Répression de la révolte des Va-nu-Pieds

Publié le par GOUPIL Stéphane

« La populace s’emporta contre les Receveurs du Roi, se jeta dans leurs bureaux, les pilla, les saccagea et prit même les armes en quelques cantons. Ceux qui excitèrent ce soulèvement n’étaient que des misérables, ce qui leur fit donner de Nu-pieds. Cependant, leur nom devint d’un seul coup si grand, que la Justice ne fut plus en pouvoir de réprimer leur insolence […], de manière qu’on se trouva au point d’autre remède dans le conseil du Roi que de faire venir contre ces séditieux dix milles hommes des meilleures troupes de l’armée de Picardie […] ; Le général Gassion nous fut donc envoyé à la tête de cette armée.
L’auteur de cette histoire avoue qu’il s’attira « la haine et l’aversion des Normands pour sa manière d’agir brusque et violente ». En effet sans se mettre en peine de distinguer les innocents d’avec les coupables, il permit à ses troupes de vivre à discrétion, ou plutôt avec liesse, autant chez ceux qui avaient été des fidèles au roi, que chez ceux qui avaient trempé dans la faction. Il arriva à Caen le 24 novembre 1639 […]. »
 
Le 26 décembre 1639, Richelieu lui envoie une lettre de félicitations au nom du roi. On sanctionne aussi les magistrats normands coupables de faiblesse et l’on suspend le parlement, la cour des Aides et divers dignitaires. Le 15 décembre, le roi ordonne au chancelier Séguier de se rendre en Normandie. Des présidents et conseillers, venus de Paris avec Gassion, sont nommés à la place des Normands (janvier 1640). Celui-ci séjournera trois mois en Normandie. De sévères sanctions pleuvent sur les villes. Au total, trois cent vingt condamnations (dont deux gentilshommes). Echevins suspendus, désarmement de la population, alourdissement de la fiscalité, indemnités… A Rouen, on exigera 1 085 000 livres en janvier 1640 !
 

(La Répression de la révolte des Va-nu-Pieds (1634-1640), d’après Masseville, Histoire sommaire de la Normandie, 1727.)

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