NOTRE BUT

Passionné de génealogie et d'histoire, je souhaite partager mes recherches. Ce blog est le prolongement de l'arbre généalogique de la famille GOUPIL - PERIER avec comme de-cujus mes enfants :

http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=sggoupil.

 

La pratique de la généalogie évolue : faire des arbres avec des noms et des dates reste assez limité ; en tant que généalogiste, je suis également curieux de notre histoire familiale. Pour donner une image, le corps humain est composé d'un squelette, mais aussi d'organes et de chair. En généalogie, c'est la même chose. Il est important de faire des recherches en vue de comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres : quel métier exerce-t'il, pourquoi untel a migré dans une autre région, etc. 

 

Ce blog a pour but de publier simplement des articles sur des thèmes de recherches (généalogie, histoire), partager des dossiers, de façon à les rendre consultables par des internautes (généalogistes, historiens, amateurs ou professionnels). Vous avez la possibilité de les commenter.

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"On peut reconnaître assez facilement l'histoire officielle d'un pays, la liste des rois, de ses ministres, de ses guerres, de ses traités, et cependant la véritable histoire n'est pas là, c'est dans les masses profondes des travailleurs de tout ordre que réside la vie réelle de la Nation" - Edouard Herriot (1er mai 1909).  

 

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livres lus

- Généalogie de L'Europe - ATLAS DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE - Sous la direction de Pierre Lamaison - conseiller historique Pierre Vidal-Naquet, Hachette Livre, 1994 :

Autour de Pierre Lamaison, une équipe d'historiens et d'anthropologues de haut niveau offre au public une généalogie de l'Europe, de la préhistoire au XXe siècle. De conception inédite, cet atlas illustré de 450 documents en couleurs, propose, à travers 80 tableaux généalogiques associés à 160 cartes en couleurs, des clés pour comprendre des phénomènes de longue durée dispersés sur une aire géographique très vaste qui rendent compte de l'unité et la variété politiques et culturelles de l'Europe actuelle.


 - Physiologos Le bestiaire des bestiaires, traduit du grec, éd. Jérôme Millon : voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-991736.html


Je vous conseille de lire le livre de Jean-Louis Brunaux : "Les gaulois" - collection "Guide Belles Lettres de Civilisations" publiés aux Editions Les Belles Lettres (2005)... suite - voir l'article => http://geneahist-goupil.over-blog.com/article-1275187.html

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Le blog vient de passer en version 2 et sa présentation évolue. J'ai opté pour un décor "africain" pour rappeller que les premiers hommes qui ont foulé le sol "européen" à partir de 1,5 millions d'années , les Homo érectus, venaient  d'Afrique.

Voici d'ailleurs un éphéméride de "l'histoire du peuplement de l'Europe" :


1,5 million d'années av. J.-C. 
Apparition en Europe d'Homo érectus, d'origine africaine

200 000 av. J.-C.
émergence de l'homme de Néandertal, une évolution locale propre à l'Europe

45 000 av. J.-C.
apparition progressive en Europe d'Homo sapiens sapiens, venu d'Afrique orientale et du proche-Orient

6 000 - 3000 av. J-C.
colonisation progressive de l'Europe par des agriculteurs venus du Proche-Orient

3 500 av. J.-C.
premières civilisations hiérarchisées et guerrières ; premiers mouvements "violents" de populations

2 000 - 1500 av. J.-C.
premières civilisations urbaines, en Crète puis dans le monde mycénien

VIIIe siècle av. J.C
développement progressif des villes en Grèce et en Italie

IVe - IIe siècle av. J.-C.
migrations celtiques vers l'Europe de l'est et du Sud, premières formes urbaines celtiques, les oppida

IIIe siècle av. J.-C. - IVe apr. J.-C.
début des grandes invasions ou grandes migrations

XVe siècle
début de l'expansion coloniale de l'Europe

XVIIIe - XXe siècle
généralisation de l'exode rural, d'abord à l'intérieur de chaque Etat, puis à partir des pays européens les plus pauvres, enfin à partir des pays sous-développés extra-européens.


Vous pouvez consulter, dans la même rubrique "histoire - chronologie", les articles suivants :

- Chronologie - 19e siècle (1801-1850)

- Chronologie - 19e siècle (1851-1900)

Une étude historique de ce séisme du 6 avril 1580 a été réalisée lors de la construction du tunnel sous la Manche. Ce séisme a provoqué de nombreux dégâts dans le Nord de la France.....

