Parcours : Alexandre COPLO guerre 14-18

Publié le par GOUPIL Stéphane

undefinedAvec plusieurs documents, j'ai essayé de reconstituer le parcours de mon arrière-grand-père Alexandre Augustin COPLO pendant la guerre 14-18.

Alexandre Augustin COPLO a été réformé temporairement par la commission spéciale de Toul le 13 juillet 1914 pour faiblesse de constitution.

Il est reconnu apte au Service Armé par décision du Conseil de Révision de Pont l'Evêque le 10 décembre 1914.

Il est incorporé à compter du 8 mars 1915 et il n'a donc pas effectué le début de la guerre. Il arrive au corps le même jour ; il passe au 119e RI le 27 juin 1915 au cours de l'offensive en Artois.

 

En mai et juin 1915

 L’offensive en Artois (voir carte)

« Les opérations de mai et juin, en Artois, ont eu pour but primordial, tout en recherchant sur un point sensible la rupture du front adverse, de venir en aide à nos alliés russes en retenant devant nous le plus possible de forces allemandes; en même temps elles devaient assurer à l'Armée italienne la sécurité nécessaire dans la période délicate de sa mobilisation et de sa concentration. »

Pour la période du 9 mai au 24 juin, pour conquérir 20 km2, nos pertes atteignaient les chiffres de 2260 officiers, dont 609 tués, et de 100240 soldats, dont 16194 tués, 63619 blessés, le reste disparu.

Du 19 au 23 juin, les 2e, 10e et 17e Corps sont maintenus dans une situation défensive, tandis que les 21e et 33e continuent de progresser lentement.

Le 21e Corps atteint en plusieurs points le chemin creux d'Angres à Ablain Saint-Nazaire, mais sans pouvoir le conquérir entièrement.

 

A partir du 25 juin, la situation se stabilise sur tout le front; la violence des contre-attaques de l'ennemi, la solidité de ses organisations défensives ; enfin, la supériorité de son artillerie lourde abondamment approvisionnée, ne nous permettent plus d'espérer des résultats.

Dans ces conditions, le général d'Urbal décide de suspendre momentanément les opérations d'ensemble

C'est dans cette période relativement « calme » qu'Alexandre intègre le front et le 119e RI le 27 juin 1915.

 

Après l'offensive en Artois.

- le Mont-Saint-Eloi (Pas-de-Calais) en juillet

Puis l'offensive en Artois en septembre : Vimy, Bois de la Folie

Puis dans la Somme, le 3 octobre 1916, il passe au 24ème Régiment d'Infanterie

 Il intègre le 24ème RI pendant la période du 28 septembre au 17 novembre dans la région de Troyon, à l'ouest; dans le secteur boisé de la Selouse qui est assez calme et bien organisés.

Le régiment va au repos du l8 novembre au 12 décembre et se prépare à participer à l'attaque de Verdun.

Le 10 décembre, l'ordre du jour suivant du général Pont le renseigne sur la mission qu'il 'va avoir à remplir :

Officiers, Sous-Officiers et Soldats de la 6e D.I.,

           Vous êtes appelés à combattre à nouveau sur le terrain de vos anciennes luttes

En vous portant en ligne, vous franchirez les ravins, vous traverserez les bois que vous avez vaillamment défendus à deux reprises, puis vous les dépasserez.

C'est que l’ennemi, dont votre résistance avait brisé les furieuses attaques, a dû subir les terribles effets de nos gros canons et soutenir le choc de glorieux camarades; moins tenace que vous, il a reculé devant leur élan superbe, perdant en quelques heures le fruit de pénibles efforts.

Vous trouverez vous aussi l'occasion de le culbuter et vous vous montrerez aussi hardis dans l'attaque que vous avez été fermes dans la défense.

Vous ajouterez ainsi une gloire nouvelle aux drapeaux do vos régiments et vous couronnerez l’œuvre commencée par vous au début d'avril dans la bataille pour la garde de Verdun, l'immortelle cité.

L'attaque doit avoir lieu le 15 décembre; le 2e bataillon (commandant Mollinier) est mis à la disposition de la 133e D.I., chargée d'enlever la croupe d'Hardaumont. Le 15, à l'heure fixée, l'attaque se déclenche; le 2e bataillon participe à la progression en deuxième vague; la 5e compagnie (lieutenant Lecointe) et la 7e (lieutenant Guyard).se portent de Vaux-Chapitre et des Fausses-Côtes sur la tranchée Deleau, assurant, sous un violent tir de barrage, la base de départ.

