La France malade de son histoire !!

Publié le par GOUPIL Stéphane

Je publie un texte écrit par André Larané, texte qui en dit long, à méditer....

L'Histoire en délire :

La classe politique française ne trouve rien de mieux que de s'écharper sur la colonisation d'il y a 50 ou 150 ans !... La raison en est compréhensible : sanctionnés par le référendum du 29 mai 2005, plombés par deux décennies d'échecs (banlieues en déshérence, économie en panne, finances à sec, recherche à l'abandon,...), gouvernants et élus font du racolage en instrumentalisant l'Histoire avec des lois aussi inutiles que perverses.

 La loi Gayssot donne du crédit au négationnisme :

La dérive commence avec la loi Gayssot du 13 juillet 1990 : elle envoie devant les tribunaux les gens désaxés ou stupides qui nient la réalité du génocide juif et, de façon plus grave, tout historien qui examinerait d'un ¦il critique un phénomène que la loi française aurait qualifié de «crime contre l'humanité» (*) (l'esclavage par exemple). Sanction : un an d'emprisonnement et/ou 45.000 euros d'amende...

L'historienne Madeleine Rebérioux a pu écrire dans Le Monde (21 mai 1996)  : Ce texte est hautement critiquable pour trois raisons :  il confie à la loi ce qui est de l'ordre du normatif et au juge chargé de son application la charge de son application la charge de dire la vérité en histoire alors que la vérité historique récuse toute autorité officielle. L'URSS a payé assez cher son comportement en ce domaine pour que la République française ne marche pas sur ses traces.  Il entraîne quasi inéluctablement son extension un jour à d'autres domaines qu'au génocide des juifs : autres génocides et autres atteintes à ce qui sera baptisé «vérité historique».  Il permet aux négationnistes de se présenter comme des martyrs, ou tout au moins comme des persécutés.

 La France de Vichy enterre celle de Gaulle :

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac a impliqué la nation française dans la rafle du Vél d'Hiv des 16 et 17 juillet 1942. Ces jours-là, des milliers de juifs ont été livrés aux nazis par des policiers français aux ordres de l'occupant nazi. «La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable», déclara ce jour-là le président de la République.

Surfant sur l'émotion et les modes du moment, Jacques Chirac a ce faisant rompu avec la prudence de ses prédécesseurs. Il a enterré sous les applaudissements la doctrine de la Résistance et de de Gaulle, qui déniait toute forme de légitimité nationale à l'administration de Vichy sous autorité nazie.

 Paris se brouille avec Ankara :

On a eu ensuite la loi du 29 janvier 2000 : «Article unique : La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915». En-dehors de la Turquie, nul ne nie bien évidemment ce génocide. Mais appartient-il au Parlement français d'en faire un texte de loi ? Mal inspirés, nos élus et nos gouvernants ont trouvé moyen de brouiller Paris et Ankara dans l'espoir de complaire aux descendants de réfugiés arméniens.

 Taubira blanchit les esclavagistes non-européens :

La loi Taubira du 21 mai 2001 fait de la traite atlantique et de l'esclavage dans les anciennes colonies européennes un crime contre l'humanité (*)... mais s'abstient soigneusement de condamner les esclavagistes passés et actuels, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.

Cette loi a été votée à l'unanimité, sans réflexion et sans débat, les députés ayant mis leur intelligence en veilleuse pour ne pas s'attier les foudres de quelques militants. «Est-ce que les Grecs d'aujourd'hui vont décréter que leurs ancêtres les Hellènes commettaient un crime contre l'humanité car ils avaient des esclaves ? Cela n'a pas de sens !», lance à son propos l'historien Pierre Vidal-Naquet (Le Monde, 17 décembre 2005).

 La droite exalte l'oeuvre coloniale de la gauche :

Pour couronner le tout, la loi du 23 février 2005 s'est enrichie d'un amendement qui énonce : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit».

Ce voeu pieux a été voté à la sauvette par les députés (droite et gauche réunies) et approuvé par Jacques Chirac pour complaire aux anciens rapatriés d'Algérie. Curieux paradoxe : il est défendu aujourd'hui par une droite qui se réclame du liquidateur de l'empire colonial (le général de Gaulle), et dénoncé par une gauche qui est pour l'essentiel à l'origine de cet empire.

Croient-ils vraiment, nos élus et nos gouvernants, s'attirer l'indulgence des citoyens issus de l'outre-mer, d'Arménie, d'Algérie et d'ailleurs avec ces lois restrictives de la liberté d'expression et que 19 historiens parmi les plus grands qualifient de « lois indignes» ?...

Suite à ces lois, une multitude d'associations s'arrogent aujourd'hui le droit de traquer les mal-disants. Premières victimes : une fonctionnaire du ministère des anciens combattants coupable d'avoir un grand-père nommé Papon ; un érudit historien, Olivier Pétré-Grenouilleau, auteur d'un volumineux ouvrage : Les traites négrières, coupable de penser que la traite atlantique ne justifie peut-être pas d'être décrétée «crime contre l'humanité» ; un député, Christian Vanneste, coupable de propos abrupts sur l'homosexualité qui auraient paru banals il y a quelques années...

Si d'aucuns pensent que de telles lois fondées sur le mensonge et la censure sont nécessaires pour établir la concorde dans un pays désormais métissé et communautarisé, la loi Taubira, quatre ans après son adoption, semble démontrer le contraire !

 

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MILLERET Geoffray 27/02/2006 15:41

désolé pour les redites, c'est la dernière la bonne...