Vous pouvez consulter la suite du dossier — « Thém@doc »Les séismes, 2006.

 

Rouen, de la Harelle à la conquête anglaise 

Lu pour vous

Rouen, la Flèche rue St-Amand

 

 

 

Vous pouvez consulter la totalité de la Thèse soutenue en 2003 intitulée :

 

Les « sages marchans et bourgois de Rouen », de la Harelle à la conquête anglaise (1382-1418) - « Un estat des gens tres necessaire ».

 

à l’adresse suivante :

http://theses.enc.sorbonne.fr/document88.html

 

Vous pouvez également consulter d'autres articles dans cette rubrique "vie dans les villes" :

- Le titre glorieux de "Louviers-le-Franc"

- Louviers en 1870 par Mme Guynemer

- Un aspect de la misère au XVIIIème siècle : les abandons d'enfants

- La visite de Bonaparte en Normandie

- Louviers : visite de Napoléon en 1810

- Les villes au XVIIème siècle

 

« Rouen, capitale normande dans le contexte politique et économique général de la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle, est la deuxième ville de France, derrière Paris, et le premier port du royaume depuis l’époque ducale. En 1382, une révolte populaire, la Harelle, conduit la royauté à supprimer la commune anciennement régie par un patriciat marchand ; une nouvelle municipalité se reconstruit sous l’autorité du bailli… »

Comment dissoudre une commune contre sa volonté

Réflexion
 : Suivant le modèle suisse, faut-il privilégier le facteur économique en fusionnant des communes (centralisation totale) ou bien suivre le modèle français qui développe le regroupement (système de collaboration organisé en communautés de communes) ?

 

 

 

La ville Lugano, le centre économique le plus grand et le plus important du Tessin « doit » s’agrandir et a absolument besoin pour cela de plus de terrain parce que ses propres réserves en terrains à construire et en zones vertes sont épuisées. Ainsi Lugano considère que le facteur économique est le plus important, y compris pour les autres communes environnantes. Les structures devraient donc être agrandies et organisées de manière centraliste.

 

 

En 2004 Lugano a déjà fusionné avec les communes de banlieue Gandria, Pazzallo, Davesco, Soragno, Cureggia, Pregassona, Viganello, Pambio Noranco et Breganzona. En outre la fusion avec Castagnola et Bré-­Aldesago en 1972 fait déjà partie de l’histoire.

 

Commune

 

 

 

 

 

Domaine en km2

 

 

 

 

 

Habitants

 

 

 

 

 

Taux de ­l’impôt

 

 

 

 

 

 

Barbengo

 

 

 

 

 

2.65

 

 

 

 

 

1770

 

 

 

 

 

85 %

 

 

 

 

 

 

Cadro

 

 

 

 

 

4.45

 

 

 

 

 

1893

 

 

 

 

 

95 %

 

 

 

 

 

 

Carabbia

 

 

 

 

 

1.07

 

 

 

 

 

560

 

 

 

 

 

90 %

 

 

 

 

 

 

Villa Luganese

 

 

 

 

 

2.20

 

 

 

 

 

544

 

 

 

 

 

85 %

 

 

 

 

 

 

Lugano 2007

 

 

 

 

 

31.20

 

 

 

 

 

52 512

 

 

 

 

 

75 %

 

 

 

 

 

 

Lugano 2008

 

 

 

 

 

41.58

 

 

 

 

 

57 279

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             

 

Scénario selon un modèle connu

 

 

 

Entre 2000 et 2004 les communes au Tessin diminuaient de 254 à 204. Durant la législature actuelle on pousse encore les fusions, avec le but d’avoir finalement moins de 150 communes au Tessin.
Le feu vert à la fusion de Cadro avec Lugano a été donné en été 2006. Une commission d’étude chargée par le gouvernement à Bellinzona avait alors rendu un rapport favorable. Il s’agissait d’une étude de 89 pages portant sur les tous les points ayant une importance pour la commune (géopolitique, par rapport à l’aménagement du territoire, administratif, financier, personnel, par rapport aux institutions de la commune, ...) avec une recommandation de fusionner et une proposition d’agenda.
Depuis ce moment, le scénario se déroule selon un modèle connu : on avance en prétextant un manque de temps, en refusant des informations et sans inclure la population, en une suite d’actes empêchant de revenir en arrière.

