l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793

Publié le par GOUPIL Stéphane

Le coup de force contre l'élite girondine fédéraliste de la Convention est durement ressenti dans le sud du pays: Lyon, Bordeaux, Marseille... font sécession à partir de juin 1793, amorçant une véritable "révolte des provinces" pour défendre le fédéralisme. La rébellion fut rapidement matée, obligeant les chefs à se suicider (Buzot, Clavière, Pétion, Roland).

 

Voici ce que dit Frédéric Vaultier sur les chefs de la Gironde dans ses Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793

 

 

                J’avais terminés mes études en 1791, et, depuis près de deux ans, j’en étais à délibérer sur le choix d’un état, à une époque où les états, l’un après l’autre, se trouvaient frappés de suppression.

 

            La République avait été proclamée, et déjà l’esprit de vertige de 1793 l’avait déchirée en deux grandes factions.

 

            Le mouvement de l’insurrection dite du Fédéralisme s’en était suivi ; la ville de Caen est une de celles où s’était manifesté de la manière la plus prononcée, et cette circonstance y avait attiré, comme réfugiés, les principaux chefs de la Gironde, proscrits du déplorable 31 mai.

 

            Des hasards de société, assez insignifiants en eux-mêmes, me mirent alors en rapport avec quelques-uns de ces personnages.

 

            Le fameux député de Marseille, Barbaroux, est celui que j’ai eu occasion de connaître le plus particulièrement. J’avais un peu moins de vingt-deux ans. Barbaroux n’en avait guère, je crois, plus de vingt-sept ou vingt-huit. Une certaine conformité de goûts littéraires, et notre confraternité insurrectionnelle nous avaient momentanément rapprochés.

 

            Les chefs de la Gironde, si je m’y connais un peu, n’étaient pas précisément ce qu’ont prétendu en faire leurs admirateurs. Beaux discoureurs, beaux écrivains, grands politiques de journal et de tribune, enthousiastes de liberté et de philosophie, ils m’ont paru, d’ailleurs, ne comprendre ni les hommes ni les événements, ni le jeu des intérêts sociaux.

 

            Maîtres des affaires au sein de la représentation nationale, on sait avec quelle imprévoyance ils avaient laissé grandir au dehors et s’élever au-dessus d’eux cette horrible faction de la Montagne, qui finit par les écraser. Ils ne se montrèrent pas plus habiles dans notre mouvement d’insurrection caennaise, où leur action se borna de même au succès de quelques discours.

 

            La position de ces hommes célèbres au milieu de nos insurgés Normands, chez lesquels ils étaient venus se jeter, eût été dramatiquement fort belle, s’ils l’eussent voulu. Un grand intérêt s’attachait à leur proscription. Ils s’y étaient exposés pour une cause honorable et en combattant d’odieux adversaires. La lutte avait été brillante. Ils y avaient montré de beaux talents et un grand courage. L’impression du moment, toute favorable, écartait des souvenirs d’une autre espèce… Ils ne surent tirer aucun parti de ces circonstances, et restèrent nuls, au milieu d’un mouvement qu’on paralysa sous leurs yeux, sans qu’ils parussent en avoir le moindre soupçon.

 

            Ce qu’on appelle communément l’insurrection du Fédéralisme, forme, dans le drame de la Révolution française, un épisode dont l’histoire est peu connue, et l’importance surtout fort mal appréciée par la foule, qui ne juge guère les entreprises que leurs résultats accomplis. J’ai vu les événements de près, et je n’ai pas laissé d’y prendre ma petite part. Depuis de longues années, j’ai eu le dessein d’en rassembler les détails dans un précis à joindre aux mémoires de l’époque, tous si incomplets en ce point.

 

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Stéphane GOUPIL 18/01/2007 20:41

Bonjour,
Je peux vous indiquer un éditeur Jean Touzot librairie internationale : visitez l'adresse ci-après en cherchant à Pétion de Villeneuve, Jérôme :
http://search.touzot.fr/tz-scripts/upload/20041126151910%5CAntiqRevEmp.pdf
Je ne sais pas dans quel cadre vous recherchez plus d'informations sur le sujet. J'espère que cela peut vous aider dans votre étude.
Bien cordialement,
Stéphane

LAFARGEAS 18/01/2007 16:01

SVP, je recherche un ouvrage, un auteur et un éditeur qui évoquerait le plus particulièrement possible la fin tragique de Barbaroux, Buzot et Pétion de Villeneuve.
Merci