La naissance en Normandie

Publié le par Stéphane GOUPIL

Après le mariage la taille de l'épouse est surveillée. Si l'enfant est lent à apparaître, la femme peut boire de l'eau d'une Fontaine réputée fécondante. Le mari aussi peut aller chercher une potion chez un rebouteux. On peut aussi faire un pèlerinage ou manger du poireau. On disait également qu'un mari d'âge faisait une meilleure descendance, « vieux coq, jeunes poulettes, tous les oeufs sont bons ».Une fois enceinte, la femme ne doit regarder que ce qui est beau pour éviter d'influencer négativement l'enfant. Si la mère a le masque de grossesse ou si son ventre est rond ce sera une fille. S'il est pointu ou s'il tarde à venir ce sera un garçon. Si la lune change 3 jours  avant ou après l'accouchement, le prochain sera de sexe opposé. L'accouchement est fait par la commère, la sage-femme devait être accréditée par le curé de la paroisse. Sans doute pour pouvoir ondoyer le bébé au cas où il ne survivrait pas. L'accouchement se fait à domicile, souvent devant l'âtre. En Basse-Normandie, on accouchait debout, dos appuyé contre le devant du lit. Parfois les femmes s'asseyait sur une grosse pouche (sac) remplie de balles d'avoine. On mettait une poignée de sel dans chaque main de la femme en couche. Lorsque les douleurs venaient, elle pouvait freiner, c'est à dire réduire le sel en poudre.

La commère tuait une poule pour le bouillon qui servirait à réconforter l'accouchée. Quelques fagots faisaient une bonne flambée pour tenir au chaud la mère et l'enfant. On pouvait aussi y jeter du gros sel pour préserver la mère et l'enfant du mauvais sort. Quand l'enfant était né, la commère avec une aiguille de fil ciré liait le cordon ombilical et le coupait à quelques centimètres de la ligature. Le placenta, ou délivre ou guérison, était enfoui dans le jardin. Lorsque le cordon ombilical tombait, il était aussi enterré dans le jardin, si possible sous un rosier pour que l'enfant est un beau teint.

Après sa naissance, le bébé est frotté de la tête aux pieds avec de la goutte ou encore il est nettoyé au beurre frais, avec ou sans jaune d'oeuf. Ensuite il était habillé ou langé souvent les mains le long du corps. On lui ajoutait un serre-tête pour éviter que le crâne ne se déforme sur l'oreiller.

 

le  berceau ne s'achetait jamais avant la naissance pour ne pas porter malheur. On se contentait le premier jour de déposer le nouveau-né dans le binot (corbeille en jonc dans laquelle on laisse la pâte à pain reposer avant la cuisson). Par contre le trousseau était préparé pendant la grossesse. Ensuite, on confectionnait le berceau en bois garni d'une pouche rempli de balles d'avoine. Ailleurs le bébé dort dans un ratelier, dans un buffet garni de paille ou dans un vieux châlit. Le prêtre, quant à lui, conseillait aux parents de ne pas mettre le bébé dans leur lit pour ne pas l'étouffer en dormant.

Dodo minette,

Ma p'te canette ;

Quand t'auras tras ans passés

Je te marirai

Dans une chambre

Pleine d'amandes,

Un marteau pour les casser,

Du pain blanc pour les manger.

Berceuse coglaise

Source : « Hommes et traditions populaires en Normandie . » C. GRISEL

 
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