 

Source : extrait d’un article paru le 1er août 2007 sur Voltairenet.org
Réseau de presse non-alignée

 

Vous pouvez également visiter les articles déjà parus dans cette même rubrique :

 

 

- Mensonges et manipulations de l'histoire

- Mon attachement à la Normandie

- Méthodologie : INTRODUCTION AUX SCIENCES AUXILLIAIRES DE L'HISTOIRE

- Mémoire et malmémoire ?

Par la fusion avec quatre nouvelles communes, Barbengo, Villa Luganese, Carabbia et Cadro la ville de Lugano espère profiter « d’une exploitation plus efficiente de son territoire ». Le 30 septembre la population des communes concernées doit prendre position à propos des projets de fusion par un vote consultatif. Le fait que la commune de Cadro n’a pas d’intérêt à fusionner ne semble pas déranger Lugano. Malgré cette opposition, la ville a sollicité un entretien à l’autorité la plus haute du canton, le Conseil d’Etat, dans une lettre officielle datée du 12 avril, pour accélérer les processus de fusion. Elle écrit entre autres : « La fusion avec Cadro correspond à tous égards aux buts stratégiques que le Conseil municipal veut remplir durant la période de législature actuelle 2004-2008 […]. »

 

A la suite de cette démarche, le Conseil d’Etat a demandé à la commune de Cadro, dans une lettre du 22 mai, d’organiser un vote consultatif sur l’éventuelle fusion avec Lugano dans la seconde moitié du mois de septembre. Cela a créé une situation croustillante : si le résultat du vote à Cadro est négatif (pas de fusion), la plus petite commune de Villa Luganese, au cas où elle consentirait à la fusion, ne pourrait pas être annexée, n’ayant de frontières communes qu’avec Cadro et pas avec Lugano. Les opposants à fusion à Cadro craignent une fusion forcée imposée par le Conseil d’Etat du canton de Tessin, chose qui s’est déjà produite quatre fois depuis 1999. Les citoyens attentifs de Cadro se sont regroupés et ont décidé de lutter pour l’autonomie de leur commune. Ils ont déjà récolté des signatures, les ont fait authentifier et les ont envoyées au gouvernement à Bellinzona. Ils ont informé tous les citoyens par une brochure. Ils ont fondé l’association Associazione Ticinese per la Collaborazione dei Comuni (Association tessinoise pour la Collaboration des Communes), ont déposé un recours devant le Tribunal administratif et ont porté plainte contre la loi auprès du Tribunal fédéral à Lausanne. Le député Saverio Lurati a pour sa part déposé une demande auprès du Conseil d’Etat à la suite de leur suggestion.

 

Les contributions sur le procédé douteux de Lugano veulent montrer une fois de plus comment les fusions sont réalisées par des moyens antidémocratiques. La commune Cadro mérite le soutien inconditionnel de tous les citoyens dans sa lutte pour la démocratie et l’indépendance.

 

Voici quelques informations sur les communes qui doivent fusionner avec Lugano :


Panorama de Lugano avec le Monte Brè à gauche

  ~*~

LA « MESSE DU SAINT-ESPRIT »


Sur la route qui se déroule à travers la plaine, entouré de son troupeau, un vieil homme, courbé sous sa limousine, regagne lentement la bergerie, jetant un oeil malicieux à droite et à gauche. Il marche à petits pas, s’arrête parfois pour cueillir quelques herbes au revers du fossé, qu’il cache dans sa pannetière. Enfin, voici le village dont le clocher se rapproche peu à peu.

Deux ou trois campagnards le saluent au passage et, tremblants, se retournent quand ils l’ont dépassé. Plus loin, l’apercevant par-dessus une haie, une commère fait le signe de la croix ; une autre, sur le pas de sa porte, à l’entrée du village, désigne ce vieil homme en parlant à sa voisine. Des portes se ferment ; des chiens aboient. Petit à petit, alors qu’il gagne la ferme écartée, les groupes se forment, les gamins s’assemblent et la rumeur se répand : «Le sorcier !» Partout on entend ce mot mystérieux prononcé avec frayeur et colère, parfois aussi avec respect et crainte, rarement avec ironie… Et on conte les méfaits et maléfices du sorcier.

Ces sorcilèges, comme on disait jadis, ils ont inspiré à deux auteurs normands, le poète Francis Yard, l’auteur de l’An de la Terre et de la Chanson des Cloches, et le peintre Jean Laurier, quatre tableaux de moeurs rurales qui, sous le titre de La Messe du Saint-Esprit, doivent être représentés au Théâtre normand. Ils sont d’une ambiance très mystérieuse, originale et forte et appellent l’attention sur ce qu’était autrefois la sorcellerie normande.


