentent les villes se plaisent à les figurer corsetées de remparts et sises dans un environnement agreste. Jardins, lopins de vignes, champs labourés entourent la ville et viennent mourir aux pieds de ses murailles protectrices. Peu importe qu'au cours du siècle les murs soient de plus en plus mal entretenus l'enceinte résiste encore et délimite un espace de libertés et d'exemptions fragilisé par la mise sous tutelle des finances communales à partir du règne de Louis XIV.

Si l'air de la ville devient moins libre qu'auparavant, il reste toujours aussi nauséeux et sa piètre qualité est dénoncée à chaque épidémie. Pourtant, les villes exercent une attraction indéfectible sur les populations rurales environnantes. En période de crise agricole et de famine, elles accourent, espérant en l'assistance des congrégations religieuses, des corps de ville et comptant sur l'aumône des particuliers. En temps ordinaire, les villes sont synonymes de travail. Elles offrent des opportunités professionnelles sensiblement plus variées qu'à la campagne. L'air de la ville est favorable à l'acquisition de pratiques et de savoirs dispensés dans l'échoppe d'un artisan, la boutique d'un régent ou au collège.

Enfin, la ville est source de dépaysement et d'enchantement, à l'occasion d'une mission, par exemple lorsque le roi fait son entrée. Elle est un monde de contrastes, chatoyant et glauque, violent et policé vers lequel tous les voyageurs tournent les yeux. De copieuses notices décrivent leurs monuments et leurs antiquités.

 

extrait de ARCHIVES DE France – XVIIe siècle tome 4

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