Les us et coutumes du mariage

Publié le par GOUPIL Stéphane

Le célibat existait quand même ; à la campagne il représentait 5 % au XVIIIè siècle, 10 % en ville et jusqu’à 25 % de la population à Caen.

La cause principale non souhaitée et même redoutée était l’impossibilité de s’installer.

Quant à ceux qui franchissaient le pas, ils le font tard (suivant nos statistiques « généalogie GOUPIL-PERIER » :

au XVIIè siècle
, 29 ans pour les hommes et 23 ans pour les filles (échantillon de 38 ancêtres, dates confirmées par les actes scannés en notre possession). 

au XVIIIè siècle
, 28 ans pour les hommes et 26 ans pour les filles (échantillon de 65 ancêtres, dates confirmées par les actes scannés en notre possession). 

Dans les milieux les plus pauvres
, les garçons épousaient des filles d’autant plus âgées qu’ils étaient les moins qualifiés ; le temps pour les filles de s’être constituée une dot.

En ville la moyenne était encore plus forte.

Les causes sont :

- la nécessité de limiter le nombre d’enfants
- la possibilité de nourrir sa famille
- la coïncidence entre exploitation agricole et famille poussant l’héritier à attendre la mort du père pour s’installer
- l’allongement de la vie au XVIIIè siècle.

L’Eglise n’aimait pas ce recul de mariage
car elle encourageait les conceptions prénuptiales et les naissances illégitimes à la fin du XVIIIè siècle, alors que l’âge au mariage augmentait encore ; mais l’Etat maintenait la majorité à 25 ans pour les filles et 30 ans pour les garçons. 
En  FRANCE, malgré la diversité des coutumes, l'influence du droit romain se fit largement sentir, surtout à partir du XVIIe siècle. Il  était en général admis que "la pleine capacité civile n'était atteinte qu'à 25 ans" (Arrêtés de M. le P.P. de LAMOIGNON - 1702). Mais il y eu des exceptions : toute personne "née" en NORMANDIE  était réputée majeure à 20 ans accomplis (Placitez du  Parlement de ROUEN de 1666 - article 38). La  Révolution, favorable aux jeunes générations, abaissa l'âge de la majorité à 21 ans (loi du 20 septembre  1792). Le Code Civil Napoléonien (loi du 30 ventôse An  XII) conserva le même âge et il fallu attendre la Ve République  et la loi du 5 juillet 1974 pour que la majorité soit  acquise à 18 ans.

L’Eglise reconnaissant la validité du sacrement de mariage entre mineurs
; la loi civile assimilait le mariage d’un enfant mineur sans le consentement des parents à un rapt ; c’était passible de la peine de mort.

L’acte de mariage était obligatoire depuis 1579
et la signature obligatoire des époux ainsi que des quatre témoins requise depuis l’ordonnance de 1667, le "code Louis".

Il est d’usage de se marier dans son milieu
et quelques kilomètres suffisent à être traité d’étranger. Jusqu’au début du XIXè siècle, 70% des garçons épousent une fille de leur paroisse et 90% des filles garçons épousent un garçon de leur paroisse.

Les anciens poussent souvent les jeunes à des mariages doubles 
: le fait qu’un frère et une sœur épousent une sœur et un frère économise généralement la dot et le patrimoine foncier reste ainsi dans la famille.

La cérémonie se faisant généralement dans la localité de l’épouse
, ainsi que le festin chez le père de la mariée.

Le vendredi est exclu
, car c’est jour de deuil et de jeûne en souvenir de la mort de Jésus-Christ ; le dimanche est réservé au culte. La fin de semaine est boudée au profit des trois premiers jours. Le mardi est de bon augure. Impossible de se marier un jour de fête ou encore pendant les jours de pénitence de l’Avent et du Carême (abstinence sexuelle), en mai (influence néfaste depuis les lois romaines) et en été (fenaison, moisson).

A la campagne, les mariages ont lieu surtout en janvier, février et novembre. 

Le taux des mariages
entre le 1er novembre et le 28 février

1580-1589 : 41 %
1780-1792 : 54 %

Avant 1870-1880, la mariée n’est pas en blanc
mais a des couleurs vives comme le rouge ou le bleu. La tradition de la robe blanche vient avec l’apparition de la vierge vêtue de blanc à Bernadette Soubirous dans la grotte de Lourdes.

La femme mariée doit s’attendre à se retrouver régulièrement enceinte à intervalles plus ou moins rapprochés : entre dix et seize mois.
Jusqu’au XVIIIè siècle, elle donne naissance à dix ou seize enfants en moyenne : le nombre d’enfants est gage de prospérité en tant que main-d’œuvre gratuite.

A la campagne, les périodes de grands travaux sont des périodes d’abstinence
ce qui explique les forts taux de naissance en hiver, entre décembre et mars.

Le plus souvent , l’homme est plus âgé que la femme
, entre un et quatre ans

Dans les milieux les plus pauvres
, les garçons épousaient des filles d’autant plus âgées qu’ils étaient les moins qualifiés ; le temps pour les filles de s’être constituée une dot.

Vous pouvez consulter, en complément :

- Le jour du mariage ;

- Analyse d'un contrat de mariage normand au XVIIIe siècle

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