Traité sur la Peste

Publié le par GOUPIL Stéphane

Extraits du « Traité sur la Peste » publié en 1744 par Mr CHYCOYNEAU (1)

« …Nous exposerons les symptômes généraux de cette maladie, le plus fréquent
était  la fièvre . Dans les uns elle se déclarait ouvertement ; dans les autres elle était  obscure, à peine se faisait-elle sentir, cependant la plupart des malades avaient le pouls uniforme ; il était fréquent et élevé. Mais les palpitations du coeur le troublaient  souvent, elles jettaient le malade dans des trémoussements convulsifs ; on entendait  d’assez loin le bruit de ce trémoussement…Un feu dévorant brûlait les entrailles, la langue était sèche et noire…Les premières impressions de cette fièvre était des frissons différens…Mais à peine étaient-ils calmés, que l’estomac se soulevait, le

dégoût était général, ou pour mieux dire c’était une horreur pour tous les alimens… leur présence seule causait des nausées ; le vomissement suivait sans diminuer ce dégoût ; la matière que vidaient les secousses de l’estomac était une bile semblable à la bierre, sa couleur était quelquefois verte ou porracée (2) ; mais ce qu’elle avait de plus insupportable était l’odeur qui infectait tous les environs.

Les maux de tête

Les sueurs

 L es pustules

 

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Ces pustules vésiculaires n’excluaient pas les bubons, ils s’élevaient sous les aisselles, aux aines, derrière les oreilles. Le nombre en était incertain : deux, trois et parfois davantage…ils étaient fort durs au commencement : ils résistaient à la plus forte compression. En les touchant on sentait qu’ils étaient fermes, semblables à de petits corps ronds, mobiles comme des boules à jouer ; de jour en jour cette dureté diminuait, les tumeurs se ramollissaient ; enfin il en sortait un pus épais et visqueux, peu différent du pus des abcès ordinaires ; cependant il était quelquefois liquide.

Malgré la diversité de consistance, ces deux sortes de matières purulentes exhalaient  une odeur insupportable… (1)

Mr Chicoyneau fils d’un chancelier de l’Université de Montpellier naquit dans cette ville en 1672. Envoyé en 1720 à Marseille où sévissait la peste, il y séjourna un an avec ses deux adjoints Verny et Deidier.

Nommé en 1731 médecin des enfants de France, il succéda l’année suivante à son beau-père Pierre Chirac et devint premier médecin du Roi Louis XV. Il conserva cette place jusqu’à sa mort en 1756.

Pierre Chirac :

.... ce jeune Pierre Chirac  à la fin du XVIIe trouve un emploi finalement à Montpellier chez les Chicoyneau, qui sont médecins, et lui, Chicoyneau, est à ce moment lui-même doyen de la Faculté de médecine et Chirac va servir comme précepteur du jeune Chicoyneau. Alors, la suite est prévisible : Chicoyneau remarque les prédispositions intellectuelles du jeune Chirac et il va, en quelque sorte, lui payer des études de médecine. Seulement Chirac n'a pas suivi la carrière brillante que fera Chicoyneau fils, il sera médecin des armées ; sa chance, c'est qu'aux armées, il fait la connaissance de Philippe d'Orléans et c'est ce qui l'amène ensuite à la cour, à Paris puis à Versailles ; et c'est ce qui l'amène, en 1714, à conseiller le roi, le roi Louis XIV, le vieux roi, sur la conduite à prendre devant cette épizootie de peste bovine qui envahit à ce moment-là le royaume.

Source (M.Ferrières)


(1)
Porracé : se dit des humeurs dont la couleur verdâtre tire sur celle du poireau. Bile porracée.

C'est un extrait de l'excellent dossier   " La Peste dans le Comtat et la Provence 1720 - 1722"
- Etude réalisée par Alice Bonnet et Martine Sennegond publié par le groupe MedicActes, déposée le 19 février 2008

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Vous pouvez également consulter des articles complémentaires déjà publiés :

- Les préservatifs de la peste

- La santé de nos ancêtres

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