*
**


Ces sorciers campagnards et villageois n’étaient point alors de la classe de ces grands sorciers du XVIIe siècle, qui pullulèrent alors, répandant la terreur sur des populations effrayées, sorciers qu’on dut faire disparaître par une répression féroce. Les procès des Sorciers de Carentan, ou de la Haye-du-Puits, et même le procès des Petits Sorciers, jugés au Parlement de Rouen, ne seraient plus possibles aujourd’hui. La sorcellerie au village est moins impressionnante, mais elle existe encore dans bien des esprits naïfs et crédules, et l’on rencontre parfois des gens qui, tout en s’en défendant, croient encore à ses pratiques et à l’intervention dans les affaires humaines, d’une force arbitraire et puissante.

Il est difficile de déterminer les limites de l’occulte et l’efficacité des pratiques magiques dont le sorcier possède le secret. De par le pacte qu’il a signé avec Satan, au préjudice de son salut éternel, le sorcier possède un pouvoir redoutable qui s’exerce de mille façons différentes. Il peut évoquer les esprits des morts pour les questionner, pour les envoyer tourmenter les vivants, pour les faire pénétrer dans le corps d’un homme ou d’une femme, possédée ou obsédée.

Il peut jeter des sorts sur les humains et les animaux ; faire mourir le bétail par des maladies qu’il provoque ; gâter les récoltes ; envoyer des rats, des sauterelles ou des chenilles comme ceux qu’on exorcisa au Moyen-Age. En un mot, le sorcier peut contrarier les paysans dans leur travail et vouer à la maladie, à la folie et même à la mort, ceux qui sont l’objet de son animosité. Il a le pouvoir, dit Mlle Amélie Bosquet, dans La Normandie romanesque, de commander certaines apparitions hideuses et effrayantes, particulièrement celles du démon. Il sait aussi se rendre invisible pour tourmenter de nuit les passants ou leur jouer de mauvais tours, mais c’est une besogne qu’il délègue souvent aux esprits qu’il dirige. Par haine, il fait tomber la neige, la grêle qui gâte les fruits, les pluies interminables. Réunis sur le bord des étangs, les sorciers fabriquent aussi les orages ; ils les provoquent, causant des désastres effroyables. Au temps du terrible juge des sorciers. Le Loyer, ces « meneurs de nuées » étaient appelés des Tempestaires. Ils ont aussi le secret de la « corde à tourner ou à détourner le vent ». Contre ces maléfices, les corsaires du Pays de Caux plongeaient dans la mer une statuette de Saint-Antoine et récitaient une prière.

Pour se venger des fermiers, les sorciers, non contents de rendre les vaches malades, de donner le tournis aux moutons, corrompent l’eau des puits et des mares. Chose plus étrange encore, le sorcier sait découvrir l’ennemi secret, l’auteur insoupçonné d’un vol ou d’un délit, en faisant apparaître l’image du coupable dans un miroir ou un seau d’eau. Au temps de la conscription militaire, il pouvait même faire tirer un haut numéro à celui qui avait eu soin de mettre dans sa poche un crapaud, la bête des incantations. Enfin, par les philtres et par les «charmes», il se prêtait à toutes des subtilités de l’Amour, maître du monde. Au sorcier revenaient tous les droits sur la nature entière soumise à ses pratiques.

Où se recrutaient ces fervents de la sorcellerie, ces jeteux de sorts et de maléfices, ces «meneurs de nuées», ces ensorceleurs, qu’en pays normand, on appelait souvent le caras, ou le carimaras ? Parmi les bergers, gens silencieux et méditatifs, promenant lentement leurs troupeaux de plaine en plaine, de montagne en montagne, sur la pente des coteaux, sur la lisière des bois, au bord des falaises, secondés seulement par la sagacité de leurs chiens. Berger vaut «Sorcier» disait la sagesse normande. Ils connaissent et observent la tombée du soir, les couchers de soleil, l’éclat des belles nuits d’été et la marche des astres scintillants, le cours changeant des saisons qui se déroule. Isolés en leurs cabanes roulantes, les bergers y ont acquis dans les livres, quelques notions de médecine en expérimentant sur leurs troupeaux. Ils connaissent la vertu des herbes et des plantes, des «simples» qu’ils ont appris à cueillir. Il n’en faut pas plus pour que les Bergers passent pour posséder les clefs de la magie, les pratiques ténébreuses de la sorcellerie, et l’alliance avec tous les esprits transfuges de l’ordre céleste. Il faut lire, dans les pages de L’Ensorcelée, de Barbey d’Aurevilly, l’admirable analyse qu’il a tracée des bergers de Basse-Normandie, « contemplatifs, vagabonds et mystérieux ».

