Du XIVe siècle au XIXe siècle... un tempo bien catholique - une société christianisée

Publié le par GOUPIL Stéphane

Nos ancêtres vivaient au rythme de la religion catholique, avec ses « rendez-vous », quotidien, hebdomadaire et annuel, ses objets, son mobilier et sa présence architecturale, ses « services » rendus en matière d’enseignement, de santé…

 

Un tempo bien catholique

 

L’emprise du religieux et de l’église romaine (cas de la France) était forte, sur l’ensemble de la société :

 

 

 

-         Les sacrements d’une vie chrétienne : pour l’accompagnement du chrétien, elle a mis au point une série de démarches, cérémonies, liturgies et dévotions. Au premier rang desquelles se placent les sacrements suivants :

Le baptême, administré par le prêtre le plus souvent le lendemain ou au pire le surlendemain, suivait donc de près l’entrée dans la vie ;

La confirmation, administré par l’évêque à l’enfant de 7 ou 8 ans (à « l’âge de raison »), marquait la fin de l’enfance. Mais dans les mentalités populaires, la première communion, pratique plutôt tardive, permettait à l’enfant de recevoir pour la première fois l’hostie consacrée, et devint peu à peu le véritable rite de passage à l’âge adulte, avec banquet et cadeaux.

Le mariage, fondant la famille sur le plan social et religieux, constituait le troisième cap. Nous savons que la durée moyenne au XIIIe siècle, vu l’espérance de vie de l’époque, était de quinze ans. Et enfin…

L’extrême onction, administrée généralement aux mourants, ainsi se bouclait l’existence chrétienne.

Ainsi les grands moments de la vie étaient ponctués par un rite particulier, organisé et pratiqué par l’Eglise, complètement intégré par les fidèles.

 

 

 

-         L’année liturgique : le temps religieux de l’année se déroulait selon le rythme de la nature. Deux grandes fêtes se situent aux deux temps forts du cycle naturel : Noël au solstice d’hiver, ancienne fête romaine de la naissance du soleil et Pâques à l’équinoxe de printemps, fêtant la renaissance de la nature.

 

 

A ces deux temps majeurs, il faut ajouter les grandes fêtes fixes qui scandent également la vie des habitants des villes et des campagnes : fêtes de la Vierge (purification le 2 février, Annonciation le 25 mars, Assomption le 15 août, par exemple, fêtes des Apôtres, du Saint patron de l’église de la localité (village ou ville), de la confrérie, etc.…

Toutes ces dates étaient profondément ancrées dans la vie de nos prédécesseurs. C’est ainsi qu’ils se situaient dans le temps et qu’ils mémorisaient les évènements.

 

 

 

-         La messe dominicale : dans le cycle le plus court vécu par chacun, la semaine et la journée, elles aussi, étaient rythmées par le temps religieux. L’évènement hebdomadaire était incontestablement le dimanche. Le rassemblement à l’église de toute la population pour la messe obligatoire constituait un rite social d’importance. Les temps importants lors de la messe étaient le prône, le sermon.

 

 

 

-         La journée sous l’œil de Dieu : pour toute la population, la journée était marquée par la sonnerie de l’Angélus qui ponctuait une période de la journée, le matin, le midi et le soir. C’était un mode supplémentaire pour christianiser le temps, car cette sonnerie était un appel à la prière.

L’heure avait quelque chose de sacré et le regard se tournait naturellement vers des clochers ou les beffrois dans certaines villes.

 

-         Le minimum requis : la tentative cléricale d’imposer à la population un rythme de vie monastique fut vouée à l’échec. Seul l’angélus dès le lever, le bénédicte avant chaque repas et la prière du soir finirent par rentrer dans les mœurs et devinrent de véritables automatismes, ce que l’on peut observer dans les campagnes du XIXe siècle.

 

Pour mieux comprendre cette emprise du religieux, Gabriel Audisio, auteur d’un livre remarquable intitulé « Des croyants, XIVe – XIXe siècle » (Armand colin), la compare au temps scolaire aujourd’hui : «  Peu de nos contemporains réalisent à quel point l’école impose son rythme à toute la société, à tous les membres sans distinctions, qu’ils aient ou non des enfants. Ainsi l’année est rythmée par les vacances, avec son engorgement vécues en fonction des jours scolaires, avec son organisation spéciale pour le mercredi. La journée elle-même s’adapte à cette cadence : il est bien connu qu’en ville, il convient d’éviter certaines heures pour circuler. Il en allait de même du rythme de vie de nos ancêtres : il vivaient au temps imposé par la nature certes, mais aussi par l’Eglise. »

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