Les ravins du Bazil et des Fausses-Côtes sont franchis dans un élan admirable; les commandants de compagnie et les chefs de section ont peine à empêcher les hommes de se mêler aux premières vagues.

Les prisonniers arrivent nombreux. C'est une des plus belles journées.

Deux compagnies du 3e bataillon (10e et 11e), qui étaient restées pendant l'attaque aux environs du fort de Souville, sont portées dans la nuit du 15 au 10 décembre aux Fausses-Côtes, d'où elles aident à l'occupation de Bezonvaux en faisant des corvées de toutes espèces.

Le sous-lieutenant Voliet est tué au cours de cette opération.

Le 1er bataillon est maintenu aux abris de Marceau.

 

ANNÉE 1917.

Le 24e R.I., tiendra jusqu'en janvier 1917 le sous-secteur au nord de l'étang de Vaux, sur le plateau d'Hardaumont.

Ce secteur s'étend face à l'est sur les pentes d'Hardaumont, du ravin de la Plume au fond marécageux de Vaux devant Damloup.

La ligne, faite d'éléments de tranchées à demi-détruits par nos bombardements et de quelques trous aménagés, part du ravin de la Plume, passe à la station de Vaux, et s'arrête au débouché du ravin du Bazil. Peu d'abris; à gauche, d'anciennes organisations en partie effondrées; à droite, plus rien.

Le P.C. du colonel est aux carrières du ravin des Fontaines.

Les relèves ont lieu tous les quatre jours; les ravitaillements en vivres s'opèrent dans de bonnes conditions. Des corvées trouvent à Chambouillat, où l'intendance a poussé un poste bien approvisionné, tout ce que peut désirer le soldat en première ligne. Le matériel est apporté par de longues files de petits ânes jusqu'au ravin des Grands-Houyers.

C'est à la recherche du contact que s'acharnent les patrouilles, la nuit, dans l'immense plaine de la Woëvre, où l'ennemi demeure invisible. Aussi, deux ou trois patrouilles par nuit partent-elles à sa recherche.

Elles vont jusqu'à la voie du chemin de fer, vers le bois de la Plume, vers la ferme détruite; plusieurs fois, de courts engagements provoquent de beaux exploits individuels; le soldat Delbort, de la 5e compagnie, est cité à l'ordre du jour de l'armée.

L'artillerie ennemie tire beaucoup; des bois de la Haute-Charrière, ses batteries arrosent nos lignes; le boyau Lahile, la piste en fascines, aux pieds de Souville, sont particulièrement visés.

Les pertes s'élèvent, du 1er au 12 janvier, date de la relève, à 21 tués et 41 blessés. En dépit des souffrances occasionnées par le froid, les heureuses opérations de cette période, le ravitaillement abondant. laissent une belle confiance, et c'est dans un magnifique état moral que le 24e va subir au camp de Gondrecourt (Gondrecourt le Château) d'abord, puis dans la région de Lunéville, un long entraînement qui le préparera au rôle qui lui est dévolu dans la grand bataille d'avril 1917.

Le régiment séjourne jusqu'au 21 janvier à Marais-la-Grande, Condé-en-Barrois par un froid terrible, puis gagne en deux étapes sa zone définitive à Tréveray et Saint-Amand (Saint-Amand-sur-Omain); il exécute des manœuvres d'ensemble, notamment vers Void (Void-Vacon).

(Sources : les « historiques des régiments »)

D'après les mémoires de François Marie Raoul SOMME, soldat 1ère classe, du 24ème Régiment d'Infanterie comme Alexandre COPLO : « Nous étions en janvier 1917 par étapes et par un froid extrême nous passions à Neuville les St Jouarre (il s'agit maintenant de 2 communes Laneuville et St Joire) puisTreveray le vin des bidons n'était qu'un glaçon et le pain était gelé et rempli de petits morceaux de glace aussi à Treveray nous faisions chauffer le pain et le vin chez l'habitant pour pouvoir manger »

Le 24 janvier 1917 : Alexandre COPLO est manquant à l'appel et le 26 est porté déserteur ; il est arrêté le 31 janvier 1917, évadé le 6 mars 1917, déserteur le 8 mars 1917.

Il est condamné le 19 septembre 1917 par le Conseil de Guerre de la 6e Division d'Infanterie à 3 ans de travaux publics pour désertion. Il est évacué après condamnation à l'atelier de travaux publics d'Orléanville le 10 octobre 1917.

Sa peine est suspendue le 12 septembre 1918.

Il est réformé définitivement le 6 avril 1927 pour usure et fatigue générale.


Voir autre article sur les Coplo en complément déjà paru.

 

Commenter cet article