« Bien souvent, quand on les remercie, ajoute-t-il, quand on les chasse, ils ne disent mot, courbent la tête et s’éloignent, mais un doigt levé en se retournant est leur seule et sombre menace et presque toujours, un malheur, soit une mortalité pour les bestiaux, soit les fleurs de tous les plants de pommiers brûlées en une nuit, soit la corruption de l’eau des fontaines, vient bientôt justifier la menace du silencieux et terrible doigt levé. »


*
**


Le sorcier, de par son pouvoir magique,  règne aussi sur tout le peuple inférieur des êtres fantastiques qui hantent la campagne, les endroits déserts, les carrefours et les coins de cimetière abandonnés, les lisières des forêts. Il commande à leur malfaisance et leur enjoint d’égarer et de poursuivre le voyageur qui chemine tremblant sous le ciel nocturne. En Normandie, il règne, par exemple, sur tout un peuple de lutins, d’esprits  phosphorescents, malicieux et vagabonds, qui voltigent dans l’ombre. Ces feux-follets, suivant la superstition populaire de la Haute-Normandie, sont les Fourolles, qui passent pour être les âmes de femmes ou de jeunes filles, expiant ainsi, dans des courses éternelles quelque amour sacrilège. C’est la Fourolle, la Forlore, en anglais la Forlorn, le Faulau, dont le nom semble identique à celui de falot ou de lanterne lumineuse, de lueur dansante, qui égare l’homme ou les bêtes, se guidant sur leur vol au crépuscule ou pendant la nuit.

Dans certains coins de Normandie, la Fourolle n’est pas seulement une âme errante, c’est une femme désincarnée par le pouvoir du sorcier, une femme dévêtue qui, pendant dix années, doit errer ainsi et devient le jouet des mille puissances indéfinies de la nature, s’agitant au sein de l’espace et du mystère. Elle se laisse emporter par les vents, se mire dans les eaux de l’étang, bondit sur le cavalier qui passe jusqu’au jour où la Fourolle reprend sa forme humaine.

Le sorcier normand gouverne et régit encore bien d’autres êtres, de nuit, et de terreur : les hanss, les reparats ou revenants ; les tarannes qui sont des gnômes phosphorescents, qui, eux, hantent surtout les lieux habités par l’homme ; les laitices, qui prennent souvent la forme de petits animaux blancs comme des hermines, qui apparaissent et disparaissent, et, d’après Pluquet, dans son curieux Essai sur Bayeux, seraient les âmes des enfants morts sans baptême.

Parmi tous ces êtres chimériques, créations imaginaires de l’esprit de nos aïeux, le plus connu, le plus répandu, qui semble lui aussi répondre aux ordres du sorcier, c’est le Gobelin, si répandu en Normandie et en Angleterre que son nom est devenu un véritable nom propre. Le Gobelin est une sorte de lutin familier, vif et capricieux, plus malicieux que méchant, petit, grotesque et grimaçant, mais vindicatif lorsqu’on le raille. Il est, au fond, un… bon petit diable familier, se plaisant aux besognes de ménage, aux travaux des servantes, les aidant parfois avec une adresse et une dextérité singulières. Il aime aussi et il chérit les enfants et surtout les chevaux. Il les panse, les étrille, les mène boire, en galopant sur leur dos, et joue et se rit dans les écuries.


        De petits lutins, une bande,
        Dansait après la sarabande
        Et, leur faisant maints tours malins,
        Riaient comme des gobelins.

Le Gobelin, qui devenait parfois méchant, sous diverses métamorphoses, était, certes, le vrai lutin normand et la preuve en est qu’il y avait à Rouen même, une tour de l’enceinte fortifiée, située sur le boulevard, près de la Porte Cauchoise, qui s’appelait La Tour du Gobelin, et où on emprisonnait les vagabonds et les mendiants.

