Trouville et Deauville à la fin du 19e

Publié le par GOUPIL Stéphane

Plage-de-trouville-copie-1.jpg« Quelle drôle de boutique ! Deux villes se touchent, si distantes : le ruisseau de la Touques, qui séparait Deauville et Trouville, devenaient une vrai frontière, mais une frontière sociale, frontière nationale, séparation, délimitation entre deux mondes. On devinait, bien sûr, que Trouville avait donné le jour à Deauville, mais comme une mère quelconque peut engendrer, selon le père, une fille de haute classe. Car le père, ç’avait été Morny, ce dédaigneux, cet aristo essentiel, que tout ce qui restait d’élégant en France révérait en se moquant de lui, amis en reconnaissant, chez cet insolent, ses plus nobles tares et ses tics les plus dédaigneux […]. On partit du marécage et de la vase, envers et contre tout, puissamment, car Deauville ne devait pas seulement servir de station balnéaire et de ville de luxe, mais, dans l’esprit secret du maître, deviendrait un port énorme, l’entrepôt dans l’ouest de tous les échanges avec l’Angleterre. Le duc avait proposé le doublage de la voie ferrée entre Deauville et Lisieux […]. Dans cette fin de siècle, les jardiniers se montrèrent incomparables et les propriétaires relevaient leurs fautes de goût par une sorte de folie des corolles. Ce fut l’immense essor du géranium, à qui les sols et les sables marins semblent convenir. »

(La Varende, M. le Duc.)

Publié dans HISTOIRE : Culture

Commenter cet article