En cette immense sylve que fut autrefois tout le Plateau de Caux, rôdent aussi, dans les clairières et sous les halliers, toutes les «Dames de la forêt», les « Dames vertes », les « Dames blanches », toutes les Fées sylvestres, qui paraissent gracieuses, aimables et accueillantes, mais qui, à l’appel du sorcier, se transforment en mégères impitoyables, et poursuivent le bûcheron où le braconnier désigné à leur vengeance, avec une furie impitoyable.


*
**


Tous les villages de la Haute et Basse-Normandie ont ainsi leurs Fées et, dans son curieux volume sur La Normandie romanesque et merveilleuse, Mlle Amélie Bosquet nous a conté les aventures étranges de la Fée d’Argouges, si connue dans le Bessin, des Fées du château de Pirou, qui se métamorphosaient en oies sauvages et en magiciennes ; les mauvais tours de la Dame d’Aprigny, près de Bayeux, qui, dans un val étroit et resserré, arrêtait le voyageur nocturne, l’entraînait dans le ravin, puis, le saisissant brusquement, le jetait dans des fossés hérissés de buissons, de ronces et d’épines inextricables.

Au sorcier encore, obéissaient aussi les Milloraines ou Demoiselles, que tous les folkloristes n’ont eu garde d’oublier, car il leur a semblé qu’elles étaient d’origine scandinave, comme les Walkyries wagnériennes. Elles sont de grande taille, se tiennent immobiles, et ne montrent guère leur visage. Lors qu’on approche d’elles, elles s‘évanouissent dans les arbres avec un bruit d’ouragan. D’autres fois, elles se tiennent sur les branches des chênes et s’élancent sur les passants, sur les cavaliers, qui sentent tout à coup un poids intolérable sur leurs épaules, puis galopent en troupe avec eux. Les Milloraines de la Hague, la Demoiselle de Tonneville, passée dame blanche, sont les soeurs des « roussalki » russes de Pouchkine et des Tourgueneff . Barbey d’Aurevilly, dans Une Vieille maîtresse, attribue aux Milloraines la tâche de lavandières nocturnes qui, en marmonnant leur chant, accroupies sur la pierre polie des lavoirs, laveraient les linceuls des morts aux rayons de la lune. Bien plus, si un passant traversait la prairie où était situé le lavoir, les Milloraines le forçaient à tordre leur linge, et, si, terrifié, anéanti, il s’y prenait mal, elles lui cassaient les bras et l’abandonnaient pantelant dans l’herbe.

Comment les sorciers mettaient-ils ainsi à leurs ordres tous ces êtres fantastiques ? Comment transmettaient-ils leurs volontés à ces puissances démoniaques ? Grâce à des invocations, à des formules, dont la plus célèbre est l’Abraxas ; grâce au Grimoire, qui n’est qu’un recueil de recettes magiques pour se faire obéir des mauvais esprits, évoquer les morts, découvrir les trésors cachés. Que de fois le Grand Grimoire ou la Clavicule de Salomon n’a-t-il pas été réédité ? Autant que les Secrets du Grand Albert, inspirés soi-disant par l’illustre savant, transformé par les bergers de campagne en un magicien expert dans la haute sorcellerie.

Par quoi encore le sorcier s’imposait-il à la foule des bas esprits de l’air ou des eaux ? Par la vertu du Cercle magique et par la vertu du Pentagramme ou Pentacle. C’est le signe cabalistique, le talisman par excellence du pouvoir, le pentagone d’or ou d’argent, l’ancien signe de ralliement des Pythagoriciens, qui le gravaient d’un seul trait et dont la construction en forme d’étoile apparaissait comme une merveille, semblables à la Croix gammée, le Svastika ou le 4 de chiffres, qui revit encore sur des marques de libraire.


*
**


A tout cet attirail de préparations, d’initiations au mystère noir, la puissance de l’Eglise chrétienne n’a jamais opposé que la force de la prière, sous la forme de l’exorcisme, qui chasse par la vertu de quelques paroles, les puissances considérées comme inférieures. Par contre, le peuple des campagnes, surtout en Normandie, réclamait souvent, pour faire cesser les sortilèges, le secours de la Messe du Saint-Esprit, cérémonie expiatoire que Francis Yard et Jean Laurier, ainsi que nous l’avons dit, évoquent dans leur drame villageois. Avant la Révolution, on croyait que la Messe du Saint-Esprit, dite avec un cérémonial particulier, était d’une efficacité miraculeuse et que la volonté divine, quelle que fut l’existence d’un voeu téméraire, ne rencontrait pas d’obstacles. Bien souvent, les prêtres réguliers se refusaient même à dire la Messe du Saint-Esprit. A l’appui de cette opinion, Mlle Amélie Bosquet cite un incident bien émouvant qui se déroula à Rouen, au pied de la côte Sainte-Catherine, et où un jeune fiancé trouva la mort.

Toutes ces croyances et ces spéculations étranges, survivances des conceptions primitives de l’humanité en un temps où l’ignorance supposait partout des causes et des agents de mystère, forment l’intérêt nouveau, impressionnant, du drame que Francis Yard et Jean Laurier ont consacré à la sorcellerie normande.

DUBOSC, Georges (1854-1927) :  La Sorcellerie normande (1922).

Chapitre 4

 

du dossier "Les êtres fantastiques et êtres merveilleux dans la culture traditionnelle"

 

"Sous le nom de Lutins, Farfadets, Follets, Esprits ou Sylphes, on a compris que cette population toute mignonne et toute gracieuse, qui, tantôt s’agitant à la surface de la terre ou dans son sein, presse de son activité invisible le mouvement de vie qui développe les productions de la nature physique. Ces êtres  bienfaisants se sont partagé leur riche domaine : les uns, esprits embaumés de la nuit, s’attachent aux fleurs et aux étoiles ; d’autres, plus humbles et plus vigilants, s’exercent autour des herbes et des fruits, surveillent la croissance des plantes utiles ou salutaires ; enfin, une troisième espèce, d’une essence moins subtile, mais laborieuse et robuste, habite l’intérieur des maisons, et se dévoue, au profit de l’homme, à tous les soins de l’économie domestique.

Pour retrouver les ascendants des Sylphes et des lutins, il faut remonter jusqu’à la mythologie scandinave, à ce qu’elle nous enseigne des Alf ou Elfes (Esprits), et des Duergar (Nains), deux classes d’êtres dont les noms se sont conservés jusqu’à présent dans tous les langages des nations descendues de la race gothique.

L’Edda (1) avait établi une distinction d’espèces parmi les Alf ; il y avait les liosalfar (Esprits de lumière), et les Diokalfar (Esprits des ténèbres). Les premiers, d’une nature bienfaisante et généreuse, demeurent dans l’une des villes du ciel, appelée Alf-heim (ville des Alfs) ; les seconds, au contraire, d’apparence difforme et d’humeur malveillante, habitent les lieux souterrains ; ils ont été rangés dans la même catégorie que les Duergar ; on les désigne habituellement sous le nom de Trolds.

Quant aux Duergar, c’étaient de petits êtres qui vivaient sous les rochers, dans les montagnes et à l’intérieur des mines ; ils se distinguaient par la réputation de leurs talents dans la métallurgie.

Quelques auteurs, interprètes des doctrines scandinaves, ont considéré cette race laborieuse comme la personnification des pouvoirs souterrains de la nature ; mais d’autres commentateurs des mêmes matières ont supposé que, par les Duergar, on avait voulu désigner les habitants primitifs de la Scandinavie : les nations laponne, finlandaise, islandaise, qui fuyant devant les armées conquérants des Ases (2), cherchèrent les régions les plus reculées du Nord, et là s’efforcèrent d’échapper à leurs ennemies d’Orient. Des traditions nombreuses ont conservé le souvenir des Alfs dans la mémoire du paysan scandinave ; et le signalement de leur physionomie et de leurs mœurs, tel que nous l’offrent ces récits, correspondent, en certains endroits, d’une manière absolue, avec la description de nos fées et de nos lutins..."

 

 

(1)   Les eddas sont deux recueils de traditions mythologiques et légendaires des anciens peuples scandinaves. Elles sont parmi les sources les plus complètes concernant la mythologie nordique. Le premier recueil, l’ »Edda poétique » ou « Vieille Edda » (Edda saemundar), a été colligé au XIIIe siècle. Ce travail de collecte a souvent été attribué, à tord, au prêtre islandais Saemond Sigfusson dit aussi Saemund le sage. Le second recueil, l’ »Edda en prose » ou « jeune Edda » (Snorra Edda) est attribué à Snorri Sturlusson, mort en 1241.

(2)   On entend, par Ases, les Asiatiques qui, sous la direction d’Odin, apportèrent leur religion et leurs arts dans la scandinavie.